‹ L'art de soigner les maladesChapitre 67 sur 124 · IX. — Comment faire tomber les sangsues · texte numérisé non relu

IX. — Comment faire tomber les sangsues

Généralement on laisse les sangsues se rassasier, se remplir, et quand elles sont bien repues, elles lâchent prise d’elles-mêmes. Mais quelquefois les sangsues, dont on espérait un bon effet, irritent trop le malade, ou bien le sang qu’elles soutirent emporte avec lui toutes les forces du patient, et bientôt se déclarent des spasmes, des convulsions, des syncopes. Il faut nécessairement savoir abréger, pouvoir en finir.

Bien souvent, d’ailleurs, tandis que la plupart des sangsues appliquées ont quitté leur besogne, deux ou trois paresseuses dorment en quelque sorte sur leur pâture et restent attachées à leur proie. On les touche du doigt; elles se réveillent un instant, boivent un peu, puis se rendorment, et le malade se fatigue, et la région malade se refroidit. Il faut donc connaître les moyens de faire cesser ces attardées.

Il suffit de leur mettre un peu de sel sur le dos, — ou bien un peu de poivre, — ou bien enfin du tabac à priser. La sangsue, tourmentée par ces excitants extérieurs, quitte son repas, fort mécontente, et le malade en est débarrassé en peu d’instants.

On ne doit pas craindre que sel, poivre ou tabac, allant frotter les piqûres déjà faites, puissent causer le moindre accident. D’abord, une fois les sangsues tombées, il est (1 usage d’en laver les piqûres avec de l’eau tiède, et puis le sang, en s’échappant des piqûres, entraîne nécessairement avec lui les quelques grains de la poudre excitante égarés par-ci par-là.

D’ailleurs, il est un moyen encore plus simple que le poivre et le sel. On peut avec une épingle faire tomber instantanément la sangsue la plus acharnée; il suffit d’in-

ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ

troduire, de glisser la pointe de l'épingle entre la bouche de l’animal et la peau au point piqué. Alors on soulève facilement un coin des lèvres de la sangsue, qui se détache tout de suite.

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