CHAPITRE VI
MANIÈRE FAril.E DE PRÉPARFR SES INSTRUCTIONS,
Le Chapitre précédent me pesait; je n'ai pas osé y mettre tout ce que je pensais, et peut-être en ai-je déjà trop dit. Mais enfui il est fait et je dirai avec Bossuet: Abeat qnô Hbuerit. Ici je respire et me sens plus à l'aise. Depuis environ seize an»;, j'ai prêché, et je prêche autant de fois que le devoir m'y oblige. On m'écoute, il résulte de là que la méthode que j'emploie n'est, peut-être pas absolument mauvaise, elle est très-facile, et je voudrais l'enseigner à ceux qui parfois sont un peu embarrassés pour préparer lem's sermons.
Ai-je donc toujours besoin de redire qu'il ne s'agit pas de chefs-d'œuvre, qu'il est tout bonnement question de petites instructions oom'tes, simples, faciles à retenir et tendant toujours à un but pi'aticpie. Avec cette même méthode, mes jeunes amis, vous pourrez beaucoup mieux faire que celui qui essaye de vous l'enseigner.
11 ne suffit pas d'avoir des livres, il faut savoir en tirer parti, et pour cela il faut les étudier la plume à la main . Ayez deux cahiers; dans l'un vous tracez le plan du sermon avec les idées principales ; dans l'autre vous transcrivez les traits d'histoires, les détails et les développements qui vous ont le plus frappé. N'oubliez pas de mettre dans l'un de ces deux cahiers des notfs qui vous renvoient h l'autre, et réciproquement.
Quelques exemples feront mieux comprendre ma pensée ; je vais citer ici deux plans d'instructions avec les extraits qui s'y rapportent, je pourrais multiplier ces deniiers; mais je pense qu'il suffit d'être compri'*, et qu'il faut savoir se borner.
PIAN d'un sermon SLR LE PARDON DES INJIRES F.T I.'aMOIR DES ENNEMIS.
{Extrait de saint Léonard de Port-Maurice).
Texte. Audistis quia dictum. est antiquis, odio habebis t/iimicum tuum; ego autem dico vobis : Diligite inimicos vestros. S. Matt. Cil. V.
ExoRDE. Récit évaagélique pris dans le cinquième Chapitre de S. Matthieu.... y joindre quelques explications.
Proposition. Aimez vos ennemis; obligation fondée 1'' Sur le précepte de Jésus-Christ. 2°. Sur l'exemple do Dieu, 3". Sur la sévérité du châtiment.
Premier point. D'abord je veux vous demander un conseil : J'ai un ennemi qui.... Quelle vengeance dois-je en tirer?... Ne ferai-je pas bien de.... Gardez-vous-en, un prêtre se venger.... Un prêtre ne pas pardonner !... Eh ! le précepte n'estil pas aussi bien pour vous que pour moi.... Je le sais il en coûte, [concession]. Mais voulez-vous vous sauver. Eh bien : Ego autem dico vobis. C'est moi, dit Jésus-Chiist, moi qui.... moi qui.... Vindicatifs, où êtes-vous? Baissezla tête; lorsque Dieu commande, il veut être obéi. Le ciel, la terre.., les vents, la mer lui obéissent, et vous, obstinés, vous oseriez.... Mais .Satan seul et les réprouvés portent sur leurs fi'onts ce signe des révoltés. . . . [Objection] L'honneur. ... et qu'en dira-t-on. . . . L'honneur ! Jésus-Christ peut-il commander l'infamie. Qu'en dira-t-on ? Ah 1 voyez donc quand il s'agit d'obéir, comme il faut le braver ce qu'en dira-t-on [Sacnfice d'Isaac, cahier d'extraits, n° i\).
Second point. Mais rien de plus efficace que l'exemple.... Voyez donc le fils de Dieu cloué sur vme croix ; avec quelle tendi-esse il promène ses regards.... Il préfère en quelque sorte ses boiu'reaux à sn mère, qui l'a nourri de •^on lait.
