‹ L'art de precherChapitre 49 sur 81 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

DliS FlOLItKS.

La pensée se produit d'uliord sous des traits simples ; les ligures reliausseu' ces premiers traits ; elles changent l'air Jiaturel du récit ou «le la preuve en des images qui plaisent, (le sont des couleurs vives ajoutées au simple crayon, l'n tour laii frappe moins vivement.

La nécessité a introduit les ligures, et le plaisir les rend, fréquentes. La persuasion est le fruit de l'attention ; et ce sont les figures qui la réveillent. On arrive, par ces détour.s, (jù le ilroit chemin conduirait avec peine.

Les iiguL'es présentent en mèine tempi le sens naturel et le sens figuré ; l'utile y est joint à l'agréable. C'est une broderie qui no doit pas couvrir tout le fond.

La foi ni la piété ne dépendent pas de ces tours figurés, la conversion n'y est pas attachée; mais Dieu s'en sert pouf l'opérer; il a consacré dans ses Ecritures ces pieux ménagements. L'éloquence ne convient pas moins aux sermons,

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que le marbre aux temples, que l'or aux. vases sacrés. I/harmonio du discours sera-t-elle bannie des lieux, d'où l'on ne bannit pas la musique ?

Il y a dans l'éloquence des irrégularités lieureuses, nécessaires. Les traits qui semblent forts et trop marqués, sont quelquefois le sublime, le merveilleux au guùt des connaisseurs. Ce qui doit être prononcé veut du fou et des saillies.

Les figures cbangent l'uni de la preuve en pathétique. Elles font plus que prouver, elles remuent. S'il y a moins d'ordre dans le style, c'est une suite de l'émotion: l'ordre part d'un esprit rassis, et un beau désordre d'un cœur ému.

Les mouvements dont le prédicateur est alTecté, se peignent par les figiu'es. Quand ils passent dans l'auditeur , il ne peut plus refuser ni son attention, ni sa confiance.

Ces mouvements sont froids s'ils sont amenés par régie : ils doivent échopper au feu de la composition, ou même ;i celui de faction. L'occasion les rend plus vifs que l'étude. Quand l'art s'en mêle, il doit se cacher, et être pris pour la natui'e. Les vraies sources de ces saillies sont le zèle et la charité.

24G MAXIMKS SUR LE MlN'ISTfeaB

Dans ces envichissemcnts du discours, on iloit garder des mesures: on en approuve l'usago modéré; mais on en blâme l'excès. Va discours partout figuré étourdit, il devient suspect à l'auditeur. Ce qui n'est qu'assaisonnement dégoûte, quand on en fait sa nourritiu'e.

Il est une sorte de figure que j'appelle Supposition, liée à des conséquences auxquelles l'auditeur ne peut se refuser. On y feint une situation des choses vraisemblable et concluante. Supposé (fu'instruit de vos désordres, dit le prédicateur, il me fût permis de vous les reprocher, quelle honte, quelle consternation! Telle au jugement de Dieu, etc. Supposé qu'un Apôtre fût envoyé de Dieu pour vous prêcher* un Evangile opposé à celui de Jésus-f'.hrist, Evangile d'immortification et de mollesse ; vous faudrait-il changer de vie pour vous y conformer, etc.

T.a figure la plus familière au prédicateur est le Dialo- (lisme. Il s'interroge, il répond h ses propres questions, it résout ses doutes, il détruit les prétextes de la cupidité. L'auditeur est alors attentif comme si tout naissait suï l'heure dans la chaleur du discours: il se croit lui-mêmi l'interlocuteur. ^

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