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VOIE SACRÉE

Avant de quitter la voie nerveuse, il me reste à vous entretenir de sa troisième modalité, la voie sacrée, dite encore épidurale.

A. Gilbert; — L’Art de Prescrire.

Dernière venue entre les diverses voies d’administration des médicaments, la part qu’elle prend à leur introduction dans l’économie demeure restreinte, et le rôle qu’elle joue en thérapeutique assez modeste.

C’est à M. Cathelin que l’on doit l’idée de l’introduction des médicaments par cette voie ; cet auteur a consacré à ce sujet sa thèse inaugurale.

Les principales indications de la voie sacrée sont la sciatique, les crises douloureuses des tabétiques, le zona, l’impuissance, diverses maladies des voies urinaires, dont l’incontinence nocturne d’urine. Autant la voie lombaire est délicate ou meme périlleuse, autant celle-ci est inoffensive. Mais, si on peut penser que la voie lombaire est vouée à un grand avenir, pareil espoir ne peut être conçu au sujet de la voie sacrée.

Les substances médicamenteuses que l’on utilise sont employées en solution : on y injecte des solutés de chlorhydrate de cocaïne au centième, de sels mercuriels, déiodure de potassium , de chloral. On a eu aussi l’idée d’y injecter des solutio7is salines diverses et en particulier du sérum physiologique. Il convient de ne pas en injecter plus de 20 à 30 centimètres cubes pour une fois.

En ce qui concerne la technique de l’emploi de la voie sacrée, j’entrerai à son sujet dans moins dedétails que pour la voie lombaire. Je dois cependant vous rappeler quelques souvenirs anatomiques. Le canal sacré s’ouvre à son extrémité inférieure par un orifice triangulaire obturé par une membrane fibroélastique. Ce triangle de forme isocèle se termine en bas au niveau des cinquièmes tubercules sacrés postéro-inférieurs. Le sommet, dirigé en haut, est marqué par la dernière apophyse" épineuse sacrée. Pour repérer cet orifice, il faut suivre les apophyses épineuses sacrées ; au-dessous de celles-ci, le doigt qui palpe reconnaît bientôt la présence d’une dépression triangulaire élastique. C’est au milieu de celle-ci qu’il faut enfoncer l’aiguille. Vous pénétrez ainsi dans un canal osseux très éloigné de la moelle épinière et séparé du liquide céphalorachidien par le cône terminal de la dure-mère. Vous comprenez maintenant pourquoi ces injections sont peu dangereuses.

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