Y I I MODERN
rare. Il j traite curieusement des arts, modes M frivolités, La collaboration qu'il a bu réunir autour de -<>n idée, noua vaul un champ de documents qui en dit loiiLr sur notre évolution, sur le style «I»' notre mode.
Pio
liijoiix .!<• M i tené Lalique.
Cel exemple entre autres, d'une publication à la Fantaisie, à l'aspecl du jour, vaul par sa hardiesse H son intelligence, mais moins encore que par sa qualité rationnelle. A Pespril nouveau d'un texte, image nouvelle. Le choix d'un format, de l'agrément d'un papier original comme le discernement d'uneformule typographique imprévue, doiveql concourir à l'harmonie logique des mœurs renouvelées d'hier à aujourd'hui.
11 est vrai qu'à coté de cette innovation typographique s'inscrit la singulière restauration de 1 écriture de la fin du xvine siècle, plus exaclement de la Résolution, pour accompagner des images renouvelées
de cette époque — originalement — aujourd'hui...
Fig. 154. — Bijoux de M. H. Vever.
Mais revenons au livre et, en attendant sa parure
i ! - i Y i ! If ODBRNI
de «un. hotis aurons retours encore ft M i>. \uri<>l donl les papiers de farde I 18, I 19 el 150 pout
la reliure el la brochure sont, ainsi que ceux de M Henches, de M ■ M. de Félice el de M. Dobler, d'une charmante diversité ornementale. Sanscomplep que la nuance de ce décor naturel, d'une monotonie langoureuse, inciterai! à elle seule au désir du livre d'aujourd'hui que l'on n'oserait vêtir encore de 1 ** marbrure au peigne «!<' nos père
Puis, nous voici devant les reliures de M. Victor Prouvé 151 «*i aussi «lu graveur original Auguste
Lepère dont l<i n se rattachée toutes les expressions
modernes . El MM. 1» >né Kieffer ftgt 152 , Marius Michel, A. M;uv. de Wafoquier h M Leroj Desri vières encore, parmi tant d'autres théoriciens du cuir, s'attachent ;'i embellir la présentation du livre, à fournir la gaine somptueuse où la pensée de l'auteur sonftneillera. Un pittoresque inédit, né du jeu spirituel de la lutnière sur des recherches d'épidermes de cuir différents qui vaiirnt aussi bien la couleur que le toucher, succède originalement à l'impeccabilité du relieur proprement «lit. D'autant que ce pittoresque n'est point éloigné de résulter souvent, non (Tune gaucherie technique, mais (Tune chaleur du tour de main où l'art échappe a la froideur professionnelle.
C'est ainsi que la matière souple et précieuse du cuir a sollicité de nos jours l'artiste en haine du procéda qui
ne se renouvelle point. La physionomie de la reliure
Fig. 155. — Pent-à-col (coquillage or jaune, algues émail
et petits brillants, pendeloques, chrysoprase et brillants),
par M. H. Nocq.
moderne est toute en son audace de tableau modelé,
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patiné, que rehausseraient au besoin i\*i± gemmes. Elle gît aussi dans celte sobriété qui n'est point <l<» lé platitude.
Nous nous garderions enfin d'oublier le parti élégant el spirituel que Mllei Germaine! <!«' Félice onl aussi tiré du cuir dans le bibelot. Cela encore déroulerait le vulgaire praticien »lonl la matière borne la bea,uté au lieu qu'elle concoure à son expression.
Et la pensée de M. Delaherche bourdonne à nos oreilles à ce propos : Cette coupe légère el menue sera tournée en porcelaine claire et translucide, e1 ce cache-pot robuste sera pétri dans le grès solide et opaque... »
Nous voici maintenant au bijou que M. René Latique /'//. 153 rénovera. G race à lui, le bijou ne vaudra plus exclusivement par le coûl <1<4 la pierre. L'objectif de cherté du bijou ne L'emportera pas su rie souci esthétique. La qualité <lc matière <lc la gemme s'associant, inséparable4 du métal, dans la couleur, l'esprit et la forme.
