PROBLÈME
I! s'élève ici naturellement une question ; la voici:
Gomment faire, dira-t-on, la juste division d'un pet? C'est un incrédule qui parle. Faut- il le mesurer à l'aune, au pied, à la pinte, au boisseau? Car, quœ swit eadem uni tertio, sunt eadcm inter se. Non : et voici la solution qu'en a donnée un excellent chimiste ; rien même de plus facile et de plus naturel.
Enfoncez, dit-il, votre nez dans l'anus ; la cloison du nez divisant l'anus également, vos narines formeront les bassins de la balance dont votre nez servira alors. Si vous sentez de la pesanteur en mesurant le pet qui sortira ce sera un signe qu'il faudra le prendre au poids ; s'il est dur, à l'aune
a l'art DE PÉTER.
OU au pied ; s'il est liquide, à la pinte ; s'il est grumeleux, au boisseau, etc. ; mais si vous le trouvez trop petit pour faire l'expérience, faites comme les gentilshommes verriers ; soufflez au moule tant qu'il vous plaira, je veux dire, jusqu'à ce qu'il ait acquis un volume raisonnable.
Mais parlons sérieusement.
Les grimauds de grammaire divisent les lettres en voyelles et en consonnes ; ces messieurs effleurent ordinairement la matière : mais nous qui faisons profession de la faire sentir et goûter telle qu'elle est, nous divisons les pets en vocaux et en muets, ou vesses proprement dits.
Les pets vocaux sont naturellement appelés pétards, du mot péter, relativement aux espèces différentes des sons qu'ils produisent, comme si le bas-ventre étoit rempli de pétards. Consultez làdessus Willichius Jodochus dans ses Thèses du pétard.
Or, le pétard est un éclat bruyant, engendré par des vapeurs sèches.
Il est grand ou petit, selon la variété de ses causes ou de ses circonstances.
Le grand pétard est pleni-vocal, ou vocal par excellence ; et le petit s'appelle semi-vocal.