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PRESCRIPTIONS HYGIÉNIQUES

En ce qui concerne le degré de la température ambiante approprié dans les maladies, il n'est pas uniforme, et c'est ainsi qu’alors que, par exemple, une température de 15° à 16° semble favorable dans certaines d’entre elles, comme la fièvre typhoïde, dans d’autres, comme la rougeole, fièvre éruptive, la bronchite et la pneumonie, affections dés voies respiratoires, la dysenterie et le choléra, maladies intestinales, une température de 17° à 18° est préférable.

L’importance des prescriptions hygiéniques par rapport à celle des prescriptions thérapeutiques est variable selon les maladies envisagées. Il y a des cas où elle est de second plan, mais il y a aussi des cas, et ils sont très nombreux, où elle est de tout premier ordre, primant celle des prescriptions thérapeutiques.

L’importance respective que vous attribuerez dans un cas considéré aux prescriptions des deux ordres réglera la place réciproque que vous leur attribuerez dans votre ordonnance. Si vous avez affaire à une affection, comme par exemple la dyspepsie gastrique, dans laquelle vous fondez l’espoir de guérison de votre malade moins sur l'emploi des médicaments que sur celui du régime alimentaire, vous placerez en tête de votre ordonnance les prescriptions relatives à ce dernier qui ressortissent à l’hvgiène. Si, inversement, vous avez affaire à une maladie comme la syphilis, dans laquelle l’hygiène alimentaire ou autre ne joue qu’un rôle des plus accessoires et certains médicaments le rôle essentiel, vous donnerez la première place, dans votre ordonnance, à la thérapeutique.

A n’envisager que les prescriptions hygiéniques, vous entrerez, en ce qui les concerne, dans tous les détails nécessaires. L’assujettissement à cette recommandation peut vous entraîner loin dans certains cas, c’est-à-dire vous prendre beaucoup de temps. Je fais allusion ici aux maladies justiciables surtout d’un régime alimentaire. Mais le succès est à ce prix. De brèves et générales indications ne suffisent pas. Il faut entrer dans les détails les plus minutieux. Quelques exemples d’ailleurs seront plus probants qu'une dissertation générale.

Je suppose, pour reprendre un exemple déjà évoqué il y a un moment, que vous soyez consulté par un malade affecté

d’une dyspepsie stomacale, et je suppose que, tout bien réfléchi, vous estimiez que le cas tombe sous l’application du régime lacté absolu. Peu importe que vous pensiez ou non que tel ou tel médicament doive être en outre conseillé’, sousnitrate de bismuth en pansement, ou autre. Je n’envisage ici que les prescriptions de l’ordre hygiénique. Il ne suffira pas qu’en tête de votre ordonnance vous inscriviez :

Suivre le régime lacté absolu.

Mais il faudra que vous spécifiiez la qualité du lait auquel votre malade devra s’adresser, lait pur ou plus ou moins écrémé. Il faudra que vous en fixiez la quantité. Il faudra que vous indiquiez la manière de le prendre. D’ordinaire, le lait est administré par doses déterminées, à ingérer toutes les deux ou trois heures. Il est préférable, selon moi, tout au moins dans certains cas, de le prendre par petites fractions souvent, très souvent répétées : l’estomac s’accommode parfaitement de ce modus faciendi.

Mais ce n’est pas tout. Sauf exception, le régime lacté entraîne de la constipation ; de plus, si le lait est prescrit en quantité modérée, surtout écrémé, la diète lactée constitue manifestement un régime de sous-alimentation. Vous devrez donc d’une part, contre la constipation possible, prévoir l’emploi de suppositoires, de lavements ou de lavages intestinaux ; d’autre part, pour atténuer les effets possibles de l’hypo-alimentation, conseiller le repos et n’ordonner qu’une cure lactée peu prolongée. Au total, vous prescrirez par exemple :

Régime lacté.

Suivre le régime lacté intégral. Prendre par jour entre 2 litres et demi et 3 litres de lait léger, sinon en partie écrémé. Le prendre par petites fractions souvent répétées.

Suivre ce régime pendant deux semaines.

Durant ce laps, garder le repos (se lever tard, se coucher tôt, peu sortir, éviter toute fatigue).

Si nécessaire, recourir à des suppositoires ou à des lavements évacuateurs (lavements à l’eau de guimauve simples ou additionnés soit d’huile, soit de glycérine). Sauf nécessité, ne pas prendre de purgatifs par la bouche*

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