Le bijou moderne relève donc de la recherche individuelle de l'artiste. Il est unique et porle la marque de son créateur, non plus à l'intérieur de récrin, mais dans sa personnalité même. Massin, enl867, avait indiqué les tendances de l'art dominant a matière où devait triompher M. Lalique qui, au lieu de s'en tenir aux joyaux consacrés el coûteux,
rechercha l'emploi des chrysoprases, des émaux, des agates, du silex, de la corne, du verre même,
Fig. 1 56. — Peni-à-col (argent, coquilles en or. topazes), par M. H. Nocq.
pour réaliser avant tout une harmonie de couleurs et de formes, un ^chatoiement et une caresse in-
connu- jusqu'alors dans l'orfèvrerie et la joaillerie.
Ki cette préciosité inédite où commandent au besoin la perle et le diamant, mais non plus impérativement . esl mouvante par sa conception éprise exclusivement de nature, rêvanl non seulement sur la ligne voluptueuse d'une nudité féminine, mais encore s'efforçanl à exprimer la douceur dé sa chair. Subtilités < I ni se poursuivent dans la traduction du pulpe d'un fruil après la réalisation de sa couleur, dans le symbole de la pensée éperdue au sein d'un nuage opalin.
I n poème brillamfnepl réalisé synthétise cet art aux mille applications, du diadème à la bague, «lu collier à la broche, «In pendentif an peigne, où dorment les fluidités «le l'air <'i de l'eau, toutes les grâces sensuelles «le la matière d'après la nature.
Nous avons mi M. Lalique verrier à côté de Galle, nous apprécierons sa maîtrise encore dans l'orfèvrerie, de même qu'il faut la sous-entepdre unanimement dans le décor raffiné d'aujourd'hui. Nous saluerons maintenant les magnifiques portes dessinées par FI. Tauzin, oùla fragilité «In verre moulé associée à la robustesse d'un fer forgé par M. Emile Robert M. Brandt, vigoureux ferronnier, ne saeriiie pas moins volontiers à îa délicatesse du bijou montre la fantaisie hardie de fyl. Lalique sous un autre jour encore.
Et puis M. Lalique a restauré la plaque de corsage,
créé [le bracelet de manche ; il a embelli encore la femme, tant sur elle que chez elle.
Fig. 157. — Pendentif (émaux et brillants), par M. H. Dubret.
A côté du grand décorateur-joaillier, les bijoux de M. Paul Iribe aux subtiles raretés, ceux de M. Henri Vever {fig. 154), si délicats, alors que ceux de M. Ch. Rivaud sont d'une construction si puissante, moins
cérébraux sans doute que les joyaux de M. Lalique, mais d'un souci technique si prenant, ceux de M. Henry Nocq [fig. 155 el 156 , de M. II. Dubret (///y. 157 el eul-de-tampè du chap. ix) ajoutent à l'excellence du bijou modertoe, revenu de ses véhémences initiales qui le rendaienl Irop « marquant » pour le port usuel, incarnant la parure vivante d'une époque délicieusement réaclionnaire.
Aujourd'hui les arlistessonl descendus dans l'arène et se mesurent directement avec l'industrie dans une pensée de conciliation, dans un amour d'harmonie qui sonl autant de nobles avances. Nous les voyons, les artistes, inventeurs dètt mode, mais associés aux couturiers Bœtiillèt, Poirct, Doucet, Paquin, Callot.
«... Que ne doit-elle pas (la mode) à un Iribe, qui y a introduit la simplicité des lignes et le goût oriental, à un Drian, à un Bakst, à un portraitiste épris de la souplesse et du raffinement des étoffes, comme Antonio de La Gandara? »
Et encore MM. Maurice Bernard et Boutet de Monvel, Brunelleschi, Gosé, Maggie, Caro-Delvaille, Abel Faivre, Georges Lepape, Pierre Brissaud, ne se sont point contentés de fournir des modèles à la couture, ils ont donné de « véritables portraits de robes peints et dessinés », qui représentent la Femme française moderne sous les dehors plus aigus de la Parisienne.
