‹ L'art de precherChapitre 43 sur 81 · DES CITATIONS · texte numérisé non relu

DES CITATIONS

L'éi'udition a fait longtemps une vaine parade des citations. La science de l'orateur était prodiguée, et l'esprit de l'auditeur distrait t-t fatigué. Les Cospeans et les Lemaitre étaient dans ce goût. On cite sans besoin, quand on veut seulement montrer qu'on a lu. Cette dépense fait peu d'honneur; les reiieils d'autrui et les tables des livres la fournissent.

Souvent les citations énervent le discours, le dessèchent, coupent le fil du raisonnement. Il ne faut citer que par nécessité, très-peu, avec choix, et pour appuyer quelque vérité

i:onte*^téc. Le bel usage des citations est de rendre l'applicAtion des traits qu'on rapporte plus ingénieuse que les tniits même?.

Les citations ne font pas la ])eauté de rélocjuence, mais elles peuvent en être la force, il faut citer pour prouver. La religion est fondée sur des faits ; eu citant on les autorise.

Les citations décisives sont celles de l'Écriture, quand elles conviennent au sujet. Les termes qu'elle emploie sont consacrés, et donnent à ce qu'on avance une autorité et une onction divines.

Lu rapportant l'Écriture, on ne doit pas la paraphraser' jusqu'à en altérer le sens, en faveur de l'harmonie du discours. Cependant on ne peut pas s'attacher servilement ii la lettre, surtout si la traduction était dure ou blessait la bienséAnce par des naïvetés que les langues vivantes ne comportent point.

Vf.

Un rapporte le texte tel qu'il est, lorsqu'on ne peut en conserver l'énergie dans la traduction ; ou du moins on cite les mots les plus essentiels, et qui p:ir le sens qu'ils renferment, frappent davantage.

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