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AGENTS PHYSIQUES

Je laisse donc la psychothérapie pour passer à la physiothérapie.

AGENTS PHYSIQUES. — La physiothérapie n’utilise pas, en réalité, que des agents physiques, mais encore des agents mécaniques et physiologiques.

Sous les appellations de thermothérapie et de cryothérapie , elle emploie le chaud et le froid. Sous celle de photothérapie , elle s’adresse à la lumière' naturelle ou artificielle, du moins à ses radiations chimiques, l’utilisation des radiations lumineuses qui se traduisent par la sensation de couleur constituant la chromothérapie , le bain de soleil et le bain atmosphérique représentant Y héliothérapie.

L’ aérothérapie désigne l’usage thérapeutique de l’air, qu’il s’agisse de la cure à l’air libre ou encore de bains d’air comprimé ou d’inhalations d’air comprimé et raréfié.

L y hydrothérapie, de même, désigne l’usage thérapeutique de l’eau, qu’elle soit employée ou froide ou chaude, qu’elle soit appliquée seule, localement, en compresses, en bains, ou sur tout le corps à l’état de lotions et de bains, ou qu’elle soit associée à la percussion sous forme de douches.

A Y électrothérapie se rattache l’adaptation au traitement des maladies des multiples modalités de l’énergie électrique; à la radiothérapie, l’adaptation des rayons Xde Rontgen.

Enfin le vaste domaine physico-mécano-phvsiologique de la kinésithérapie comprend le massage , la mobilisation , la rééducation motrice , la mécanothérapie , la gymnastique et les sports.

Tout en ayant ses racines dans l’antiquité la plus reculée, la physiothérapie n’est parvenue au plein épanouissement de son développement que dans ces dernières années. Pendant des siècles, d’ailleurs, laissée aux mains des empiriques etdes rebouteurs, elle demeura sans bases scientifiques. Ces temps ne sont plus, heureusement. Les médecins ont fini par s’emparer d’un domaine de l’art, à tort dédaigné et, grâce à leurs travaux, l’action physiologique et la posologie des agents physiques ont pu être fixées au môme titre que celles des agents chimiques.

Vous aurez souvent à les conseiller à vos malades, et vous ne

devrez pas manquer de les faire figurer sur l'ordonnance. En thème général, vous pourrez adopter le plan de les placer après les agents chimiques. Cependant quand, comme par exemple la radiothérapie en matière de leucémie, ils représenteront la dominante thérapeutique, il sera plus rationnel de leur concéder la première place.

Relativement au libellé de leur prescription, il devra nécessairement varier avec leur mode d'exécution, et en fait celui-ci comporte trois cas différents : ou bien, premier cas, vous vous chargerez vous-mêmes d'exécuter votre prescription, vous masserez, par exemple, le malade auquel vous aurez ordonné le massage; ou bien, deuxième cas, votre prescription doit être exécutée par un confrère physiothérapeute, c'est-à-dire par une compétence : il s'agit, par exemple, de radiothérapie, et c'est un médecin radiothérapeute qui doit opérer ; ou bien, enfin, troisième cas, votre prescription doit être exécutée par une incompétence, vous prescrivez, par exemple des lotions ou des douches, et c'est le malade lui-même qui doit se les administrer, ou bien c'est un serviteur ou encore un parent qui doivent présider à cette opération.

Dans le premier cas, et cela tombe sous le sens, il suffira que la prescription soit sommaire. Dans le deuxième, elle devraêtre sommaire encore, ou du moins elle pourra l’être, à la condition qu'une lettre soit remise par vous à votre malade destinée au spécialiste auquel il s'adressera, dans laquelle vous fournirez à celui-ci sur le diagnostic et sur la thérapeutique toutes les clartés qui lui sont nécessaires pour conduire le traitement selon la direction que vous jugez la meilleure. Dans le troisième cas, enfin, votre prescription devra être minutieuse et détaillée. Sans doute, tout au moins chez certains malades, vous pourrez vous contenter d’explications orales; mais, orales ou écrites, ces explications seront — et vous savez que si verba volant , scripta manent — nécessaires.

