PRESCRIPTIONS HYGIÉNIQUES
Si vous estimiez qu’un régime aussi sévère que le régime lacté n’est pas nécessaire, ou si vous aviez des raisons de redouter les conséquences du régime de sous-alimentation qu’il représente, tel qu’il convient de le prescrire dans les états dyspeptiques, c’est-à-dire à doses modérées et de plus, dans certains cas, écrémé, et si, par suite, vous vous arrêtiez à l’administration d’un régime lacté mitigé, il vous faudrait soigneusement spécifier la qualité et la quantité du lait à prendre chaque jour, la nature des aliments à y joindre, la façon de les préparer; en outre, car sans indigestion les aliments ne pourraient être ingérés d’une façon discontinue comme peut letre le lait lorsqu’il est pris seul, il vous faudrait noter les heures des repas et leur durée ; enfin, comme précédemment, il vous faudrait vous préoccuper de la question des garde-robes, du repos et de la fatigue de votre malade, de la durée de sa cure, etc. Bref, vous seriez amenés à rédiger une ordonnance conçue dans ces termes :
Régime lacté mitigé.
Faire quatre repas par jour : huit heures, onze heures, cinq heures, huit heures.
Premier et troisième repas. — Prendre un quart à un tiers de litre de lait.
Le lait du premier repas pourra être additionné de café sans chicorée, ou de thé et de sucre.
Deuxième et quatrième repas. — Potage ou bouillie avec sel ou sucre, d’un tiers à un demi-litre de lait : semoule, tapioca, vermicelle ; farines diverses (sauf de châtaignes et chocolatées).
Deux à trois cuillerées à soupe de légumes en purée passés (pommes de terre, pois, artichauts, carottes, etc.) ou de riz, préparés au lait, avec sel ou sucre.
Un à trois doigts de croûte de pain.
Deux à trois gâteaux secs : albert, petit-beurre,
Un tiers à un demi-litre de lait comme boisson.
Le lait sera en partie écrémé, sauf celui qui servira à la préparation des légumes.
On mettra un quart d’heure pour les petits repas ; trois quarts d’heure pour les grands.
On gardera le repos, allongé, après les repas.
On pourra se lever, prendre un peu d’exercice à distance de
ceux-ci, c'est-à-dire entre neuf heures et demie et onze heures, deux heures et demie et cinq heures, six heures et huit heures.
On prendra des suppositoires ou des lavements évacuateurs, si nécessaire.
On suivra ces prescriptions pendant un mois.
Le régime lacté, même mitigé, n'est d’ailleurs aucunement nécessité par tous les faits de dyspepsie stomacale; il y a, par exemple, des cas légers dans lesquels il suffit d’écarter de l’alimentation des malades les aliments indigestes ou irritants pourl’estomac pour obtenir la cessation des troubles digestifs. Lorsqu’il en est ainsi, vous devrez, dans votre ordonnance, successivement indiquera votre malade la nature des aliments qu’il peut prendre et la façon de les préparer, comme si vous étiez un maître-coq consommé, le nombre des repas qu'il doit faire par jour et les heures auxquelles il doit les effectuer, etc.
Vous rédigerez alors une ordonnance à peu près ainsi conçue :
Régime antidyspeptique.
Se nourrir avec des aliments choisis entre les suivants :
Viandes de boucherie grillées ou rôties, bœuf, mouton, veau, agneau; chevreau; lapin; poulet, dinde.
Cervelle, rognon, ris de veau; jambon.
Poissons maigres cuits à l’eau ou frits, sole, merlan, rouget, turbot, barbue, truite; grenouilles.
Œufs.
Lait; crèmes cuites; farines; sauces blanches (avec lait et farine); fromages frais et blancs.
Pâtes ; potages et bouillies au lait.
Légumes (sauf choux, champignons, oseille), potages maigres (aux légumes et aux pâtes).
Fruits, confitures (sauf acides, groseilles, oranges, etc.).
Pâtisseries légères (gâteaux secs, tartes préparées avec une pâte peu grasse) ; biscottes, pain.
S’abstenir de crudités (salades, radis, artichauts, etc. ; fruits, sauf fruits bien mûrs, notamment pêches, raisin).
Écarter la peau de la volaille et des poissons, les enveloppes des légumes (pois, haricots, lentilles) et des fruits (pommes cuites, pruneaux cuits, cerises cuites, etc.).