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LE PAVSAGE I 97
n'y dure pas; et, à la minute même qu'elle y sourit, elle se mêle du regret de ce qui bientôt disparaîtra. La brièveté des minutes heureuses est trempée de larmes.
Ces paysages pathétiques sont rares dans l'œuvre de Ruysdaël. S'il fut habile — et certes il le fut — à noter exactement l'heure et le moment, du moins a-t-il trouvé plus de charme aux paysages qui demeurent immobiles dans leur chagrin : ceux-là ne sont pas décevants.
La grisaille du ciel atténue la vivacité des reflets. Le ciel répand une lumière calme et douce, qui n'offusqué rien, qui laisse aux divers objets leur réalité. Constatation poignante : les choses sont ainsi, exactement ainsi; il serait vain d'y vouloir rien changer ou de croire quelles pussent être différentes de ceci. Les jeux de la lumière suscitent l'illusoire apparence; tandis que cet éclairage modéré semble véridique.
La nature, dans l'œuvre de Ruysdaël, est morne avec placidité. Voilà, dit-elle, ce qui est ; ne cherchez pas de prétextes vains à des fantaisies de cœur, d'imagination, d'espérance; attristez- vous et ne faites pas de bruit.
Un grand silence emplit ces tableaux, un silence persuasif, et je ne dis pas consolant mais calmant. Un silence frais, humide. La nature, qui sait le dernier secret de tout, conseille de ne pas s'irriter. Solitude ; dernier refuge de tristesse judicieuse. Des arbres meurtris, dont la chair rouge saigne; des nuages déchirés... Emouvante nature, — et silencieuse !...
Assoupissement monotone dans la détresse du cœur ! La paisible et dolente nature l'enseigne... Seulement, il a aussi, ce cœur, des tumultes profonds qui le secouent! Et la nature a ses tempêtes. Contre les digues de Hollande, Ruysdaël sait jeter l'impuissante mer, agitée jusqu'en ses abîmes, tourmentée de remous terribles, qui ne sait plus où elle va et qui finalement tourne contre soi sa furie. Chavirera-t-elle les bateaux?
De droite cl de gauche ils roulent; ils menacent de se coucher sur le liane : les engloutira -t-elle ? Comme ils lui résistent impudemment, bien qu'ils cèdent à son va-et-vient ! Leur visible mobilité, la mollesse et la force de ces flots déchaînés, la tempête qui est dans l'air : un- chef-d'œuvre. Et Ton sent que cette meren folie s'apaisera, que le calme reviendra s'appesantir sur le paysage ému momentanément, — et que ces colères de la nature et du cœur sont une grande vanité!
C'est à des idées de ce genre que la peinture de Ruysdaël doit sa poignante beauté. Je ne sais si jamais peintre a doué La nature de sentiments plus variés, plus âpres et plus beaikx. Une grande âme de douleur et de stoïque désespoir s'est réalisée en ces paysages souverains.
Revenons, un peu plus tard, en France.
Poussin est mort; et mort son siècle. Le Grand Roi vit encore. Mais il est devenu le vieux Roi; il règne, mais ce n'est plus lui qui anime l'esprit du temps. Cette majesté, cette solennité qu'il conférait naguère à toute la pensée française, eh! bien, a fini par lasser. Avec les ans et sous la digne influence de la Maintenon, il s'est montré de jour en jour plus austère, au point de paraître bientôt un peu renfrogné. A mesure qu'il vieillissait, le royaume ne vieillissait pas. Une jeunesse était née, en ce pays, qui dédaigna cette férule et fut jeune avec désinvolture. Louis XIV achève de régner; mais le dix-huitième siècle prélude comme si Louis XIV était mort une bonne quinzaine d'années plus tôt.