322 LE CVRt DE CAMPAGNE EN CHAIRE.
i|ui.... Il recommande l'une à saint Jean, les auti'es à son Père!... — Mais cet exemple s'est vu \uie fois sur le Calvaire?... On le revoit tous les jours au tribunal de la pénitence.... Jésus-Christ au confessionnal.... son entretien avec le pénitent qui ne veut pas pardonner ; Serve nequam omne debitum dmisi tibi tiic... Vous dites peut-être, Jésus-Chinst était Dieu, et moi... Saint Etienne, saint Jean Gualbert n'étaient que des hommes et pourtant ils ont pardonné... Oh! à moi le ciel si je pardonne, j'en ai la promesse : Si dimisentis... dimittet et vobis Pater {S. Math. cap. vi, v. 14).
Troisième Poikt. La sévérité du châtiment. Si non dimiseritis, non dimittet etc. La menace est formelle... Eh bien, venez, récitons ensemble le Fater. Mais arrivé à ces paroles : Dimitte, aiTètez-vous ; refléchissez, c'est \me imprécation contre vous... Sans pardon point de sacrements... même au moment de la \noY\...Jiidicium sine misericordia etc. Si vous ne voulez pas pardonner... (jue l'enfer s'entr'ouvre, jetezvous vivant dans ses flammes. Allez... Mais non, refléchissez encore, peut-être votre cœtir s'amollira -t-il. (Exemple au cahier d'extraits, n° 18.)
PÉRORAISON. Eh bien, mes frères, vous surtout mes chers amis qui... c'est Jésus qui, du haut de sa croix, voixs invite à pardonner... Aurez-vous le triste courage de lui résister... Pardonnez, vous dit aussi votre Ange gardien... Pardonnez, vous dit votre Ame, autrement point de pardon pour moi....
Ce plan, pris à dessein parmi l'un des moins bons de ceux que fournit saint Léonard ', renvoie deux fois au cahier d'extraits. Voici ce que je trouve au n° 14 :
' Ceux qui ont lu les sermons de co ginncl saint sur les fins ilernières, sur 'a Pi^nitetice,mr le noml/i'e des péchés et des grâces . etc. etc., sauront bien que je dis vrai.
LE CUHK DK CVMPAGNK EN CHAinE. 323
Sacrifice d'isaac (tableau)
pouvant servir à montrer : 1° l'obéissance due à Dieu. 2° Comment il faut braver le respect humain.
Voyez cependant sur la montagne ce jeune homme beau, aimable, innocent comme un ange, qui, les mains liées, les yeux bandés, attend à genoux et la tète coiirbée, le coup qui d'un moment à l'autre doit lui donner la moi't. C'est Isaac destiné par le ciel à être immolé, et son père Abraham doit faire lui-même les fonctions de sacrificateur. Pauvre fils, que ne dites-vous deux mots poiir votre défense ? Un simple regard suffit pour attendrir le cœur d'un père, infortuné jeune homme liant d'innocence et de résignation, qui a pu vous livrer à un si cruel supplice? Le précepte de Dieu, répond saint Zenon ; Dieu commande, et à l'instant même le fils n'estime plus sa vie, et le père n'estime plus son honneur. On dira que c'est de la cruauté de plonger un fer parricide dans les entrailles d'un fils innocent : qu'on le dise. Dieu le commande, c'est assez; on dira qu'Abraham ne fut pas un homme mais un tigre ; qu'on le dise, Dieu le commande, c'est assez. Que le monde me méprise, que tous les siècles me condamnent, que toutes les créatures me repoussent, peu m'importe. Dieu le commande tout est dit. Ainsi raisonnait Abraham, ainsi doit raisonner qidconque a la foi. Que le précepte du pardon soit dm', pénible, difficile, que le monde, que la nature, que la raison murmm'e j c'est un précepte de Dieu, c'est Dieu qui commande. « Et quand un précepte divin retentit à nos oreilles, dit saint Augustin, il faut obéir et non pas disputer. » Qu'importe donc le qu'en dira-t'on. On dira ce qu'on voudra. Mais il
s'agit de la réputation.... Soit.... Mais... mais.... baissez donc la tète devant l'autorité de Dieu...
(Saint Léonard de Port-Maurice, serm. Sur l'amour des ennentis, l^* ^xirt. ad Cakem).
Le troisième point indique un exemple sous le N'' 48 du Cahier d'extraits. Le voici :
RÉCONaUATlON OBTENUE PAR IN ÊXFAXT MOURANT
(histoire) pouvant servir dans une instruction sur le pardon des injures.
