FAMILLE DES CRUCIFÈRES
La giroflée jaune est une plante bisannuelle qui pousse naturellement sur les vieux murs, où elle fleurit dès le commencement du printemps. Ses feuilles alternes, étroites, entières, pointues, amincies en une sorte de pétiole, coupées en deux par une nervure longitudinale, garnissent abondamment ses tiges qui sont fortes, anguleuses et couronnées par un beau bouquet jaune foncé, dont le parfum rappelle l'odeur de la violette. Chaque fleur est portée sur un court pédoncule élargi à son extrémité en un réceptacle glanduleux. Le calice est formé de quatre folioles violettes, allongées, entières, creusées en cuiller, un peu inégales et appliquées sur les onglets de quatre pétales disposés en croix. Il ÿ a six étamines (pl. 24 a) qui, par leur dimension et leur arrangement, méritent de fixer l'attention : quatre d’entre elles, plus longues, forment deux paires opposées et attachées immédiatement au réceptacle, tout près du pistil; deux autres plus courtes et placées seule à seule vis à vis l’in-
tervalle des deux paires en question, partent de deux petits
corps glanduleux et verdâtres qui les éloignent du centre de la fleur. L'ovaire b est libre, allongé, anguleux, à deux loges, surmonté d’un style très petit et d’un stigmate fendu en deux. Le fruit est une capsule à deux loges, anguleuse, longue de deux pouces environ et surmontée du style et du stigmate; à sa maturité, il s’ouvre en deux valves qui se détachent et tombent avec les graines ; il ne reste plus qu’une cloison mince et transparente, enchâssée dans un rebord plus épais qui se continue avec le style et le stigmate.
La famille des Crucifères, l’une des plus grandes et des plus naturelles du règne végétal, présente les caractères suivans : des feuilles alternes ; un calice de quatre folioles ; une corolle de quatre pétales onguiculés et formant une croix; six étamines de longueur inégale, quatre plus longues rapprochées deux par deux, et deux plus courtes opposées l’une à l’autre; un ovaire libre, un style court et presque nul, un stigmate bilolé. Le fruit a en général la même structure que dans la giroflée : on lui donne le nom particulier de silique lorsqu'il présente une longueur remarquable, et celui de silicule quand sa longueur est peu considérable relativement à sa largeur. Ces différences ont engagé les botanistes à diviser les crucifères en deux tribus, les Siliqueuses, qui ont pour fruits des siliques, et les ,55liculeuses qui portent des silicules. Cette famille produit plusieurs plantes d'agrément : la julienne des jardins , hesperis maitronalis, qui fait un bel effet dansles parterres ; la julienne ou giroflée de Mahon, Æ. maritima, si jolie en bordures; la giroflée rouge, Cheiranthus incanus, au feuil-
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lage blanchâtre; la corbeille d’or, alyssum saxatile, remarquable par la multiplicité et la couleur d’or de ses fleurs ; le thlaspi vivace, iberis semperflorens , couvert pendant toute la mauvaise saison de fleurs blanches comme la neige : enfin la lunaire, lunaria annua, dont les larges silicules à cloison argentée deviennent un nouvel ornement lorsque la plante est défleurie : nous devons mentionner ici des végétaux utiles : 18 chou et la variété appelée choufleur, brassica oleracea; le navet, brassica napus; le radis, raphanus sativus; la moutarde, sinapis nigra; le cresson de fontaine , sisymbrium nasturtium, etc. , qui sont aussi des Crucifères.
Les pétales de la giroflée jaune s’ébauchent avec une teinte générale composée de gomme-gutte et de safran : cette dernière couleur doit dominer; on y mêle du carmin et de l'encre de chine pour les dessous et un peu de sépia dans les ‘endroits ombrés. Au fini, on ajoute encore à la teinte générale, mais avec ménagement, du vert de vessie, de la sépia et du bleu de Prusse; on n’emploie cette combinaison que pour modeler les parties, ou, comme on dit ; pour les faire tourner. Les calices et les boutons se font avec du bleu de Prusse, du carmin et un peu d'encre de Chine ; les feuilles et les tiges avec de la gomme-gutte, de l'encre de Chine et du bleu de Prusse. Tous ces organes s'ébauchent par des touches larges et abondantes de couleur, et se finissent par des hachures moëlleuses et bien liées, dirigées en général de haut en bas et suivant le mouvement de chaque partie. Pour les tiges, il faut retourner le vélin et conduire le pinceau de la base au
sommet, de la tige principale vers les ramifications, conformément aux préceptes que nous avons donnés, p. 14, dans les Notions préliminaires.