‹ L'art de soigner les maladesChapitre 49 sur 124 · V. — Après · texte numérisé non relu

V. — Après

Ap rès le travail, le repos; après les secousses d’un vomitif, calme et tranquillité.

Que le malade se tienne couché bien sagement, blotti sous ses couvertures, afin de profiter complètement de la transpiration qui suit presque toujours l’action du vomissement.

Fermez les rideaux de sa fenêtre, voire même les rideaux de l’alcôve; peu de lumière et du silence surtout ; à la porte les personnes inutiles dans la chambre; défense d’entrer aux visiteurs fatigants. Laissez s’apaiser doucement, et efficacement surtout, les flots momentanément soulevés pai la petite tempête médicamenteuse.

Souvent il arrive que l’estomac en colère semble refuser de se taire, il est pris d’un spasme presque convulsif; les nausees et les hauts de cœur se prolongent alors même qu il ne s agit plus de vomissement. — Pour y remédier, faites boire un peu d eau très-froide, et par petites gorgées.

m ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ.

Si l’eau froide ne suffit pas, mêlez-y un peu d’eau de Seltz.

Si l’eau gazeuse et fraîche n’est point assez efficace, donnez delà glace par petits morceaux.

Et puis appliquez un cataplasme bien chaud de farine de graine de lin sur la paroi qui recouvre l’estomac en souffrance.

Avec tous ces petits moyens, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent vous apaiserez les spasmes du centre digestif et vous obtiendrez rapidement le calme désiré.

IT. — Rernières recommandations.

J’ai dit qu'il fallait garder les liquides fournis par les vomissements pour les montrer au médecin ; j’insiste îàdessus, parce qu’en général on y est peu disposé; ce sont des résidus peu gracieux à contempler et dont la plupart des gardes-malades veulent se débarrasser au plus vite, et puis on prend le prétexte de vider et de nettoyer les cuvettes. N’a-t-on pas toujours besoin de cuvettes?

Je vous assure qu’avec tous ces nettoyages inopportuns vous rendez un fort mauvais service au malade et au médecin qui le soigne. La qualité, la quantité, la couleur, bref, le caractère des vomissements, peuvent éclairer le praticien et l’aider à asseoir le diagnostic de la maladie.

En terminant, je dois avertir qu'il arrive, — bien rarement, il est vrai, mais enfin il arrive que certaines personnes sont entièrement réfractaires à l’action des vomitifs. Avec celles-là, il ne faut ni ténacité ni entêtement; on leur donnerait double et triple dose, on les gorgerait d eau tiède, que l’on n’obtiendrait absolument rien, et l’on courrait le risque d’accidents spasmodiques, qu’il est sage d’éviter.

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