Un jeune homme de douze ans au plus, mais d'une intelligence remarquable, se mourait de phthisie. Son père l'aimait comme la prunelle de ses yeux; mais il uoui'rissait en même temps une haine mortelle contre son propre frère de qui il était payé de retour. Le jeune moribond voyant sou père et son oncle si endurcis dans leur luutuelle inimitié, les fit appeler un jom', puis les ayant fait placer l'un à droite l'autre à gauche de son lit, malgré la faiblesse extrême où l'avait réduit sa dernière agonie, ce vertueux enfant étendit les bras, et prenant la tète des deux frères il les serra l'une contre l'autre, ensuite d'une voix capable d'émouvoir les rochers : « La grâce sollicitée par un mourant, dit-il, ne se refuse jamais, même chez les barbares. Voici, mon père, la grâce que vous demande un fils prêt k mourir et voici pareillement, mon oncle, la dernière faveur que vous demande un neveu mourant : c'est que vous vous aimiez comme des frères ; je vous déclare que je ne puis mourir en paix, si je vous laisse dans cet état de discorde; qui- votrf inimitié finisse avpo ma vie. Aimez-vous comme
IK r.UMfi PE i;.\MHAt;NE KN CHAIUK. ^{2.1
des frères; aimez-vous comme je vous aime, coumie vous m'aimez, comme Dieu nous aime vous et moi. » A ces paroles si touchantes les deux frères ne répondii'ent qu'en fondant en larmes, ils se regardèrent d'un œil plein de bienveillance, s'attendrirent et se pardonnèrent... Ah ! jetez-vous tous à genoux aux pieds de cet autre jeune homme qui meurt pour vous sur une croix. Regardez avec ({uel amour il en détache ses mains pour vous embrasser, vous et votre ennemi... Ecoutez ses paroles...
(Saint Léonard de Povt-Maurke, senn. Sur l'ar/iovr des ennemis, 3« part. ad. Calcem).
Plan d'i'n Sermon srn i.a personne de JÉsis-CeRisr, (Tiré du même auteur.)
Texte. Et vocabis norneu ejus Jesum. (S. Luc. Chapitre ^•^)
ExoRDE. Comme les saints comprenaient la puissance, la douceur du nom de Jésus!... Prendi*e quelques pensées de saint Bernard dans les hymnes de la fête. Je vais essayer de vous le montrer tel qu'il est, roi des cœurs, époux des âmes, délices du paradis attirant etc.
Proposition, i" Jésus n'est pas connu. 2° Jésus n'est pas aimé. 3° On ne l'aime pas, on ne le connaît pas quand on n'a pa^ poiu' lui une tendre dévotion.
Premier Point. Jésus Dieu-homme ! Speciosus forma prœ filiis homimim (Ps. xltv). Beauté, grâce, majesté... il ravissait les cœurs... On le suivait. . montagnes, désert, bords de la mer... Pour lui on quittait père, mère, barques, comptoir. . . Ah vous aimez la beauté; puisse votre cœur être captivé par la beauté de Jésus!... Bonté. Qu'il est bon! Il plenrf avec Marthe et Marie... veuvede N'aïm... femme adul-
tère... Prompt à remettre les péchés... Dans le temple, dans les rues, dans les maisons, partout. Remittuntur peccuta tua... Madeleine, Samaritaine, etc. et jusqu'au bon larron... Pierre le voyant si bon lui demande combien de fois il doit pardonner... Ecoute,Pierre, pourvu que les pécheurs viennent à toi bien disposés, ce n'est pas seulement sept fois, mais.... On dit parfois: Qui sait s'il me pardonnera... Oh! ignorance de Jésus!... Ecoute pécheur, {Cahier d'extraits n° 63.). Nous prêchons des dévotions... nous propageons... Ah voilà la vérital)le ! . . . Hœc est vita œterna ut cognoscant etc. (S. Jean chap. x\ii, vers. 3.).