Autre temps, autres mœurs. El les mœurs du dix-huitième siècle commençant, élégantes, gaies, frivoles, ont tout de suite trouvé leur peintre et leur poète en la personne de W atteau : de
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quelle manière il les a vuesel traitées, idéalisées, nous le dirons ; niais l'àme de celle époque, il l'a tout de suite attrapée. Tout de suite, et avec lant de promptitude, en vérité, qu'on se demande s'il n'est pas en avance un peu. La soudaineté de son génie étonne. Si souvent, les artistes sont en retard ! Si souvent une idée talonne, hésite et cherche avant de rencontrer son expression parfaite! Presque toujours elle ne se réalise dans 1 art qu'à la veille de décliner.
Mais Wattean survient et le voici maître de son idée, maître de soi. Ce qu'il y a peut-être en lui de plus extraordinaire, c'est la facilité géniale avec laquelle il se dégage du passé. On croirait qu'il ignore le passé ; on croirait qu'une ère d'oubli total s'est écoulée entre ses devanciers — non ses précurseurs; ses prédécesseurs seulement — et lui. 11 n'a pas fait effort pour rompre avec les traditions antérieures; du moins, on n'aperçoit dans son œuvre aucun effort : simplement, avec la spontanéité du génie, il inaugure ce que rien ne préparait, ci' que rien ne faisait prévoir. Les Italiens de la Renaissance, qui ont pesé si lourdement jusque-là, ne le gênent pas. Il a raté le prix de Rome : bonne affaire et qui sans doute le préserva des influences redoutables!
Ce ne sont pas les maîtres qu'il eut qui l'expliquent.
On ne voit pas trop ce qui le destinait à être ce qu'il lut. Quand on essaye de rendre compte des origines de son art, il faut qu'on en arrive à constater ce point de départ mvslérieux : son génie. C'est, comme parlent les théologiens, la grâce, un don gratuit.
Ce peintre de la vie raffinée, cet évocateur délicat des sentiments les plus subtils, est le fils d'un couvreur de Valenciennes. Il n'avait ni argent ni loisirs ni rien de ce qui favorise la culture spirituelle. Un barbouilleur de l'endroit lui donna les premières leçons; mais, en 1702, ce barbouilleur, chargé de
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quelque besogne afférant aux décors de l'Opéra, emmène avec lui à Paris ce jeune homme de dix-huit ans. Et puis un Mettayez qui, sur le pont Notre-Dame, vend des copies et, en somme, de la peinture emploie Watleau, l'aide à gagner au jour le jour sa vie. Et puis Watteau retourne à l'Opéra, où l'appelle Gillot qui a la « conduite des machines, décors et habits » de ce théâtre. Et puis enfin, je ne sais s'il convient de dire que Watleau fut l'élève d'Audran; mais il fit avec Audran des dessus de portes, des panneaux décoratifs, etc.
Voilà les débuts de AYatteau, jusqu'au jour où Y Embarquement pour Cythère lui ouvre les portes de l'Académie, comme « peintre des festes galantes ». D'où lui est venue l'inspiration? De lui même ; toutefois, on peut considérer qu'il dut quelque chose à cette fréquentation de l'Opéra que lui offrirent les circonstances. Ballets, mascarades, carnavals jolis que les comédiens et les chanteurs d'Italie avaient importés chez nous, éveillèrent peut-être en lui l'idée de ces agréables fêtes, mêlées de musiques et dont un ingénieux éclairage révèle la douceur parée et costumée, l'idée surtout de cette fantaisie où les réalités se perdent en allégories charmantes...
Mais, c'est assez le chercher autour de lui. Quel il fut, — ou. en tout cas, apparut, — le témoignage des contemporains le dit.
Un petit homme et de santé chétive ; il mourut à trente-sept ans, des poumons. Son caractère? « Inquiet et changeant », raconte Gersaint qui l'a bien connu et qui l'appréciait ; «entier dans ses volontés, libertin d'esprit mais sage de mœurs, impatient, timide, d'un abord froid et embarrassé, discret et réservé avec les inconnus, bon mais difficile ami, misanthrope, même critique malin et mordant, toujours mécontent de luimême et des autres et pardonnant difficilement ». Est-ce là le peintre des fêtes galantes? Impossible de le confondre avec un
WATTEAU. — Le Faux Pas.
galanlin ! Comme il ne ressemble guère à ses jolis personnages . de si exquise urbanité, de si Facile commerce ! Comme il n'a pas du tout l'air prêt à s'embarquer pour Cythère!...
