LA DIÎCORATION ET L ESPRIT ORNEMENTAL
FiG. 58 — Chambre à coucher de Louis XIV (Palais de Versailles).
chule de laurier également, descend verticalement sous le masque.
On remarquera, en passant, que ce chapiteau est plutôt plat et carré, ce qui permet, au cas présent, déplacer sur ses côtés, deux têtes de satyres soutenant le départ de la volute, en haut; satyres dont la basefeuillée est enlacée par les guirlandes de laurier dont nous avons parlé.
A noter aussi, parmi les motifs typiques du style qui nous occupe, le lambrequin et la corne de bélier, cette dernière plus ou moins stylisée; sans oublier, sur les armoires, le mode de sculpture en pointe de diamant, au milieu et aux angles; l'innovation enfin, des pieds en toupie sous les meubles au corps peu élevé. Il reste beaucoup d'autres marques distinctives à signaler dans le décor en question, mais nous nous réservons de les distinguer, pour ainsi dire, d'après nature, c'est-à-dire d'après l'objet — l'expHcation détaillée de nos gravures poursuivant essentiellement ce but de parer aux oublis comme d'ajouter encore à la compréhension générale.
Pour l'instant, nous appelons l'attention sur des motifs dominants, auxquels il nous tarde d'ajouter le suivant. On observera souvent, en efîet, dans la terminaison d'un développement décoratif, un motif formé du croisement de deux volutes d'oii tombe en mourant, à la base, de très fines fleurettes. Ces vo-
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Iules assez fortes, sont souvent aussi, réunies, à leur extrémité, dans une capsule de feuillage [fig. 69}.
FiG. 59. — Chambre de Louis XIV, aspect de droite (Palais de Versailles).
Un autre signe ornemenlal du styleLouis XIV, par exemple au milieu des montants d'une armoire : trois circonférences formées par Tenlacement de lianes
prenant gracieusement leur liberté végétale, à chaque extrémité. Les trois circonférences, d'ailleurs irrégulières, sont meublées de crossetles juxtaposées, de feuilles régulières, etc. {fig. 26).
Mais nous dirons, au chapitre du meuble, d'autres particularités décoratives, telles que la forme carrée ou rectangulaire des consoles et pilastres aplatis, l'usage des gaines où disparaissent les corps des personnages; sans oublier tant d'autres manifestations personnelles indiquées par le genre d'un Boulle, associant des matières riches finement découpées à des rinceaux menus, attirant l'attention tant par la couleur de récaille blonde ou brune que par Féclat de l'étain ou du cuivre. Nous insisterons enfin, sur la symétrie du décor, en général — symétrie des axes autant que de l'équilibre des volumes.
Cependant, lorsque Louis XIV, au déclin de son « héroïsme », cédera à Tinlolérance de M™^ de Maintenon; lorsque « Sa solidité », comme le monarque appelait sa royale épouse aux heures graves, imprimera à la vie de cour « l'exemple de sa dévotion méticuleuse, une austérité inattendue et quelque peu artificielle », par un contraste singulier, à moins que ce ne soit un effet de l'artifice, l'art commencera à se délasser de toute sa contrainte.
Et, pour ne parler que de la tendance décorative, le crépuscule du Roi Soleil devancera les libertés orne-