Je suppose, pour continuer l'exemple choisi tout à l'heure, que vous prescriviez à un malade des douches devant être prises, non pas dans un établissement médical et sous le contrôle d'un médecin, mais chez le malade lui-même, dans son cabinet de toilette. Eh bien, il conviendrait que vous indiquiez à votre sujet et le type de douches à prendre [douche en

MÉDICAMENTS

jet , brisé ou non, douche en pluie , douche en cercle , douche en colonne, douche en promenade ), avec les points d'application (i douche générale , douche partielle) et la température de l’eau à employer ( douche chaude , froide , écossaise , alternative ), et la durée de l'opération (courte ou prolongée), et les soins consécutifs (frictions ou non, recoucher ou promenade), et le moment d’élection (au lever, à la fin de la matinée, à la fin de l'après-midi) .

S'il est vrai que dans un médicament il y a plusieurs médicaments, il est encore plus vrai que dans un agent physique il y a plusieurs agents physiques, et c'est pourquoi il est indispensable que l'agent physique que vous prescrivez, dans l'espèce l'hydrothérapie, soit bien spécifié dans les caractères sous lesquels vous désirez qu'il soit employé, afin que tel effet thérapeutique soit obtenu.

Une installation spéciale n’est d’ailleurs pas absolument nécessaire pour que puisse être pratiquée une hydrothérapie efficace. Faute de douches, les lotions peuvent être souvent utilement conseillées, et le matériel en est à la portée de toutes les bourses. Voici comment, par exemple, on peut prescrire des lotions écossaises.

Lotions écossaises.

Chaque matin, à jeun, faire une lotion écossaise.

Se mettre nu, les pieds dans un tub contenant de l’eau tiède. Disposer à la portée de la main deux cuvettes, l’une contenant de l’eau chaude à 38°-39°, l’autre de l’eau tiède à 30°-31°.

* Avec une grosse éponge, d’abord trempée dans l’eau chaude, faire une première lotion : exprimer l’éponge sur chaque épaule, de telle sorte que l’eau coule du haut en bas du corps, devant et derrière, et passer l’éponge sur tout le corps. Aussitôt tremper l’éponge dans l’eau tiède et faire de même.

S’essuyer rapidement en tamponnant, sans friction. Remettre la chemise de nuit ou s’envelopper d’un peignoir de flanelle et se recoucher dans la chaleur du lit.

La réaction faite, se lever et procéder à sa toilette.

AGENTS CHIMIQUES. — MÉDICAMENTS. — J’arrive enfin aux agents thérapeutiques les plus nombreux et, en somme, les plus importants, au xagents chimiques . Ces agents sontdésignés

communément d’un seul mot, celui de médicaments , les médicaments étant définis : toute substance chimique employée dans un but thérapeutique.

Les médicaments sont empruntés aux divers ordres de la nature: aux minéraux, aux végétaux, aux bactéries, aux animaux. Mais la division des médicaments en animaux, végétaux , minéraux et bactériens , n’ofïre aucune importance au point de vue où nous nous plaçons en ce moment, qui est celui de r art de prescrire. Bien autrement importante est, à ce point de vue, leur division en médicaments officinaux, médicaments magistraux , médicaments spéciaux ou spécialités et eaux minérales, celles-ci étant des sortes de solutés médicamenteux naturels.

Nous envisagerons successivement la façon de faire figurer sur l’ordonnance les médicaments de chacune de ces catégories.

Médicaments officinaux. — Définition. — La signification qu’il faut attribuer aux qualificatifs o^cma/ et magistral ayant été comprise diversement, le président du Conseil des ministres, en 1888, s’adressa à l’Académie de médecine, en vue d’en obtenir une définition officielle.

Du rapport rédigé sur cette question par la Commission que désigna alors l’Académie, nous extrayons lespassagessuivants, qui concernent le qualificatif officinal (1) :

<( 1° Ne doivent être regardés comme officinaux que les médicaments de conservation facile, dont le Codex a enregistré la formule et le mode de préparation pour les médicaments galéniques, ou bien les caractères, purification et essai, pour les médicaments chimiques ;

« 2° Il ne s’ensuit pas néanmoins que tous les médicaments qui figurent au Codex soient nécessairement officinaux.

« Les loochs, potions, tisanes, juleps, etc., sont de nature essentiellement magistrale, comme aussi tous les mélanges prescrits par le médecin, lors même qu’ils se composent uniquement de médicaments officinaux. Par le seul fait du mélange, ils rentrent dans la catégorie des remèdes magistraux. »

(1) On pourra prendre connaissance du rapport in extenso dans le

Bulletin de V Académie de médecine , 1888, p. 813.

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