Le comte de Caylus, protecteur et ami de Watteau, lui a consacré des pages fines et attrayantes, où j'aime en particulier ces quelques lignes. Le tour en est parlait et je les crois assez profondément révélatrices : « Jouissant d'une agréable réputation, il n'avait d'autre ennemi que lui-même et certain esprit d'instabilité qui le dominait... » C'est ^inquiétude, que Gersaint signale; et Caylus en donne cet exemple amusant : « Il n'était pas sitôt établi dans un logement qu'il le prenait en déplaisance. Il en changeait cent et cent fois et toujours sous des prétextes que, par honte d'en user ainsi, il s'étudiait à rendre spécieux... » Caylus ajoute : « Là où il se fixait le plus, ce fut en quelques chambres que j'eus en différents quartiers de Paris, qui ne nous servaient qu'à poser le modèle, à peindre et à dessiner. Dans ces lieux uniquement consacrés à l'art, dégagés de toute importunité, nous éprouvions la joie pure de la jeunesse... Je puis dire que Watteau, si sombre, si atrabilaire, si timide et si caustique partout ailleurs, n'était plus alors que le Walteau de ses tableaux, c'est-à-dire l'auteur qu'ils font imaginer, agréable, tendre et peut-être un peu berger ».
X'est-elle pas saisissante, en vérité, cette transformation du tout au tout, qui change en un berger galant ce Watteau si atrabilaire et misanthrope dans l'ordinaire de la vie. Certes, l'accord exact du caractère et du talent, de l'âme d'un artiste et de son art est bien excellent à vérifier: l'art émane de cette âme naturellement. Mais la stricte séparation de l'art et de la vie n'est pas un signe moins frappant, un indice moins sûr, quand elle a cette netteté rigoureuse et comme cette rudesse un peu brutale.
Si Watteau ne fut pas contents des réalités, c'est peut-être qu'il eut pour cela ses raisons; et qu'il en soit juge : tout l'optimisme qu'on oppose au pessimisme de quelqu'un n'est persuasif aucunement. Bref, il rompit avec les réalités. Non qu'il si- lance dans la chimère fantasmagorique. Gomment faire? Du rêve où l'on se plaît, il faut bien qu'on emprunte les éléments aux; réalités... Watteau se réalise un monde illusoire et charmant de galanteries mélancoliques; et les amours qu'il a connues, il les transpose au gré, je ne dis pas de son souhait, mais de son âme. Il en supprime les vulgarités, non les tristesses ; et, s'il les embellit, il n'en dissimule pas l'intime douleur. Il les idéalise ; j'entends qu'il peint l'idée même de l'amour et non quelques scènes épisodiques : il peint son idée de l'amour, où se résume toute la poésie de la ferveur, du désir et du regret.
Et que devient le paysage? Un décor de fêtes galantes. Il environne la rencontre des amants. La nature complice a de belles retraites pour les amants, et elle enveloppe d'ombre tutélaire leur tentative d'être heureux, et elle s'accorde complaisamment avec leur pensée recueillie, douce, éprise de beauté.
Il ne s'agit point ici de pittoresque ni de singularités ou de magnificences. Les bizarres et les sublimes aspects delà nature demeureraient inutiles et quasi absurdes un peu, autour des amants que seul occupe leur amour. Les amants ne veulent autour d'eux qu'une nature douce, discrète et jolie, où rôde une atmosphère de tendresse et de volupté; jardins et parcs ornés de mythologiques statues, bassins d'eau limpide où le soir se mire, ombrages silencieux.