Pareillement le costume de théâtre moderne a été cherché par les Maurice Dethomas (ftg. 158 et 159),
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Drésa, d'Espagnat, Francis Jourdain, de Segonzac, Delaw G. Barbier avec celte même préoccupation
d'harmonie où communient les étoffes, les bijoux el le décor.
Dans l'atmosphère artificielle comme dans la vie, on a tendu, de nos jours, vers la symphonie physique et morale. On a construit le geste adéquat à la pensée, la silhouette solidaire du fond. Préoccupations délicates et ingénieuses où le charme intellectuel se développe devant l'image qui prend plus étroitement corps.
Et. le grand magasin — témoin l'atelier « Primavera » au Printemps — a suivi le mouvement de la personnalité ressortissant à la moindre création, de même Y « Atelier français », Y Association des toiles de Rambouillet et la Gergovia, ce dernier groupement voué aux dentelles charmantes.
Mais la rêverie enclose en un chaton de bague, nous détourna de l'orfèvrerie qui s'enchaîne au bijou lorsqu'elle ne fait pas corps avec lui dans le chant de la matière précieuse.
Nous célébrerons donc la conception nouvelle quoique encore classique des grandes maisons Falize, A. Aucoc, Boucheron, tandis que chez M. Cardeilhac, les argenteries de M. Bonvallet (cul-de-lampe du chap. ii) se réclament nettement de l'art moderne, et que chez MM. Debain et Gaillard encore, les artistes modernes sont très en faveur. Le goût sûr de la maison Ghristotle, d'autre part, poursuit ses suc-
ces passés, orientés par M. R. Rozel, Larroux, Roty,
ce
Joindy, etc., dans le gotït du jour — sous l'appellation Gallia, et M. G. -Roger Sandoz [fiff. 160) exé-
ciiicr;» l'épée <!<> M. Roujon, a ;a lémicien, d'après M. Edmond Becker, H M. Falize, de même, cisèlera officiellement lel Autre glaive aussi riche qu'inutile...
Le précédent, cette fais, d'un sabre à poignée de nacre el d'ivoire destiné par I. David pour... Robes pierre el sur sa drmandr. m^i point à invo picr...
MM. G B . s .- 1 1 1 1 1 * » y. el I ;»li/«' i^|>r«'-(Miicni h» grande tradition français* avec \q$ Pousaielgue Rusaud, les Armand Callia.ti Mur d$s artiates comme Corroyer, Camille Lefèvre, Geuuys, etc., poursuive^! el r<;novenl dignement
Les brûiuea de M. Héferard, enfin, exaltés notammenl par M. lin— <>n /*.■■ IW , &*aJQUtettl «» cette brillante fabrication, oij, eu collaboration avec des artistes souvent .'uionvmc-, hélas! |f piatière sortie de la routine bouche une Maison.
Après avoir sépara les artistes désireux de beaucoup de gloire el «l Un peu d'argent • des industriels
• uhailanl firauroup «lardent et un peu de gloire, généralement du nmin> . M. lia ni/. - .l< »ui'«lciin. s il ne partage pas l'irritation de Partiale s i--à-\ i- de [industriel refusant un modèle ou trop enùleux a réaliser ou techniquement irréalisable, accuse de déni de justice l'industriel refusant de donner les noms de ses collaborateurs « ... Je reconnais que cette question de l'a signature est extrêmement délicate; sans pousser i\ ce sujet le scrupule jusqu'à faire figurer, dans un cala-'
logue d'exposition, le nom de l'éléphant qui a, sans
Fig. 160. — VÉcueil vaincu, par M. Louis Bottée
(pierre précieuse, or, argent, bronze, ivoire et coquille.)
