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LE « CODEX

Comme on le voit, le médicament officinal offre les deux caractéristiques suivantes :

1° De conservation facile, il est tout préparé dans l’officine.

2° Il satisfait aux indications du Codex.

On pourrait, par suite, le définir : un médicament que ton trouve tout prêt dans l'officine des pharmaciens et qui est préparé conformément aux indications du « Codex » .

Cette définition exclut du cadre des médicaments officinaux les spécialités et les eaux minérales qui, toutes prêtes dans l’officine, ne figurent pas au Codex. Elle exclut également certains remèdes qui figurent au Codex , mais qui, n’étant pas de conservation facile, sont préparés au moment du besoin, comme les potions, les loochs, les juleps, les émulsions, les tisanes, etc. On voit, par suite, qu’est erronée cette définition que vous trouverez cependant dans des livres récents, d’après laquelle un médicament officinal^erait un médicament dont la formule et le mode de préparation figurent au Codex. Tout médicament officinal doit avoir sa formule et son mode de préparation au Codex , mais tout médicament du Codex n'est pas officinal.

Mais je viens de prononcer pour la première fois devant vous le nom d’un livre grave et fameux, le Codex , et je vous dois à son sujet quelques éclaircissements.

Le u Codex ». — « On désigne sous ce nom, écrit Bourgoin (1), qui fut professeur à l’École de pharmacie et directeur de la Pharmacie centrale des hôpitaux, le livre qui contient la collection des recettes ou des formules auxquelles les pharmaciens doivent se conformer pour préparer les médicaments officinaux. » Et il ajoute : « Ce mot est synonyme de dispensaire, à'antidotaire, de pharmacopée. »

Le Codex français a été institué par la loi du 21 germinal an XI (1803), qui le définit : « Le formulaire officiel des préparations médicinales et pharmaceutiques. »

Il est rédigé par une Commission nommée par le ministre de l’Instruction publique et composée de savants divers :

(1) Bourgoin, Grande encyclopédie, t. XI, art. : « Codex », § Pharmacie.

médecins, pharmaciens, chimistes, naturalistes et vétérinaires (1). « Il a pour but, dit Bourgoin, de régulariser toutes les préparations officinales. C'est un guide certain pour les praticiens, et, en même temps, pour l’administration, un moyen d’ordre et de contrôle. »

C’est le Code des pharmaciens à qui la loi fait l’obligation de le posséder. Les médecins n’y sont point forcés; c’est pourtant un livre qui leur est indispensable, aussi ne saurais-je trop vous engager à vous en munir dès le début de votre pratique.

Depuis l’an XI, c’est-à-dire depuis 1803, cinq éditions successives du Codex ont été publiées. La première parut en 1818 ; on avait mis quinze années par conséquent à la rédiger. Elle était en latin. La deuxième, latine également, fut publiée en 1837. La troisième en 1866 ; elle était à la fois rédigée en français et en latin. La quatrième édition et la cinquième furent publiées en français; toutefois les désignations des substances et des médicaments dans les titres y figurent en latin et en français, et la table des matières conséquemment y est double, latine et française. La quatrième édition avait paru en 1884 ; bientôt elle nécessita un supplément qui parut en 1895. La cinquième et dernière édition date de 1908.

Le nouveau Codex , je veux dire celui de 1908, diffère notablement de celui qui l’a précédé, à savoir de celui de 1884, complété parle supplément de 1895. Le plan en est totalement différent : le Codex de 1884 était divisé en quatre parties précédées de préliminaires : la première était réservée aux substances tirées des végétaux et des animaux qui sont employées en nature ; la deuxième, à la pharmacie chimique ; la troisième, à l&pharmacie galénique ; la quatrième, à la pharmacie vétérinaire . Dans le nouveau Codex , les préliminaires, ou du moins les notions qui y étaient contenues, sont rejetés à la fin, dans les Annexes . Des quatre parties, les trois premières sont fusionnées en une seule , dans laquelle les médicaments sont

(1) C’est ainsi que la dernière Commission du Codex était composée de la façon suivante : MM. Brouardel, Gilbert, Landouzy, Roux, médecins ; Bourquelot, Marty, Pouchet, Prunier, Vigier, Yvon, pharmacologues et pharmaciens ; Jungfleisch, Moissan, chimistes ; Planchon, naturaliste ; Adam, vétérinaire .

Par suite de décès, MM. Grimbert, Léger, pharmaciens , Guignard, naturaliste» y furent ajoutés ultérieurement.

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