DÉDICATOIRE
VOUS pétâtes avec une vigueur et une harmonie qui confondirent de nouveau le suppliant, et vous lui remîtes les dépens. Vous avez plus d'une fois arrêté le babil assassin de ces prétendus lettrés qui se disputaient à votre table avec autant d'aigreur que d'indécence sur des matières qu'ils regardaient comme fort essentielles et qu'ils n'entendoient point ; trois pets lâchés au fort de la dispute stupéfiaient les scholiastes et déroutaient leurs argumens.
Vous avez souvent, par l'effet de l'harmonie péiifique, déridé des prudes, interdit des coquettes, mortifié des précieuses, apprivoisé des importans, rappelle des enthousiastes en tout genre à la sphère commune, fait rire des mysanthropes, et, pour tout dire, égayé des cagots.
Ces hauts faits nous étatit connus, vous étiez admiré parmi nous ; pouvions-nous manquer de solliciter votre suffrage pour nos travaux et pour nos louables entreprises ? Je conçois que votre modestie doit souffrir de l'énumératioîi , et de l'histoire que je viens de faire de vos succès, mais elles sont nécessaires dans cette circonstance ; je vous en eusse épargné le détail partout ailleurs, il fallait justifier à la face de tout l'Univers le choix d'un patron que la Société des Francs-péteurs se donne aujourd'hui ; il fallait montrer que, quoique vous soyez grand, ce n'est point à ce titre qu'elle vous offre ses vœux ; à son entrée dans le monde, elle ne veut pas qu'on la soupçonne d'avoir tombé dans un ridicule si commun à tant d'autres ; ce n'est qu'au titre de philosophe et d'ennemi du préjugé