Les paysages de Watteau n'ont pas une existence séparée des fêtes galantes qu'ils encadrent. Et souvent ils sont réduits à peu de chose; quelquefois, au contraire, ils s'étendent très loin. 1res profondément.
Notons l'admirable ciel crépusculaire de Jupiter et Antiope,
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un ciel d'après le coucher du soleil, vert émeraude el strié par endroits de jaune rosé; le ciel bleu paon du Faux pas, où se profilent des feuillages sombres et indécis; le ciel azur el blanc de Gilles...
Ce petit tableau que l'on intitule Scène de bergerie ou Pastorale, traite, Ton dirait, à la preste manière d'une fresque, est nn ravissant el clair paysage de beau temps : lumière pure, diaphane où se dessinent avec netteté les détails des objets, où se marquent vivement les couleurs et le contour de leur masse ingénieuse.
Mais une bien autre merveille est cette Assemblée dans un pure. Le soir calme et doux achève une divine journée. Les verdures s >nt pleines d'ombre et il y traîne cependant encore de la lumière éparse et diffuse qui, au bord extrême des épaisses touffes, prend des tons roux et mordorés. L'eau bleue et noire d'un étang s'immobilise, pensive et silencieuse. Tout ce qu'a de fraîcheur, de calme, de sagesse et de rêverie apaisée le soir est là, épanoui clans la sécurité du lieu. Les voix chuchotent, confidentielles, on le devine; les attitudes sont langoureuses; et l'allure des promeneurs a soin de ne pas déranger l'universelle harmonie.
L' Embarquement pour Cyt hère émeut, trouble et séjourne dans la mémoire comme un parfum, comme une musique infiniment pénétrante, décisive, comme un charme qu'on subit et qu'on aime à subir et auquel on s'abandonne.
Tout y conspire au même effet, prenant, complexe, doux. Je ne sais pas d'œuvre d'art où l'idée soit mieux rendue, — d'œuvre d'art plus parfaite, si l'on appelle perfection cet accord souverain de l'idée et du langage qu'elle s'est trouvé. Gomme l'idée est ici d'une incomparable poésie, que chercher encore?...
Et j'adore, dans ce tableau, la pureté de l'art. Voici vrai-
ment une chose française, qui ne doit rien à aucune influence étrangère, qui est née chez nous de la plus délicate émanation de L'âme française, comme spontanément. Celle image de l'amour, un artiste d'ailleurs ne l'eût pas inventée, ni non plus un artiste d'une époque plus ancienne. Elle n'est pas gauloise, ni septentrionale, ni méridionale; et ni les Germains, ni les Anglo-Saxons, ni les Italiens ne sauraient y apercevoir la qualité de leur désir. Ce n'est pas l'exubérance des uns, le mysticisme des autres... Comment définir cette nuance très particulière de l'âme française? Il suffirait de regarder le tableau.
L'heure est charmante: la fin d'un bel après-midi, la minute exquise et furtive qui précède le crépuscule. Toute la lumière qui s'est pendant le jour accumulée s'épanouit en blondeurs tièdes. Les ramures qui bientôt s'appesantiront dans le silence nocturne, sont encore remuantes et frémissantes; des souffles y jouent. Une statue émerge, plus blanche qu'au grand soleil. Au lointain, sur l'eau où l'île se devine, dans l'atmosphère calme, errent des buées presque transparentes qui laissent voir les horizons et seulement les teintent de mystère. De mystère agréable et non effrayant; les collines et les rochers y nagent et s'y pâment.
Une galère d'or est en partance vers là-bas, vers l'île de félicité que le mystère pudique dissimule.
Les belles écouteuses, mi-consentantes, hésitantes, s'embarqueront-elles sur la galère d'amour? Une sorte d'inquiétude les relient en même temps que les appelle leur désir. Elles ne savent pas ; et leur pensée émue ne les peut plus guider. Il y a (huis l'air des arômes enivrants qui, tout à la fois, les exaltent et les retardent. L'heure merveilleuse les enveloppe de son charme... Et elles s'en iront vers l'île d'Amour : telle est la mollesse infinie de leur âme qui ne se défend plus et cède...
