‹ L'art de soigner les maladesChapitre 48 sur 124 · IV. — Pendant · texte numérisé non relu

IV. — Pendant

Tout est prêt, il faut agir.

Pour faciliter nos explications, supposons que le médecin a ordonné l’émétique.

Chaque veired eau émetisec doit être bu résolument, et 1 on met entre chaque opération 1 intervalle d’au moins un quart d’heure.

Quand le cœur ou plutôt l’estomac se barbouille, quand les nausées commencent, il faut boire coup sur coup, de cinq minutes en cinq minutes, de grands verres d’eau tiede qui hâtenf et facilitent le vomissement.

Plus on boit d eau tiède, moins les vomissements sont pénibles.

Ce qu'il y a de plus terrible, de plus désagréable dans l acté du vomissement c'est la transe qui le précédé, htlectivement, comme il va se passer quelque chose d’in-

ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ

solitc, la nature lutte et regimbe. — 11 y a un moyen d’abréger cette petite torture, c'est d’engager le malade à mettre les doigts dans sa bouche dès qu’il éprouve l’envie de vomir; en chatouillant la luette à la base de la langue, on détermine un prompt vomissement, et on escamote ainsi tous les désagréments du prélude.

Il est bien d’aider un peu la personne qui vomit en lui soutenant la tête d’une main, c’est-à-dire en lui appliquant la main sur le front, et en maintenant la cuvette de l’autre main. — Le point d’appui, ainsi fourni à la tête du patient, facilite ses efforts, et ce pauvre patient est souvent si bouleversé, qu’il serait bien capable de lâcher le vase destiné à recevoir les vomissements.

Un vomitif secoue son homme tout entier, il l’agite du centre à la surface. Je l’ai déjà dit, il a un effet expansif, il porte à la peau et détermine une transpiration générale; — par conséquent, il est bien nécessaire, pendant qu’un malade vomit, de veiller à ce qu’il n’arrive point sur lui quelque courant d’air capable de déterminer un pernicieux refroidissement.

Tout en recommandant la complaisance, les secours et la plus charitable attention, je me crois obligé de demander aussi de l’insistance et une douce autorité.

Trop souvent le malade se décourage et repousse avec effroi les grands verres d’eau tiède qu’on lui présente : il est si désagréable de vomir! Le patient demande grâce et trouve qu’il a bien assez vomi, quand il n’a point encore rempli la moitié d’une cuvette.

Point de demi-mesure. Inutile de se mettre en marche pour s’arrêter au milieu du chemin : de l’eau tiède 1 encore de l’eau tiède! Suppliez, pressez, obtenez, faites bien comprendre que le médicament n’aura d’effet salutaire que s’il est pris convenablement; qu’il faut se dépêcher pour en finir bien vite avec la souffrance; que moins on boit, plus long-

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temps on souffre; qu’une demi-heure ou une heure d’épreuves n’est point comparable aux déboires prolongés d’une redoutable maladie, etc., etc.

Quand l’opération sera terminée, quand la pénible besogne sera faite, soyez persuadé que le malade, pour peu qu’il ait d’intelligence, sera le premier à vous remercier de votre apparence de cruauté.

Une fois les nausées commencées, j’ai dit le moyen de hâter l’explosion. J’ai recommandé de faire boire le plus d’eau tiède possible. Or, chez certains sujets, l’eau tiède, prise en grande quantité, affadirait par trop l’estomac; afin d’obvier à cet inconvénient, on peut joindre à l’eau tiède une certaine proportion de l’infusion amère préparée avec des fleurs de camomille romaine.

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