‹ L'art de péterChapitre 12 sur 57 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Raison physique^ tirée du bon sens^ on analyse du pet dîphthongue.

Le pet est diphlhongue lorsque l'orifice est bien large, que la matière est copieuse, les parties inégales, mêlées à la fois d'humeurs chaudes et ténues, froides et épaisses; ou lorsque la matière ayant un foyer varié, elle est obligée de refluer dans différentes parties des intestins.

Alors elle ne peut être résoute d'une seule fonte, ni se contenir dans les mêmes cellules intestinales, ni être'cliassée d'un seul effort. Elle est donc obligée de s'échapper avec éloquence, à intervalles variés et inégaux, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus, c'est-à-dire, jusqu'au dernier soulïle. Et voilà pourquoi le son se fait entendre à mesures inégales, et pourquoi, pour peu qu'on fasse d'efforts, on entend une canonnade plus ou moins nombreuse, où l'on croit que s'articulent des syllabes diphthonguées, telles que celles-ci, pa pa pax,pa pa pa pax, papa pa pa pax, etc. Aristoph. in Nubil., parce qu'alors l'anus ne se referme pas exactement, et que la matière est victorieuse de la nature.

Rien de plus joli que le mécanisme des pels diphthongues, et c'est à l'anus seul auquel on en a l'obligation.

D'abord 1" Il faut le supposer assez ample par lui-même, et entouré d'un sphincter fort et élastique.

2° Il faut une suffisante quantité de matière égale pour produire d'abord un pet simple.

5" Après le premier coup, que l'anus se referme malgré lui, mais non pas cependant si exactement, que la matière qui doit être plus forte que la nature, ne puisse point l'obliger de s'écarter, et lui susciter de l'orgasme (de l'irritation).

4° Qu'il se referme un peu, et se r'ouvre ensuite, toujours alternativement, et combatte ainsi avec la nature qui tend toujours à expulser la matière et à la dissoudre.

5*^ Enfin, qu'il retienne, si le cas l'exige, le reste des vents pour les rendre dans un tems plus commode. On peut appliquer ici l'épigramme de Martial, Uv. 42, où il dit Et pedit deciesque viciesque, etc. Mais nous en parlerons ailleurs.

C'est, sans doute, de ces pets diphthongues dont Horace fait l'histoire à l'occasion de Priape. H raconte qu'un jour ce dieu incivil en lâcha un terrible, qui effaroucha une troupe de sorcières occupées à des euchantemens dans son voisinage. En effet, si ce pet n'eût été que simple, vraisembla- * blement les sorcières n'eussent point été effrayées, et n'eussent point abandonné leurs travaux magiques ni leurs serpens, pour se réfugier à toutes

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