(M. G. -Roger Sandoz, orfèvre).
enthousiasme d'ailleurs, abandonnées défenses pour
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fournir Ti voire nécessaire à une œuvre décorative, il serai) assez Facile d<- procédera un choix méthodique permettant de dévoiler au public les collaborateursdii labeur commun.. Et, à propos «lu droit d'auteur, dont il espère l'extension à un papier peint, ■ < un ser \ ice de table, à un meuble, etc. M . P. -Jourdain s'écrie non moins généreusement , . Le temps esl passé où Daniel de Fo€ vendait 350 francs son immortel
à un éditeur qui gagnait une fortune scan daleuse avec ce chef-d'œuvre, et nous ne reverrons plus un Murger abandonner en toute propriété, pçur .">n<> francs, la Vu B
Mais nous avons «M que plusieurs industriels déjà s'honoraient de célébrer à côté d'eu?, nominalement, leurs collaborateurs et, après avoir formé «I»'- vœux pour l'institutiop du droit d'auteur qui scellerait -i légitimement l'accord d<* l'art et du capital, nous terminerons le chapitre de l'orfè^ rerie en citant les créât ions isolées «le M. Bourgouin /'//. 162 et 165), de M1" I». Cazin fig. I66et 16*3 . de M. E. Monod-Herzen déjà nommé, dont les bijoux en argent repoussé sont empreints aussi «lune saveur captivante, de Carlo Bu- ^•atti, de M. A. Fischer dans l'orfèvrerie religieuse.
On n'en finirait point de noter, encore, la transformation de l'objet usuel, depuis le pommeau de la eanne jusqu'à la garniture du sac à main et la monture de l'éventail. Et puis, s'il entre incontestable-
ment de l'art jusque dans la construction d'une machine à vapeur, dont la forme est plus ou moins
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Fig. 161 . — Grande vasque (musée des Arts décoratifs)
cuivre, argent et or, par Husson (A. -A. Hébrard, fondeur)
(cliché E. Druet).
belle, comment ne pas souscrire aux progrès esthétiques de la carrosserie automobile ?
N'oublions pas que larchitecte-décorateur a tout modifié autour de lui, dans son « home », dans son
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studio », el que le marteau de sa porte garde IVmpreinte de 3a main comme la béquille de son jonc, comme sa Panhard es) ou sérail tapissée à la nuance de spn Ame.
Son IhMcI lui lirui |ieu (Je Scierie, d'exposition, do
■ I». ai tique ■ . cl in.ih I a v i.ii- vu SÇ présenter parmi des
groupes de iiK'ulilin •-.
San- re\enir -ur le i vpr< »ciie que mai- adressâmes à celle atlitmle de laili-le el de 1 indu-triel. plulol dôS à dos que la main dan- la main, non- constaterons avec re-ivl i|iie le <■/,',■,//. à la fa\eurd un malenlemlu. n'e-l l'ih'inv \eiui le |ilu< -oil\enl à l";irl isl f» mOderne que -<ui> le- delnu- de Mécène.
La comtesse de Bé^rq, \IM siem. Rouché, Fenaille, Denys Cochin, llenn Bataille, entre autres, ont noblement encour^g^ un arl d'exception.
Or, c'e-i dans la vulgarisation «lune beauté économiquement sélectionnée, non confusément ambiante, non exclusivement précieuse, <|ue leur <euvre fleurira pour avoir souri largement.
I)e même pour le jouel rénové par nos a il isl es dans la tradition française, son luxe le vouerait à la vitrine. alors que sa confection courante et naïve — qui n'exclut point son i^oùt — lui donne partout accès. C'est ce qu'ont parfaitement compris M M. André Hellé et Carlègle [fig. 168) après Caran d'Ache, aux animaux si cocasses que M. Réalier-Dumas exprima
avec non moins de cocasserie, et aussi M. Le Bourgeois, assisté de MM. Jaulmes et Rapin, substituant à la « camelote » allemande, au hideux joujou en pe-
Fig. 162. — La Couronne du Sacré-Cœur, par M. E. Bourgouin.
luche, de Munich, comme au perpétuel chalet suisse, leurs modèles bien de chez nous, par l'esprit et la facture.
Mais on a sérieusement envisagé — sinon déjà so-
STYLE MODKHNK
lutioniié — ces questions d'expansion el d!adaptalion, el au chapitre suivant, nous examinerons les devoirs complémentaires de l'Étal h l'égard <l<' l'efforl artistique <l<k noire temps.
Bracelet, fragment 'émaux translucides
or et brillants), par M. H. Dubret.
Berger, par M. E. Nivet (cliché J. Dorsand).