‹ L'art de precherChapitre 26 sur 81 · DE L ACTION EN GENERAL · texte numérisé non relu

DE L ACTION EN GENERAL

Les sens sont les premiers juges du sermon. On doit les gagner par ce qui est sensible, par l'air, le geste, la voix. La prononciation donne au discours un mérite (pi'on n'y * sent plus quand on le lit.

Si l'action est capable de cacher les défauts de la composition, on a grand tort de la négliger. On se rend utile à l'auditeur, en lui épargnant tout ce qui pourrait le choquer; content des manières, il ne pensera plus qu'aux choses.

DE h\ CHAIRE. 155

Il u'est pas défendu de préparer l'action, pourvu que ce soit moins pour plaire que pour instruire et pom* toucher. La chaire a ses bienséances et ses règles ; le bon sens veut qu'on les garde, et la piété ne s'y oppose pas. Ou observe celles de la grammaii'e et de la logique ; pourquoi négUgerait-on celles qui concernent l'action ?

Les honunes apostoUques peuvent avoir négligé ces règles : la plénitude du Saint-Esprit leur tenait lieu d'art, de méthode. Cet heureux temps n'est plus ; mais si les manières sont différentes, la fin est toujours la même.

VoTidrait-on interdire à l'éloquence sacrée des moyens innocents dont l'éloquence profane se sert avec succès ? La charité a droit sur ce que la cupidité usurpe.

On peut étudier son action dans le cabinet, en chaire il n'y faut plus penser. C'est alors le temps de s'occuper entièrement du sujet et des fins sublimes du ministère.

11 doit paraître dans l'action une liberté entière : elle supplée quelquefois aux raison.= ; et l'on a vu des saints convertir

13C MAXIMES M f, I.K MiNisii:aE

par leiu" cxtorieur mortilii' et parle patlK'-tique de leur action des auditeurs qui u'enteudaieut pas seulement leva- langage.

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