COMPOSITION DÉCORATIVE
Le romain et V italique de Grasset marquent le départ des créations françaises modernes.
Fig. 145. — Caractères et vignettes de E. Grasset (Peignot Frères, fondeurs).
les caractérisques de l'expression céramique de Galle: « Mise en valeur constante de l'émail « stannifère », superposition d'émaux d'opacités inégales, rapprochement de tons sobres et discrets, parfois le contraste du raffiné avec le brutal, l'application de la gravure à la terre molle ou sèche, »
Nous nous garderions d'oublier, au bout de la matière opaque, les pâtes de verre de MM. A.Dammouse, Ringel d'Illzach, Décorchemont et Henri Cros, ce dernier qui adapta si curieusementla transparence de cette matière qu'il inventa, en France, à la statuaire.
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TRAITE D'ART POETIQUE UNE OPINION sur un Art d'État Dindes ttraiffées, PenJire&iiBîe Sirènes» Enveloppes, ^fc.
1 ~Les créations typographiques de George Âuriol comportent ptus de joo motifs décoratifs et cinq types principaux de caractères: un labeur romain et ita tique, te ChampleVé, ta Française légère, la Française allongée, te Robur noir et allongé.
Fig. 146. — Caractères et vignettes de M. G. Auriol, et une vignette de M. Roubille (Peignot Frères, fondeurs).
Et voici, dans l'enchaînement des fragilités, tandis que Salviati poursuitla manière de l'ancienne Venise, les verres aériens de MM. René Lalique et H. Hamm, les verreries émaillées de M. Maurice Marinot, de M. Goup.y (fig. 136). Les vases en verre coulé et gravé de M. Lalique sont encore des trouvailles de goût,
nous voyous d'ailleurs, le nom de ce grand artiste1; associé non seulement à loutes les expressions de l'art moderne, mais encore au sommet de son inspiration.
N'oublions pas que nous avons placé E. Galle et M. René Lalique avec E.Grasset au frontispice de notre rénovation décorative, mais encore faut-il discerner les qualités purement françaises des deux premiers artistes de celles de Fauteur des Quatre fils Au mon, qui doit beaucoup à son pays d'origine.
Citoyen suisse naturalisé français, E. Grasset arrive à la nouveauté d'expression par les moyens d'une puissance qui confine à de la lourdeur. Il ignore la grâce, et le charme de son œuvre est plutôt rude, tandis qu'au contraire, sans tomber dans la mièvrerie, sans faillir au caractère, E. Galle comme M. R. Lalique représentent notre suavité nationale môme.
Davantage encore que Galle peut-être, M. R. Lalique a incliné vers la douceur, prédestiné par son art rare et câlin au décor de la femme. La forme et la couleur, au bout de son geste, apparaissent galantes, et ses recherches décoratives convergent au boudoir.
M. R. Lalique quintessencie, distille amoureusement le modèle dont il rêve. S'il emprunte à E. Galle sa libellule, il lui prête des ailes encore plus ténues, un corselet plus riche, mais nous ne voudrions point encore aborder le bijou où nous retrouverons le maître-artisan.