TECHNIQUE DES INJECTIONS SACRÉES
De même que les injections lombaires, elles ne peuvent être pratiquées que par le médecin lui-même, et elles exigent son intervention personnelle.
L’instrumentation est un peu différente de celle qui sert à l’injection lombaire : on emploie chez l’adulte une seringue de 5 centimètres cubes, munie d’une aiguille en platine de 6 centimètres de long et de sept dixièmes de millimètre de diamètre, à biseau long et effilé.
Je n’insiste pas sur les précautions antiseptiques, qui sont ici de règle absolue : application de teinture d’iode sur la peau du malade, stérilisation de l’instrument employé, désinfection des mains de l’opérateur.
Vous placerez le patient dans la position dite en chien de fusil, puis vous anesthésierez la peau. L’opération elle-même comprend deux temps : la ponction et l’injection. Vous ponctionnerez au milieu d’une ligne allant du sommet du triangle à sa base ; vous repérerez l’orifice, vous tendrez la peau avec les doigts et vous introduirez l’aiguille. Vous l’enfoncerez d’abord obliquement sous un angle de 20 degrés avec l’horizon ; vous traverserez ainsi la peau et la membrane obturatrice ; à ce moment, vous aurez la sensation de perforer une membrane tendue comme si vous traversiez la peau d’un tambour. Vous abaisserez alors l’aiguille et vous la pousserez horizontalement. De cette façon, vous ne rencontrerez pas de plan osseux. Si, au contraire, l’aiguille était mal dirigée, elle irait buter sur la paroi antérieure du canal sacré.
Vous pousserez alors doucement l’injection, et le liquide restant en dehors de la dure-mère, aucun accident ne peut se produire. Le malade éprouve parfois un sentiment de froid, ou des secousses électriques dans les membres inférieurs, c qui s’explique aisément, puisque le liquide est injecté au co-n tact des racines sacrées, dont un certain nombre vont former le grand nerf sciatique.
Les soins consécutifs consisteront simplement en un repos qui, à l’habitude, sera de courte durée.