‹ L'art de péterChapitre 6 sur 57 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des différences du pet, notamment du pet et du rot^ et démonstration totale de la définition du pet.

Nous avons dit plus haut que le pet sort par l'anus. C'est'en quoi il diffère du rot, ou rapport espagnol. Celui-ci, quoique formé de la même matière, mais dans l'estomac, s'échappe par en-haut, à cause du voisinage de l'issue, ou de la dureté etréplétion du ventre, ou de quelques autres obstacles qui ne lui permettent pas de prendre les voies inférieures. Selon nos formalités, le rot va de pair avec le pet, quoique, selon quelques-uns, il soit plus odieux que le pet même; mais n'a-t-on point vu, à la cour de Louis-l^-Grand, un ambassadeur, au milieu de la splendeur et de la magnificence qu'étaloit à ses yeux étonnés cet auguste monarque, lâcher un rot des plus mâles, et assurer que, dans son pays, le rot faisoit partie de la noble gravité qui y régnoit? On ne doit donc pas conclure plus défavorablement contre l'un que contre l'autre ; et que le vent sorte par en-baut ou par en-bas, il y a parité, et il ne doit rester aucun scrupule là-dessus. En effet, nous lisons dans Furetière, tome 2 de son Diction-

naire universel, que, dans le comté de Suflfolk, un vassal devoit faire devant le roi, tous les jours de Noël, un saut, un rot, et un pet.

Mais il ne faut pas mettre le rot dans la classe des vents coliquatifs, ni dans celle du murmure et du gazouillement du ventre, qui sont aussi des vents du même genre, et qui grondant dans les intestins, tardent à se manifester, et sont comme le prologue d'une comédie, ou les avant-coureurs d'une tempête prochaine. Les filles et les femmes qui se serrent étroitement pour se dégager la taille, y sont particulièrement sujettes. Dans elles, selon Fernel, l'intestin que les médecins appellent cœcum, est si flatueux et si distendu, que les vents qu'il contient ne font pas un moindre combat dans la capacité du ventre, que n'en faisoient autrefois ceux qu'Éole retenoil dans les cavernes de ses montagnes d'Éolie; en sorte qu'on pourroit, à leur faveur, entreprendre un voyage de long cours sur mer, ou au moins en faire tourner les moulins à vent.

Il ne nous reste plus ici, pour la preuve complète de notre définition, qu'à parler de la cause finale du pet, qui, tantôt est la santé du corps désirée par la nature, et tantôt une délectation ou un plaisir procuré par l'art; mais nous remettons à en traiter avec les effets. Voyez le chapitre qui en parle. Cependant nous observons que nous n'admettons point, et que nous désavouons toute fin contraire au bon goût et à la santé, de pareils abus ne pouvant trouver place poliment et honnêtement au nombre des fins raisonnables et délectantes.

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