DEUXIÈME PARTIE
dans son passage par les deux hémisphères qui le compriment, il imite les instrumens de musique. Bruyant quelquefois dans ses accords, souvent flexible et moelleux dans sa modulation, il doit plaire aux âmes sensibles, et presque à tous les hommes, parce qu'il en est peu qui n'aiment la musique Le pet étant agréable, son utilité, tant particulière que générale, étant bien démontrée, sa prétendue indécence combattue et détruite, qui pourra lui refuser son suffrage? Qui osera désormais le taxer d'indécence, quand on le montre permis et approuvé en certains endroits, proscrit seulement en d'autres par les loix seules du préjugé; quand on fait voir qu'il ne blesse ni la politesse ni les bonnes mœurs, parce qu'il ne frappe les organes que d'un son harmonieux, et qu'il n'afflige jamais l'odorat par une vapeur malfaisante? Pourroit-on même le regarder comme indifférent, puisqu'il est utile à chaque particulier, en dissipant ses inquiétudes sur les maladies qu'il craignoit, et en lui apportant de grands soulagemens? La société enfin seroit-elle assez ingrate pour ne pas s'avouer redevable envers lui, lorsqu'il la débarrasse des importuns qui l'accablent, et qu'il contribue à ses plaisirs, en faisant naître, partout où il se trouve, les ris et les jeux ? Ce qui est utile, agréable et honnête, est censé avoir une bonté et une valeur réelles. Cic. , 1. I des Offices.