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VII. — Marche que nous allons snivre

J’étais effrayé surtout du pêle-mêle des matériaux et du chaos de mon sujet.

— Par où commencer? — Comment finir? — Quelle marche suivre? — Quel plan adopter? J’ai longtemps réfléchi là-dessus, sans pouvoir arriver à rien qui me convienne. Or, sans méthode point de clarté, et sans clarté pas de causeries profitables.

J’avais bien devant moi des modèles d’une majesté toute scientifique ; mais, pour arriver à l’intelligence du commun des hommes, je ne pouvais adopter une marche didactique et des allures trop monumentales. Quels lecteurs auraient consenti à me suivre? No nous serions-nous pas

PETiTE CAUSERIE.

ia

perdus dans les distinctions des maladies locales et générales, idiopathiques et symptomatiques, aiguës ou chroniques, externes ou internes ; en un mot, dans tous les détours de la pathologie?

N’était-il pas aussi imprudent de nous engager dans le dédale des classifications pharmaceutiques et d’essayer de parcourir les séries successives des narcotiques, des abortifs, des modificateurs, des perturbateurs, des calmants et des stimulants ?

A la fin, j’ai trouvé par terre, c’est-à-dire sous mes yeux, sous ma main, une idée que j’avais vainement cherchée dans les nuages, tout près de ces astres ou météores que l’on appelle écrivains spéciaux. — Je me suis dit : Puisque je veux renseigner le public sur l’art de soignei les malades, il y a quelque chose de bien simple à iaiie : c est de supposer un malade, ou mieux encore une i maladie, d’en préciser les phases, les accidents possibles, et d’expliquer la manière d’administrer les différents rcmodes présents par les médecins ou par l’expérience Supposons une fièvre bilieuse, une maladie cérébrale ou une fluxion de poitrine. 11 est bien rare que ces sortes d’affections débutent avec de très-alarmants symptômes. On constate d’abord du malaise, de la courbature, du

mal de tète, une douleur au ventre, à la poitrine, une laiblesse insolite, et voilà tout.

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Que demande toute personne sage en pareille circonstance? Que conseillerait le médecin lui-même, s il était consulté? — Le repos, le lit, — de la tisane; des cataplasmes sur les points douloureux ; quelquefois un bain de pied appliqué comme dérivatif et propre à déterminer une bienfaisante transpiration .

Nous avons longuement parlé, dans notre traité d’hygiène, du lit et du repos; nous n’y reviendrons pas, je l’ai dit, mais nous commencerons notre travail sur l’art de soigner les malades par traiter des tisanes , des cataplasmes et des bains de pieds.

Poursuivons notre supposition. Quoi qu on ait fait, la maladie marche, le mal augmente, l’aiiêcLion se caractérise, la fièvre éclate, le patient scflra\e, et Ion couit chercher un médecin.

Avec le médecin, et suivant les indications que présente la maladie qu’il s’agit de combattre, arrive la série des potions, des pilules, des purgatifs ou des vomitifs.

Nous renseignerons sur tout cela.

Bientôt, hélas! l’incendie devenant trop intense, 1 inflammation étant manifeste, on se décide à tirei du sang, soit par les sangsues, soit par les ventouses, soit par la

lancette.

Nous consacrerons un chapitre à l’application des sangsues, un chapitre à l’application des ventouses, et sans

PETITE CAUSERIE

avoir la prétention d’instruire assez les gens du monde pour pratiquer une saignée proprement dite, nous leur dirons les préparatifs à faire pour cette petite opération; puis les soins et surveillance nécessaires quand la saignée est faite.

Si les émissions de sang ne sont point assez efficaces, on en corrobore les effets par des vésicatoires volants ou vésicatoires fixes.

Nous parlerons des uns et des autres.

Enfin, souvent, dans les dernières périodes d’une maladie inflammatoire, pour combattre des stagnations sanguines, pour débarrasser certains organes d’un reliquat de souffrances, ou bien enfin pour remettre en équilibre le jeu de nos organes, rendre à la peau son élasticité ou au système nerveux la tranquillité qui lui est indispensable, le médecin ordonne — des cautères, — un séton,— des bains simples ou médicamenteux, — des affusions ou des irrigations, quelles qu’elles soient.

Nous causerons ensemble de ces différents moyens, et après tout cela notre petit traité sur l’art de soigner les malades sera bien près d’être complet.

Cependant, comme nous n’avons mis en scène qu’une maladie interne, il sera urgent de consacrer tout un chapitre aux maladies chirurgicales, et de renseigner sur les pansements qu’elles nécessitent.

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Dans un appendice , nous rassemblerons un certain nombre de petites manœuvres, d’ordinaire trop ignorées, nonseulement des gens du monde, mais d’un grand nombre de médecins.

Puis, terminant par quelques considérations sur les soins moraux que réclament tous les malades, nous démontrerons que bien souvent les consolations religieuses ont les meilleures de tous les médicaments.

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