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la vasquine passait la vertugale (ou vertugadin, bourrelet garnissant les hanches et entlant l'ampleur des jupes de taffetas blanc, rouge, tanné, saumon, gris, etc).
Au-dessus, la cotte (robe de dessous posée sur le vertugadin) de taffetas d'argent, faite à broderie de fin or entortillé à l'aignille, ou bien, selon que bon leur semblait et conformément à la disposition de l'air, de satin, damas, velours orangé, tanné, vert, cendré, bleu, jaune clair, rouge cramoisi, blanc : de drap d'or, de toile d'argent, de cannetille,
FiG. 110.
Chaise.
de Ijioilerie, selon les fêles. Les robes, suivant la saison, de loile d"or à frisure d"argent, de satin rouge couvert de cannelille dor, de taffetas blanc, bleu,
noir (les couleurs noire et blanche étaient les préférées de Diane de Poitiers), tanné; de serge, de soie camelot, de soie, velours, drap d'argent, toile d'argent, or tiré, velours ou satin pourfdé d'or en diverses portraitures.
« En été, quelquefois, au lieu de robes, elles portaient belles marloltes (demi-robes ouvertes ou casaques ouvertes par devant, plus courtes et plus légères que la robe) des étoffes susdites, ou des bernes à la moresque (marlottes sans manches, variété du vêtement courant appelé « corset ») de velours violet à bordures d'or sur cannetille d'argent ou à filet d'or, garni aux rencontres de petites perles indiennes. Et toujours le beau pa-
FiG 111.— Fauleuil.
LE COSTUME
nache (bouquet de plumes d'autruche qui servait d'éventail en été et d'écran en hiver) selon la couleur des manchons (^ou manches postiches). Les manchons tels que nous les entendons aujourd'hui étaient en velours noir ou brocart doublé en fourrure noire de loup-cervier, de martre de Calabre et une fermeture de bouton d'or ou autre joaillerie ornait leur extrémité. On les appelait « contenances » (ainsi que de petits miroirs, flacons à parfums, clefs, et autres menus objets comme le panache susnommé), que la main caressait pour se donner une contenance, sous François P'. Ces «contenances » étaient soutenues par de longues chaînes d'or, chapelets ou cordelières dits « patenôtres » et descendaient jusqu'aux pieds ; manchons en velours ou brocart doublé de fourrure et dont les extrémités étaient closes par des boutons d'or (ou
FiG. 112.
Chaise.
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autre joaillerie^ bien garnis de papillettes d'or. « En hiver, robes (ou vêtement de dessus, taillé en carré et assez décolleté sur la poitrine, couvrant le corsage et s'ouvrant en pointe à la taille , où apparaissait seulement la cotte, comme une redingote.
Les manches de la robe s'arrêtaient à la saignée, Se retroussant largement pour retomber en manière de sacs, sous le coude.
Le bras était protégé par la chemise qui s'évasait en manchettes, au poignet, et tout le parcours du bras était coupé de manchons ou brassards — que François Rabelais appelle des bracelets — reliés les uns aux autres par des rubans de taffetas de couleur comme dessus, richement fourrés. ' Les patenôtres, anneaux, jazerans (chaînes de cou), carcans (colliers) étaient de fines pierreries, escarboucles, rubis balais, diamants, saphirs, émeraudes, turquoises, grenats, agates, perles, bérils et unions d'excellence.
FiG. 113. — Dressoir.
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« L'accoutrement de la tête était selon le temps : en hiver à la mode française (Diane de Poitiers enveloppait son opulente chevelure dans une coiffe d'étoffe somptueuse bordée de deux rangs de grosses perles et ^rodée de pierreries et, auparavant, la reine Claude également se coiffait à la française, avec templettes ou oreillettes, et chaperon, suivant la mode du temps de Louis XII) ; au printemps, à l'espagnole (c'est-àdire le chapeau de feutre et plutôt une toque posée sur des cheveux en bandeaux) ; en été à la turque (sans doute à la toscane, sorte de calotte souvent en velours, grillagée d'or et entourée d'un bandeau de pierreries, tandis que le bonnet italien, comme celui que portait la
FiG. 114. — Armoire à deux corps.
reine Éléonore, consistait en une simple toque sans garniture, hormis un trophée de plumes et une agrafe de joaillerie dite « enseigne » que l'on plaçait sur la tête en Tinclinant légèrement); excepté les fêtes et dimanches où elles portaient accoutrement français, parce qu'il est plus honorable et sent mieux sa pudicité matronale. »
FiG. 115. — Bahut.
Avant de passer à l'étude du costume masculin qui, sous la plume de François Rabelais encore, nous renseignera en toute saveur et exactitude, nous compléterons rénumération et la description des atours féminins.
Dans la coiiTure, une orfèvrerie légère, des perles et autres pierres précieuses se mêlent à des résilles d'or. La belle Ferronnière coiffée à Titalienne, rejetle
LE COSTUME
FiG. 116. — Ensemble Renaissance (Musée Jacquemart-André).
sa chevelure en arrière à l'aide d'un ruban enrichi de pierreries qui s'enroule autour de la tête, laissant pendre sur le front, au milieu, un joyau. Sous François 1''. la coifTure principale est un bourrelet, une sorte de couronne chevauchant en arrière sur une calotte de velours où s'entrecroise un treillis d'or et de perles. L'infortunée veuve de François II, Marie Stuart, donnera enfin son nom à une coiffure en raquettes, en poire, soutenue par une armature qui rehaussait ses cheveux relevés en racines droites et mis ensuite en spirales autour de la tête.
