‹ L'art de prescrireChapitre 19 sur 90 · RAPPORTS DU MÉDECIN ET DU PHARMACIEN · texte numérisé non relu

RAPPORTS DU MÉDECIN ET DU PHARMACIEN

peuvent manquer de vivre en bonne intelligence, au grand profit des malades.

Certaines des opérations effectuées par le pharmacien à propos des ordonnances intéressent le médecin et doivent être connues de lui (i).

C'est ainsi que, l'ordonnance achevée, le pharmacien en transcrit, sur un registre approprié et à la date voulue, les diverses prescriptions médicamenteuses. Il relève et les noms des substances désignées et leurs quantités. Il attribue à chaque préparation un numéro d’ordre et y accole le nom du médecin responsable.

Il y a là une obligation légale en ce qui concerne les substances toxiques dites vénéneuses (2), tout au moins celles des tableaux A et B (3).

C’est ainsi encore que, sur les ordonnances renouvelables qu’il restitue aux intéressés, le pharmacien applique le cachet de son officine avec la date de l’exécution et qu’en regard de chacune des prescriptions médicamenteuses y inscrites il appose les numéros d’ordre enregistrés.

L’ordonnance ne peut-elle être renouvelée (4), qu’elle doit être légalement conservée à l’officine (5), le pharmacien étant tenu alors de remettre à l’intéressé une copie intégrale de celle-ci, timbrée, datée et signée, pourvue de plus des numéros d’ordre.

C’est ainsi enfin que, sur chaque préparation médicamenteuse délivrée par lui, le pharmacien doit coller une étiquette

(1) La délivrance aux médecins des médicaments vénéneux effectuée en vue de l’exercice de leur profession impose aux pharmaciens certaines obligations qui doivent être également connues des intéressés. Je fais allusion à l’obligation légale où sont les pharmaciens de conserver pendant trois ans, pour être représentées à toute réquisition de l’autorité compétente, les demandes faites par les médecins des toxiques stupéfiants et d’en adresser un relevé à la fin de chaque trimestre au préfet de leur département.

(2) Voir ci-dessus, p. 50.

(3) Le registre afférent à ces indications doit être conservé pendant dix ans pour être représenté à toute réquisition de l’autorité compétente.

(4) Voir ci-dessus, p. 51.

(5) La durée de la conservation est de trois années, pendant lesquelles l’ordonnance est soumise à la représentation de l’autorité à toute réquisition.

6é GÉNÉRALITÉS SÜR L’ÀRT £>É PRÉ^CRÎËÉ.

de couleur déterminée, portant son nom et son adresse ainsi que le numéro d'ordre approprié, c’est-à-dire le numéro qui est sur l’ordonnance et sur le registre fait face à la prescription médicale correspondante. La désignation de la forme pharmaceutique pourra encore figurer sur l’étiquette avec le rappel sommaire de son mode d’administration.

Ces opérations ont leur utilité, et, sans les passer toutes en revue, laissez-moi vous indiquer que, grâce à elles, les responsabilités qui incombent à chacun, médecin et pharmacien, sont nettement établies. Grâce à elles encore, si l’ordonnance est égarée, il reste possible par la notion soit de la date d’une prescription, soit de son numéro d’ordre, tel qu’il figure sur la forme pharmaceutique délivrée au malade, de retrouver, à la faveur du registre pharmaceutique, une formule oubliée. Grâce à elles, enfin, vous pouvez d’un coup d’œil discerner, à une nouvelle consultation et sur la présentation de la précédente ordonnance, si vos prescriptions pharmaceutiques ont été sinon suivies, du moins exécutées. Il y a deux façons différentes d’éluder lesprescriptions médicales ilapremière consiste, après avoir fait exécuter les médicaments, à ne pas les prendre ; la seconde, à ne pas même faire préparer les médicaments. Eh bien, du fait de l’absence de numéros d’ordre en regard des formules de votre ordonnance, il vous sera facile de tirer la déduction qui s'impose et le corollaire que celle-ci comporte.

Il est un cas particulier des rapports médico-pharmaceutiques que je désirerais tout au moins effleurer en terminant. Il concerne la demande qui vous sera adressée par certains de vos malades, relativement à la pharmacie à laquelle ils devront recourir, soit pour la préparation de leurs médicaments, soit pour l’exécution de telle ou telle analyse chimique. Je ne saurais trop vous engager àcet égard à une extrême discrétion. La plupart des officines sont bien tenues et, en principe, il n’y a nulle raison pour en détourner la clientèle. Cependant, certaines circonstances peuvent se rencontrer, tenant soit à vos prescriptions, soit à l’état du malade, soit aux officines mises en cause, qui vous obligent à sortir de la réserve. C’est affaire avec votre conscience. Dans cette question, encore, vous prendrez avant tout pour guide l'intérêt supérieur des malades.

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