Second Point. Jésus-Christ n'est pas aimé... Pour bien le connaître il faudrait l'aimer... Considérez ses bienfaits. Omnia per ipsum et in ipso creata sunt. (Epitre aux Coloss. ch. i. V. 16.). Voilà pourquoi l'Eglise dit quelle que soit la grâce qu'elle demande... Fer Domijuim nostrum Jesum Christum. Tableau de l'amour de Jésus... frère... époux... ami... Il s'est donné tout entier... Ah! si vous trouvez quelqu'un qui vous aime davantage, j'y consens, tournez-lui le dos... Un jour une question lui fut posée... Qu'as-tu {aiil {Cahier d'extraits n. 176.) Dites, quoi donc est capable de gagner votre cœur?... un enfant... un bienfaiteur... un ami fidèle?... La souffrance peut-être... Eh bien, contemplez votre Jésus... Acte d'amour...
Troisième Point. Dévotion au saint nom de Jésus... Non enim aliud mmen est etc. {Act. des Apôtres, ch. n, v. 12.). Dans l'ancienne loi Dieu avait plusieurs noms... mais tous ces noms ne devaient pas... Les saints Patriarches frappent aux portes du ciel... Quel nom invoquez-vous? Le Dieu d'Abraham, ce n'est pas là le nom devant lequel s'ouvriront les portes... Prophètes, vous invoquez It^ Dieu fort, It- Dieu des armées, l'admirable etc. Rois,Adonaï, Eloïm,Jehovah...
loiir heureux où le ciel, par la bouche de l'ange, distilla ce nom de Jésus comm»; un baume divin... Olewn effusion. Nom source de tous les biens etc.. Histoire... Sainte Justine et le magicienCyprien. — Dépeindre la passion d'Anglaïde... les opérations du magicien.,, ses reproches au démon... Sa conversion... Oh! puissance du nom de Jésus !... Oh miséricorde de notre bon Sauvem'!...
PÉRORAISON. Saint Paul avait sans cesse ce nom k la bouche . . . Henri Suso l'avait gravé sur son cœur avec un canif... Porter un Christ sur soi... dire souvent Jésus... Com'te invocation. Une paraphrase soit de l'hymne, soit du sermon de saint Bernard sur le nom de Jésus ferait une excellente péroraison.
Dans ce plan je nai indiqué que deux fois le cahier d'extraits, je ne veux pas surcharger ce Chapitre, mais voici les deux exti'aits indiqués. Le lecteur, j'ose l'espérer, me saura gré de les lui faire connaître.
Cahier d'extraits n° 6.3..
Jésus-Christ s'adressant aix pécheurs.
(Extrait pouvant servir soit sur le saint nom de Jésus, soit pour montrer la bonté et la miséricorde de Notre Sauveur.)
Arrête, c'est Jésus-Christ qui t'appelle et te crie par ses plaies comme par autant de bouches : Mon (ils, ma fille, si tu te damnes tu n'auras à te plaindre que tle toi. Pe)'ditio tua ex te, Israël. Lève les yeux, mon fils, et vois de combien défaveurs je t'ai enrichi afin d'assurer ton salut. Je pouvais te faire naître dans une forêt parmi les sauvages comme tant d'auti'es ; mais pour loi je n'en ai pas agi de la sorte.
