‹ L'art de precherChapitre 57 sur 81 · XX\'II · texte numérisé non relu

XX\'II

Le style a ses bienséances comme les habits et les manières ; on s'attend que le prédicateur parlera en homme de Dieu. Le sermon n'est pas une conversation de cei'cle ; on y parle au peuple, et on y parle de Dieu.

XXVHI.

On n'y hasarde pas les mots nouveaitx, on n'y rappelle [tas les termes sm'aimés. La diction du prédicatem" doit être comme sa vie, modeste, chaste, unie; assez simple pour être •mtendue, sans rien perdre de sa dignité.

Le style fleiu-i est le langage de l'imagination, et le style grave celui du cœur. Lestom's,qui ne plaisent que par leur délicatesse, ne vont pas au cœm'; ils ne laissent qu'un faible souvenir du plaisir qu'ils ont causé.

Le style ordinaii'e du sermon est étendu, et la plu'ase périodique. Le style trop concis rend la morale sèche, et ne corrige pas assez l'amertume de la ceusm'e.

208 MAXIMKS SUU LE MINISTÈRE

On doit néanmoins varier le style : l'harmonie troj» continuée endort; l'auditeur ne peut soutenir longtemps l'uniformité. La diversité des pensées et des sentiments produii'a la variété des tom's et des nombres; cette inégalité n'ùte pas la symétrie.

XXXH.

L'ancieime Grèce faisait à tout ju-opos allusion aux termes d'Homère, elle ne disait presque rien que par ses expressions. Tel est l'usage du prédicateur par rapport à l'Ecriture sainte : il en emploie le langage non-seulement en autorité, mais encore en ornement.

De ce style consacré rejaillit sur tout le discours une majesté touchante et respectable qui inspire la religion. L'envoyé du ciel doit en parler la langue.

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