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L'ART DÉCORATIF

(£<j^n^$lflgle quelle sollicitude est entou- •> rée cette plante délicate et j\ délicieuse ! Que de jardiniers y qualifiés ou improvisés lui 3 prodiguent leurs soins ! Rien I^^nSTÈS^ ESI ne lui manque : ni le labour profond des comités - ni la serre chaude ou tempérée des Ecoles - ni L'engrais de traités variés - ni la douce rosée des conférences - ni la chaleur d'innombrables articles de Revues ou de Journaux ! Et cependant...

Le caractère ei les vignettes Giraldon offrent

aux imprimeurs une infinie variété d'emplois et de

combinaisons.

Fig. 147. — Caractères et V'gneVes de M. A. Giraldon (Fonderie Deberi y et Cie, Tulen et Girard, Succrs). En-tête ex'rait de La douce France, Plon-Nourry, ed.it.

Pour changer des matières translucides et transparentes, la diversion de la petite ferronnerie et de la dinanderie se présente. Nous allons revoir quelques maîtres ferronniers dans une expression amenuisée où leur fantaisie non- agréera sans faillira la robustesse. Le nom de M. Dufrène nous reviendra ainsi avec des lampes électriques en bronze ciselé et doré à côlé des lustres <d plafonniers de Beltery-Desfohtaines cl de M.Jean Dampt. El ces lampes el lustres sont d'un dessin élégant, d'une silhouette bien neuve, parfaitement réalisés en matière, tout comme ceux de M. Szabo />>/. 131 et 138 . bon ferronnier moderne, el de M. Th. Lambert, architecte-décorateur (culde-lampe du chap. vm .

Et -M. Félix Gillon allie, dans ses couronnes de lumière, lé fer forgé au cristal. El MM. Emile Robert (fig. 139) et E. Brandt, encore de puissants ferronniers, condescendent aussi aux objets familiers auxquels ils prêtent une grâce singulière faite de puissance souple.

Ce sont encore, dans la dinanderie, les beaux cuivres de M. L.-H. Bonvallet (qui donna aussi des modèles fort agréables à^ la verrerie [fig. 140), de MM. Jean D.unand (/?#. 141 et 142) et Gallerey. Les cuivres repoussés et émaillés de M. L. Hirtz, les bronzes émaillés de Mme Ténicheff, les émaux cloisonnés de Mme de Rodinat, les coupes en argent

de M. Edouard Monod-Herzen, les vases et sou-

Fig. 148. — Papiers de garde, par M. G. Auriol (E. Verseau et H. Chachouin, éditeurs).

coupes, jardinières, jusqu'aux plaques de portes, de M. F. Scheidecker.

Productions originales, soigneusement cherchées, fort bien conçues dans la matière et satisfaisant à leur but. Du fer au cuivre, nous touchons à l'étain que les belles créations de Brateau, de MM. Jules Desbois (fig. 143 et cul-de-lampe du chap. iv), Jean Baffier (entête du chap. n et fig. 15), Pierre Roche ont remis en faveur.

A la statuette comme à l'humble pot, Tétain prête sa parure d'argent pâle, la couleur un peu triste de sa matière que la patine modifie et modèle dans une douceur infinie. L'étain semble créé, pour le médium de son éclat mélancolique, entre le soleil du cuivre et l'argent lunaire. Et quelle chanson harmonieuse ces cuivres, ces étains, ces grès, ces faïences et ces porcelaines entonnent, juxtaposant sur nos buffets et nos étagères, non seulement leurs nuances, mais encore leurs formes, leur ventre rond ou carré, leur col apoplectique ou bien élancé où vibre la note complémentaire d'une fleur!

La recherche d'harmonie hante l'art moderne. Une sensation quasi nerveuse préside à sa création. Mais cela n'a rien de morbide, bien au contraire, c'est de la vie aiguë.

Voyez donc la sensibilité des bois sculptés par M. Le Bourgeois (fig. 144) — ces bois qui ne ressemblent à aucun d'autres? Et ceux encore de M. Gallerey ne sont-ils point originalement traités?

Qui niera l'apport du machinisme moderne, lorsque

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Fig. 149. — Papiers de garde, par M. G. Aurioi (E. Verneau et H. Chachouin, éditeurs).

l'artiste sait tirer parti de la curiosité mécanique, de l'outil nouveau?

Il n'est point jusque Ifl vannerie, qui ne puisse confiner au bibelot parfois, sous les doigts de l'artisan ingénieux? Nous eu avou- eu des preuves dans l'art moderne, \ussj bien le bois porta en lui, de par son épidémie et son eq&uf, <l;m- >e> veines comme dans sa chair, l'inspiration lu i > 1 u - ai'iinée.

