CHAPITRE XI Y
DES SIMlMLlTrnF.S ET DES EXEMPLES.
Les Similitudes sont dos images différentes des choses, mais qui leur ressemblent par certains rapports, et cpii les représentent. On aime ainsi à voir les objets lioi's d'euxmêmes ; et ces i)eintures, qui ornent le discours, recréent l'esprit.
Elles ont quelffue agrément pour les auditeurs habiles et de la force pom" le peuple. Si elles n'instruisent que ceuxci, du moins elles délassent les autres,
On n'employé la Similitude qu'après avoir envisagé le sujet en lui-même. Si elle se présente troj) tôt, elle fait diversion, elle amuse. On doit en user sobrement. L'invention fom'nit ces images, et le bon sens les l'end justes. On les tire des choses les plus connues.
L'art, la nature, l'histoire les fom'nissent,les petits sujets, aussi-bien que les grands, les i)lus bas et les plus sublimes. Les moucherons et les fourmis, le chien qui retourne à son vomissement, l'animale immonde qui se roule dans la boue
ilonucut dans rÉcritui'c des instructions divine-;. Do? choses scusiblos, on monte aux clioses abstraites.
lUcn n'est bas, dès qu'il est manié par un esprit élevé. Les Apologues les plus simples dans la bouche des Menenius et des Démosthènes ont produit des eflets surprenants. I.c Saint-Esprit n'a pas dédaigné celui du buisson, qui ùHrit EU protection aux plus grands arljres. i
vr.
La Siiuiliiude doit être ordinairement courte ; ce morceau détaché ferait une digression, s'il était trop étendu. On n'en presse pas tous les rapports ; .les choses ne se ressemblent qu'à certains égards, et c'est assez.
VU
La Parabole qui est ime espèce de Similitude, et comme une énigme lùstorique, souffre plus d'étendue. Ce genre de discours était familier aux orientaux, et Jésus-Christ l'a consacré par un fréquent usage.
Vin.
Ces fictions ne sont pas des measonges ; elles ne disent ''■ pas proprement ce qu'elles semblent dire , mais ce qu'elles enveloppent, et qu'elles laissent à deviner. Sous des histoires
' Allusion à l'npologuc; Carduus Dhani misil ad crdn(»i,clc. (iv. Liv, des Roh-, cb. xiv.)
DU L.\ CIIAUIE, 253
feinte» ou véritable.^, sous dos images nalurelles, ellei pro- [)03ent 1(.'3 mystères de la religion, les maximes de la luolalo.
Les Paraboles gênent moins l'orateur que les exemples, il y met les circonstances ù sou choix, pour en faire au sujet l'application qu'il veut. 11 en est de consacrées par l'iivangile ; ]ilusieurs y sont appliquées. Les autres ne sont entendues i[ue de ceux qui ont des oreilles poiu* entendre.
Les Exemples cuiitirmont les raisons ; et font voir possible, et quelquefois fticile ce qui parait impraticable. Ceux qu'on tire de l'Écriture sont toujours sûrs ; avec l'autorité ils apportent l'onction.
il n'e^t pas défendu d'en employer d'autres, s'ils ont de bons garants. La Vie des Saints est l'Evangile pratiqué et mis en œuvre.
On doit rapporter sobrement les visions et les extases, quelque autorité qu'ayent chez les plus anciens Pères ces voies extraordinaires. Des prétendus esprits fort osent traiter de puéril, ce qu'un esprit simple et soumis trouve merveilleux.
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