CHAPITRE V
Moyens de dissimuler un pet, en faDcur de ceux qui tiennent au préjugé.
Les anciens, loin de blâmer les péteurs, encourageoient au contraire leurs disciples à ne point se gêner. Les stoïciens, dont la philosophie étoit la plus épurée dans ces tems-là, disoient que la devise des hommes étoit : A la liberté ; et les plus excellens philosophes, Ciceron lui-même, qui en étoient persuadés, préféroient la doctrine stoïque aux autres sectes qui traitoient de la félicité de la vie humaine.
Tous convainquirent leurs adversaires ; et par des argumens sans réplique, il les obligèrent de reconnoître que parmi les préceptes salutaires de la vie, non-seulement les pets, mais encore les rots, dévoient être libres. On peut voir ces argumens dans la neuvième épitre familière de Ciceron à Pœte 11 A, et l'on y verra entre une inônités de bons conseils celui-ci : qu'il faut faire et se conduire en tout selon que la nature l'exige. D'après de si excellens préceptes, il est donc inutile d'alléguer avec emphase les loix de la pudeur et de la civilité, qui, malgré les égards qu'on dit qu'elles exigent, ne doivent cependant pas l'emporter sur la conservation de la santé et celle de la vie même.