WATTEAU. — Pastorale.
Yoluplé et mélancolie: le trouble de l'amour autant que sa félicité. Déjà la nostalgie et le regret, le sentiment de la brièveté du bonheur : « plaisir d'amour ne dure qu'un instant, peine d'amour dure toute la vie », ce refrain de la vieille et pleurante chanson h'accompagne-t-il pas, en sourdine, le départ élégant des belles et des enjôleurs !... L'attente, l'incertitude et la prévision déjà.
Ce peintre des fêtes galantes n'est pas un homme gai. D'autres, après lui, mettront dans la galanterie plus de sensualité satisfaite, et voire de la polissonnerie ou de la gaillardise. Mais il était, ce Watteau, un taciturne; et j'imagine qu'il ne fut pas bien heureux en amour. Peut-être dut-il à cette infortune quelque chose de sa délicatesse : il évita la grossièreté des faciles vainqueurs.
Ses paysages sont tous imprégnés de la même rêverie que la petite scène. qu'ils entourent. Une atmosphère d'amour les emplit ; et, si l'on supprime par la pensée les personnages de Y Embarquement pour Cythère, il me semble que l'on devine encore l'inquiète volupté qui par là rôdait...
Ce n'est pas la nature pour elle-même qu'a peinte Watteau. Je ne sais si la simple campagne suffisait à l'émouvoir. Il a aimé une nature, disons : galante, au sens où il faut prendre ce mot pour qu'il convienne à son œuvre. Mais il ne l'a pas attifée. Ses grands parcs ne sont pas travaillés comme les jardins de Le Nôtre. Des arbres véritables s'y épanouissent et leurs amples feuillages ont la liberté des vives frondaisons.
Pour ses lointains, il s'est, je crois, souvenu des Italiens les meilleurs. A moins qu'il n'ait lui-même retrouvé cette poésie des horizons bleus où les collines apparaissent en beaux mirages translucides.
Sa manière n'est ni hâtive ni lente. Il est habile à bien poser ses touches, sans avoir besoin de préciser outre mesure. Il
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rend, et sans peine, le juste aspect des choses, leur lumière, leur légèreté, jusqu'à leur remuement. Il marque ses effets résolument el n'insiste pas.
Il l'ail des paysages poétiques ; mais ce n'est point à dire qu'il ajoute des ornements à la réalité : il a su voir et il a délicieusement rendu la poésie vraie de la nature aux fins de jours, aux soirs limpides. Et cette poésie, pour langoureuse qu'elle est, ne s'abandonne pas à être fade. Elle est robuste et saine aussi. La mélancolie de Watteau ne saurait être confondue avec la plaintive détresse des âmes faibles ; elle provient d'un grand cœur qui a médité sa tristesse,
Watteau est mort en 1721. La littérature de son temps ressasse un classicisme suranné : on imite Corneille el Racine, Regnard el Molière... Dans tout cela, rien qui ressemble aucunement à Walteau. Cet homme est un inventeur. On peut bien lui trouver, à la rigueur, quelque chose, de racinien : quelque chose seulement, quelque chose à peine; et l'on peut bien penser que son œuvre eût enchanté Mme de Lafayette. Mais il est, en vérité, lui-même et ne dépend que de soi.
Celui-ci, plus encore : celui-ci est un miracle. Il survient à l'improviste ; rien ne l'annonçait ; il est prodigieux et disparaît.
Les historiens qui veulent « expliquer » un grand homme par le moyen des circonstances et du milieu n'ont pas, avec Turner. la besogne facile. Constatons qu'il fut cet homme étonnant; el. à ce phénomène singulier, ne cherchons pas dehors de causes suffisantes.
Il a bien quelque analogie avec notre Claude Cellée. C'est un fait (pie l'on ne saurait aisément nier : il n'en fallait pas
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