je t'ai t'ait iiaitre au contraii'e dans le sein de l'Eglise catholique. Je t'ai fait élever par un si bon père, par une si bonne mère ! je t'ai prodigué mes instructions, mes enseignements : si malgré tout cela tu te damnes, à qui en sera la faute? A toi, à toi seul. Perditio. Je pouvais te précipiter en enfer dès le premier péché mortel que tu as commis, sans en attendre un second; je l'ai fait avec tant d'autres, mais avec toi j'ai pris patience, je t'ai attendu des années et des années, et maintenant encore je t'attends à la pénitence. Or, si malgré cela, tu te damnes, à qui en sera la faute? A toi, mon fils, à toi seul. Perditio. Tu sais combien j'en ai fait mourir misérablement sous tes yeux, c'était un avertissement pour toi : tu sais combien d'autres j'ai remis dans la bonne voie, je l'ai fait pour t'encourager par l'exemple. Tu ie rappelles cette instruction... Et puis ce qui s'est passé entre moi et toi dans le secret de ton cœur, tu ne peux te le dissimuler. Ces bonnes inspirations si fréquentes, ces remords de conscience continuels, oserais-tu les nier? Or sache que c'était là autant de secours de ma grâce qui te voulait en paradis. A tant d'autres je les ai refusés, et je te les ai prodigués à toi que j'aimais comme un fils! Ah mon lils,combien d'autres, si je leur parlais aussi tendrement que je te parle en ce moment, se frapperaient la poitrine et rentreraient dans la bonne voie ! et toi, tu me tournes le dos. Ecoute âme chérie, écoute mes dernières paroles : tu m'as coûté ])ien du sang, ma fdle, oui bien du sang; mais si malgré le sang que j'ai versé tu veux te damner, ah! ne te plains pas de moi, n'accuse que toi-même et souviens-toi, pendant toute l'éternité, que si tu te damne>< ce n'est pas de ma faute, c'est malgré moi, c'est parce que tu veux te damner. Perditio tua, ta perte vient de toi.... Ah ! mon aimable Sauveur, les pierres elles-mêmes ne se fondraient-elles pas à de si douces paroles, à des expressions
LE rxHÊ DE CAMPAGNE EN CHAinE. 329
si tendres,... (S. Léonard, Sermon sur le petit nombre de^ élus).
Au -N" 176 do mou Cahier d'extraits se trouve, mis eu concordance avec le plan que je viens de citer, le passage suivant :
Belle paraphrase de ces paroles : Quid ieclsti [pouvant servir a montrer Vanvmr, la miséricorde et la patience de notre divin Sauveur,)
Examinez ces paroles qu'on adi'csse à votre Jésus. Qu'astu fait? S'il le disait, il ne serait pas cru; parlez-vous même pour lui, prenez la défense de sa cause, non pas devant Pilate, mais devant le tribunal de votre conscience !.,. Vous qui maintenez si puissamment cette loi de la chair qui le condamne à mourir, vous c£iii délibérez si souvent de le sacrifier, dites-moi, ou plutôt, dites-vous à vous-mêmes : Qua-t-il fait depuis trente-trois ans qu'il est sur la terre?... Qu'a-t-il fait pour être si mal traité?... Qu'a-t-il fait dans la crèche, en Egypte, à Nazareth, dans le désert?... Qu'a-t-il fait dans sa conversation ?... Qu'a-t-il fait en vous laissant son corps sous les espèces du sacrement?... Qu'a-t-il fait à tous les hommes, en voulant mourir pour leur salut?... Que vous a-t-il fait en particulier, en vous donnant sa grâce, en effaçant vos péchés, en vous rendant la robe de rinnocence que vous aviez souillée, en vous préservant des dangers de la perdre, en vous appelant à l'état do vie que vous avez embrassé, en vous donnant mille moyens de le servir, en vous préparant tant de félicités dans l'éternité bienheureuse?... Ah! il n'y a que lui qui puisse le dire; demandez-lui ce qu'il a fait à votre îime, personne ne le sait que lui: mais
pourtant, vous en avez assez pour dire s'il est cligne da mort. Eh bien ! mérite-t-il pour cela d'être attaché à la croix, par la loi de votre concupiscenco, pnr le jugement de vos passions?... (Haytmive. Méditation pour to himli de la fiuatnéine semaine de Carême.)
Inutile d'allonger ce Chapitre et do multiplier les exemples, j'ai hâte de conclure et de résumer en ]nm de mots ma pensée à ce sujet.
Ces plans peuvent facilement fournir la matir*re de deux instructions.
Les extraits ont parfois besoin d'être modifiés, on les copie mot à mot, puis, se rendant maître des idées qu'ils renfemuent, on les applique à son sujet. C'est dans le dessein de faire comprendre cette observation, que j'ai choisi comme exemple le dernier plan et les extraits qui l'accompagnent.
Mon Dieu,me suis-je fait comprendre. On ne prêche pas pour l)arler, mais pour instruue, pour rempUr un devoir et contribuer à la gloire de Dieu. Ainsi, je l'affirme, je n'écris pas pour brouiller du papier, je voudrais être utile, je suis assuré que ceux qui se rendent coupables de tant et tant de volumes, recevront les étriviéres, quand il faudra là haut rendre compte même d'une parole inutile... Hélas ! il y en a tant dans certains ouvrages !...