‹ L'art de soigner les maladesChapitre 52 sur 124 · VI. — Précautions nécessaires · texte numérisé non relu

VI. — Précautions nécessaires

Contrairement à ce que je viens de signaler, il arrive assez souvent qu’un purgatif, si doux, si bénin qu’il soit, nonseulement produit des évacuations considérables, mais détermine des douleurs, des crispations d’entrailles, p' un tel agacement à la dernière portion du tube intestinal, que le malade, n’ayant plus rien à rendre, éprouve cependant toujours le besoin d’aller.

En pareille circonstance, il est plusieurs moyens de faire cesser cette irritation passagère.

1° On peut pratiquer sur le ventre des embrocations d’huile de camomille camphrée, et puis recouvrir toute la paroi abdominale d’un cataplasme bien humide fait avec la farine de grain de lin; 2° on peut faire prendre au patient, mais celte fois pour le lui faire garder, un quart de lavement fait avec de l’eau de guimauve et une ou deux cuillerées d’amidon ; o° on peut graisser l’orifice anal avec la pommade dite onguent populeum, et enfin, si tous ces moyens ne suffisent pas, on doit répéter le quart de lavement amidonné, en y ajoutant quatre à cinq gouttes de laudanum.

Quand un malade, déjà fort affaibli par la souffrance, prend un purgatif qui le secoue et l’affaiblit encore, il est fort important de ne pas lui permettre de se lever pour rendre les liquides dont le purgatif détermine l’évacuation; car trop souvent, en semblable occurrence, il peut survenir un évanouissement perturbateur, une désolante et redoutable syncope. Que le pauvre patient reste le plus possible dans la position horizontale, et, pour lui taire rendre sa médecine, glissez-lui sous le siège, ce que l’on appelle vulgairement un bassin.

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