I. Luc, I
ANGELICO. — Le Mont des Oliviers.
DIEU o'.)
de celte attitude. Il y faudrait la délicatesse impeccable de Fia Giovanni ; il y faudrait des mois purs et comme impalpables ainsi que 1rs louches de son pinceau ; il y faudrail sou art de tout exprimer sans excès et sans manque, avec celle justesse inouïe qui, de la plus fine et complexe pensée, ne laisse rien perdre el respecte l'intégrité!
Mais admirez comme il a su, dans ee tableau, ne sacrifier l'un à l'autre ni le caractère divin ni le caractère humain de la scène. Il n'a pas hiéralisé Marie, il ne Ta pas transformée eu un mystique symbole tel que la Maria Théolokos des Byzantins. Elle est une femme, elle est une petite vierge qui s'étonne et qui s'épouvante, ainsi, d'ailleurs, que dans l'évangile de Luc. Pieux, Fra Giovanni n'eût point osé ajouter rien à l'Evangile; et, ce dialogue de Marie avec l'Ange, il le trouva assez sublime en sa simplicité pour ne vouloir le figurer que de la façon la plus naturelle et vraie. C'est la grandeur même du sujet, c'est la déférante soumission de l'artiste devant la grandeur du sujet qui donne à l'œuvre sa surnaturelle beauté ! Fra Giovanni vivait dans la pensée incessante de la légende évangélique.; elle lui était familière, habituelle, mais miraculeuse et divine, et il la peignit animée de son émerveillement quotidien.
Que pathétique est l'union de l'humain et du divin dans l'apparition de Jésus à la Madeleine !... La Madeleine a trouvé vide le tombeau. Voyant cet homme qu'elle prend pour le jardinier, elle lui dit : « Si c'est vous qui l'avez enlevé, ditesmoi où vous l'avez mis et je l'emporterai... » Car l'humanité de Jésus permettait que l'on eût de son corps un soin tendre. Et Jésus lui dit simplement : «. Marie ! » Alors, elle le reconnait et s'écrie : « Hahbonil — ce qui signifie Maître ». Et Jésus, qui écarte l'empressement de son adoration : « Nolime tangere, ne me touche pas '... » Parce qu'ici l'amour s'ennoblit, se