RAPPORTS DU MÉDECIN ET DU PHARMACIEN
— Par l’intermédiaire de ses ordonnances, du moins par l’intermédiaire des prescriptions médicamenteuses qu’elles contiennent, le médecin entretient de perpétuels rapports avec le pharmacien. Permettez-moi de vous en toucher un mot.
Il est un cas particulier où ces rapports sont naturellement inexistants : c’est celui où, faute d’officine ouverte dans la localité qu’habite son malade, le praticien cumule à la fois l’exercice de la médecine et celui de la pharmacie (2). Mais il s’agit là d’une circonstance exceptionnelle.
Naguère, ainsi que je vous fai rappelé, le médecin tenait avec l’apothicaire, par l’intermédiaire de son ordonnance, une véritable conversation. Il lui disait : « 1^, prends », puis : « f. s. a., fais selon l’art ». Ces mots, maintenant, sont sousentendus sur la plupart des ordonnances.
A l’invitation du médecin, le pharmacien répond par l’exécution des prescriptions. Celle-ci doit être stricte et intégrale. Toutefois si, par le fait de quelque omission ou de quelque erreur, d’une erreur par exemple sur un chef d’incompatibilité médicamenteuse, une formule se montrait défectueuse, il va de soi que le devoir du pharmacien serait d’en informer le médecin.
Réciproquement, si le médecin s’apercevait de quelque faute dans l’exécution de l’ordonnance, il devrait de même en avertir amicalement et discrètement le pharmacien.
En procédant de la sorte, médecins et pharmaciens ne
(1) Consulter : Martin, Le nouveau décret sur les substances vénéneuses (Journal de pharmacie du 1er octobre au 16 décembre 1916) ; Désesquelle, Rapport à propos du nouveau décret sur la vente des substances vénéneuses (Bulletin officiel du syndicat médical de Paris , mars 1917).
(2) La loi autorise le médecin à vendre des médicaments à ses clients dans les communes où il n’existe pas de pharmacien ayant officine ouverte, mais il n’a pas lui-même le droit d’ouvrir une officine.
Depuis 1892, un projet de loi a été déposé (mais non encore voté), d’après lequel la vente des médicaments par le médecin ne serait autorisée qu’au cas où il n’existerait pas de pharmacie dans un rayon de 4 kilomètres.