Voici de clairs manteaux de cavaliers dans lesquels s'enveloppent les femmes au cours de leurs chevauchées équestres ; voici des gants brodés d'or, somptueusement décorés ; voici des éventails en nacre de pei^le — celui que Marguerite de Valois offrit à la femme d'Henri III ne coûta pas moins de 1.200 écus; voici naître l'ombrelle, sous Henri II, et Catherine de Médicis, au déclin de sa vie, appuiera sur une haute canne sa marche chancelante ; voici l'essor de la lingerie et de la dentelle favorisé par cette même reine dont l'auguste époux lancera la mode des fi^aises importée d'Italie ; voici enfin que s'ouvre en France lère des parfums, et la vanille, le genêt d'Espagne, le musc, embaument de préférence.
En attendant que nous complétions ces notes par une impression générale du costume féminin particu-
LE COSTUME
TZ'à
FiG. 117. - Armoire à deux corps (Musée du Louvre).
lière à l'époque de Henri II, nous poursuivrons notre matière par Texamen du vêtement et de la parure masculins.
Mais auparavant, nous rêverons un peu sur le singulier mélange de grâce et de perfidie que le costume merveilleux de la Renaissance nous révèle. La dague empoisonnée, cette dague admirablement ciselée par quelque Benvenuto, se glisse sous le pourpoint de soie. N'oublions pas que c'est du règne de François P"" que date Tintroduction un peu barbare des armesdans la toilette. César Borgia inventa des poisons moins subtils que ceux dont le parfumeur de Catherine de IMédicis, René, imprégna les gants destinés à Jeanne d'Albret, Tinfortunée reine de Navarre, et une larme mortelle dort encore au chaton de tant de jolies bagues de femmes !
Aussi bien l'astuce italienne que le vainqueur de Marignan tenait de Louise de Savoie, sa mère, semble hanter ces sourires et ces froufrous derrière lesquels s'abritent tant de noirceurs.
Reprenons enfin le texte de Rabelais qui nous éclairera, maintenant, sur le costume des hommes, au temps de François P^
« Les hommes étaient habillés à leur mode : chausses (ou hauts-de-chausses. Les chausses, qui deviendront au xviiie siècle une culotte, puis le pantalon, furent généralement étroites jusqu'au règne de François P*"
LE COSTUME
FiG. 118. — Armoire àdeux corps (Château de Fontainebleau).
et de plus en plus larges jusqu'au règne de Henri III, suivant les modes venues d'Allemagne et aussi d'Orient), pour les bas (ou partie des chausses qui couvrait la jambe) d'étamet ou de serge drapée (sorte de mérinos), en écarlate, migraine, blanc ou noir; pour les hauts, de velours des mêmes couleurs.
FiG. 119. — Coffre.
OU bien près approchant; brodées et déchiquetées selon leur invention ^il y avait toutes sortes dehautsde-chausses, balafrés, tailladés, par les ouvertures desquels sortaient de la toile, du satin, etc.). Le pourpoint (corps de vêtement court sous François P*" avec ou sans basques; sorte de gilet s'attachant dans le dos, laissant apparaître à l'encolure une chemise froncée que l'on apercevait aussi sur la poitrine à travers les crevés et balafres) de drap d'or, de velours,
LE COSTUME 233
salin, damas, talTetas des mêmes couleurs, déchiqueté.
FiG. 120. — Armoire à deux corps (Musée du Louvre). brodé et accoustré à l'avenant, les aiguillettes (qui
attachaient les chausses au pourpoint de soie des mêmes couleurs, avec les fers d'or bien émaillés.
« Les saies ^sorte de tunique ouverte en pointe jusqu'à la ceinture où une jupe à tuyaux s'évasaitj et chamarres (veste longue et très ample formée de
FiG. 121
Bas d'armoire.
bandes de soie et réunies par un galon de drap d'or, drap d'argent, velours pourfîlé à plaisir,
« Les robes autant précieuses que celles des dames. Les ceintures de soie, des couleurs du pourpoint. Et chacun la belle épée au côté, la poignée dorée, le fourreau de velours de la couleur des chausses, le boutd'or et d'orfè";rerie. Le poignard de même. Le bonnet de velours noir, garni de force bagues et boutons d'or: la plume blanche mignonnement partagée de pail-
LE COSTUME
FiG. 122. — Armoire à deux corps (Style Henri II).
lettes d'or, au bout desquelles pendaient en papillettes beaux rubis, émeraudes, etc. m
François I" sur sa chevelure très courte par devant et lombant en larges boucles sur les épaules en arrière et sur les côtés, porte un chapeau à bords rabattus, témoin le portrait du Titien. Mais, à la suite d'un accident, le roi ayant été obligé de raser ses cheveux, les courtisans l'imitèrent, et de là date Tusage de porter les cheveux courts auquel Henri II et ses fils se conformèrent par la suite. II est à remarquer que pendant tout le moyen âge, la Renaissance et jusqu'au milieu du xvii^ siècle, la coupe des cheveux varia, mais qu'il ne fut pas question de postiches.
Passons maintenant au costume de la femme sous Henri 11. La réforme va assombrir d'un voile noir Farc-en-ciel précédent. Dès 1549, le roi se montra hostile au luxe, et la qualité comme la couleur des étoffes sont déterminées selon chaque classe de la société. Le cramoisi est réservé aux princes et princesses pour le costume complet, tandis que le reste de la noblesse n'a droit à cette couleur que pour une seule pièce du vêlement et que toutes nuances hormis le rouge, si ce n'est le rouge éteint, sont tolérées au peuple. C'est l'heure des édits et des prescriptions, des querelles somptuaires et religieuses.
La robe des femmes, si gracieusement décolletée sous François I'', va devenir montante et moins large