Nous en ;uriv(»n> ;i M. c.leiueni Mère qui, avec M. Franz Waldralï, concoji «le délicieux bibelots en

bois el CUÎr, en cuir, ivoire el bois dont l;i préciosité

delà matière n 'a d'elle qua l'élégance de la forme.

Ces formes, pourianl. ><»ni js$i}33 «le (a piaule, de la

graine de la Heur, de la Heur elle-mènie. Elles en onl la couleur, la douceur au loimlier. coiiniic le parfum.

Les veinures du bois, son niouelielé. ses nodosités sont autant d'indications poup M. I SJément Mère, pour M. Waldraff, qiji sa complétèrent souvent, dans la rencontre d'un idéalcommun de rareté, de sensibilité, d'amour de la malière.

M. Clément Mère ennoblit le bois simple; il excelle à le faire chanter et, quant aux essences précieuses, il trouve encore le moyen de les exalter. Exotique sans être ni Persan ni Japonais, tel est le bibelot créé par l'artiste dont les petits meubles, les reliures, les étoffes ne sont pas moins subtils. M. F. Waldraff, d'autre part, a fourni de brillants décors à la soie brochée, au velours frappé, et Ton a dit justement qu'une robe dessinée par M. Waldraff, et dont les

boutons seraient dus à M. Clément Mère, réaliserait

Fig. 150. — Papiers de garde, par M. G. Auriol (E. Verneau et H. Chachouin, éditeurs).

une recherche de somptuosité particulièrement har-

monieuse.

* Voici encore M. Hairon, fervent apôtre du bois sculpté etincrustéde matières diverses, el M. II. Il mn ni dont les couturiers se disputent les simples boutons et broches exécutés en série.

Puis, ce sont 1rs bibelots «le M"" Waldeck-Rousseau ei de M" O'Kin, en corne el ivoire; ceux de M. (i. Bastard en corne el nacre< témoignant de recherches ferventes dans lu forme et L'amalgame précieux. Ils associent des blondeurs à (\<^ irisations, des luiàants à de- nuits, des transparences à des opacités en rêvant de chevelures de miel, de chaires idéales que leurs peignes, que leurs bijoux, que leurs éventails s'attachent à flatter.

Nous toucherons maintenant au livre et. avant de procéder à sa reliure, nous parlerons du caractère typographique moderne que E. Grasset />//. 145) et M. <i. Auriol ////. 146), sous l'initiative des frères Peignot, que M. A. Giraldon (////. 147), grâce à M. Deberny, ont réalisé.

Le caractère « Bellerv-Desfontainesles » ornements « Bellery », les silhouettes et figurines « Roubille » et « Carlègle », les ornements « Auriol »,les vignettes « A. Marty », les ornements de Pierre Roy, complètent à la maison Peignot l'intérêt d'une présentation nouvelle du livre auquel ajoute encore l'alphabet composé par M. Giraldon pour la fonderie Deberny et Cie.

M. M. -P. Verneuil a ainsi apprécié les expres-

sions typographiques que nous venons d'indiquer : « L'aspect des lettres de son alphabet (celui de M. A.

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(jiraldon &e différencie tiettemenl de celui dés letih •des deux précédents M M. Graàsel el Auriol . Il esl plus classique en quelque sorte. \<>n pas que j'enlende dire ici qu'il n'apporte pas de franche modernité dans Ba composition. Mais sa beauté esl plus calme el Hoble; ftloitis gras (|Uë lé cafactère Grasset, èl moins fantaisiste que fe caractère Auriol. »

Lés orheatëhts (pu accompagnent le dessin de l'alphabel du cdfàctêrë i Ûfràssel spal «lus a M. Maurice de Lambert doiil le ftionograinitie M. L. se lit notamment sut* dés lettrés ornées^ tileis. Mocs avec figures <»u animaux appartenant à cette série dite néanmoins (Grasset . en raison «l'une conception décorative frifeioftilëë Sôlis lé parrainage évident de l'auteur déS OtuUri^tU Ayntôti.

verroîis-nbùs bientôt le nouveau caractère dessiné pat M. Bernard \audin en vue dune éditioil de François Villon ? Cette omvre il bë caractère devaient Sortir après la guerre qui coûta à leurs éditeurs, les frères Peignol, une mort glorieuse.

Voici donc une vision du livre marquée au sceau de notre époque Elle s'est répandue jusque dans l'impression courante, créant un autre « œil », propageant une disposition inédite aussi, que les vignettes spéciales, que les filets nouveaux, commandent.

Et si le caractère Grasset est d'uneiourde majesté,

celui de M. Auriol témoigne d'une légèreté spirituelle»

Fig. 152. — Reliure, par M. R. Kieffer.

et celui de M. A. Giraldon — accompagné de vignettes ornementales dune vérité naturelle savamment appropriée — joint l'élégance à la clarté.

M. Lucien Vogel, dans la présentation de sa Gazette du Bon Ton, s'exprime moderne avec un goût

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