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X. — Comment arrêter le sang fourni par des picfùres

de sangsues?

Les sangsues une fois tombées, recueillies, emportées, on laisse pendant quelque temps le sang couler des piqûres qv’elles ont faites ; souvent l’hémorragie, que l’on excite p, r des cataplasmes, par des lavages d’eau chaude, s’arrc te toute seule des qu’on ne la stimule plus. Mais souvent aussi, chez les enfants spécialement, le sang coule à outrance, et il est urgent de l’arrcter si l’on veut conjurer une catastrophe. 11 y a pour cela plusieurs manières d’agir :

1° On applique sur les piqûres un morceau d’amadou

Pyramide d’amadou arrêtant le sang d’une piqûre de sangsue.

suffisamment épais, le sang l’imprègne, se coagule, et on laisse l’amadou en place jusqu’à complète cicatrisation.

Mais l’amadou est une substance spongieuse qui s’imbibe souvent trop vite, et qu’il faut savoir employer plus chirurgicalement.

— On en coupe plusieurs rondelles que l’on superpose les unes sur les autres; on place cette petite pyramide sur la piqûre que l’on veut obstruer, et afin de l’y tenir bien appliquée, on met par-dessus une pièce d’argent. Argent et amadou, on serre le tout avec une bande de linge, et si la compression est facile à maintenir, il est rar que ce moyen ne réussisse pas.

— Ou bien on prend un tout petit morceau d’amadoa que l’on roule entre ses doigts, on entrouvre la piqûie

Petit bouchon d’amadou introduit daa* la piqûre.

de sangsue, on en étanche tout le sang qui coule, et on en once dans le petit trou le petit bouchon d’amadou, rar-dessus le bouchon on met encore plusieurs doubles d amadou, et le sang s’arrête sans qu’il soit besoin de comprimer bien fort.

J’ai vu encore employer l’amadou avec succès, d’une manière fort ingénieuse.

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On applique sur le point saignant un assez gros morceau d’amadou : ce morceau, on le maintient Lien appliqué avec les doigts, et, de l’autre main, on passe sur l’amadou une cuiller d’argent contenant un charbon allumé, on appuie surtout la cuiller à l’endroit précis de la piqûre qui saigne avec entêtement. Qu’arrive-t-il? c’est que l’amadou s’échaulfe, c’est que le sang qui 1 imbibe frit et se sèche, c’est que le sang, déjà sorti de la piqûre et extravasé à droite et à gauche, s’échaufic aussi; en s echauDant il se coagule, autrement dit, il forme un caillot : or les caillots sont les barrières les plus naturelles et les plus ordinaires de toutes les hémorragies.

Moyen d’arrêter le sang en passant sur l’amadou qui recouvre la piqûre une cuiller contenant des charbons allumés.

Ji la gravure, que nous avons fait représenter, pour indiquer celte manœuvre, n’est pas suffisamment comprise de nos lecteurs, qu’ils se rappellent la petite opération si souvent faite en famille, pour ôter d un habit de drap ou d’une robe de laine des taches de cire, des éclaboussures de bougie : on applique un morceau de papier Joseph sur la tache, on promène sur le papier une cuiller d argent

contenant des charbons allumés; la chaleur, dégagée par la cuiller, fond la cire que boit immédiatement le papier brouillard. Nous indiquons quelque chose d’analogue, seulement il ne s’agit pas de tache de graisse, mais d’accidents bien plus sérieux ; il ne faut pas employer du papier, mais de l’amadou ; enfin, il ne s’agit pas de faire fondre de la cire, mais bien de faire coaguler, de faire durcir du sang. La cuiller d’argent, avec ses charbons, sert à l’un comme à l’autre.

2° On fait brûler du linge ou du gros papier gris, et de la cendre recueillie on forme, avec le sang qui s’échappe de la piqûre, une sorte de mortier astringent qui arrête les hémorragies peu intenses.

5° La toile d’araignée, ramassée en notable quantité, roulée en peloton et appliquée sur des piqûres saignantes, arrête souvent le sang instantanément.

Mais parfois tous ces procédés sont insuffisants; il est urgent de savoir arrêter une hémorragie qui ne tarit pas et qui met la vie en péril.

— Tout d’abord on peut essayer de la compression

Doigt! appliqués énergiquement sur les piqûres.

avec les doigts : on met le bout d’un doigt sur chaque

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piqûre qui saigne, ou pèse dessus pendant quelques instants, et souvent ce seul moyen suffit pour arrêter 1 : sang.

J’ai vu encore arrêter l’hémorragie en pinçant la piqûre de sangsue entre des coquilles de noisette ou de noix; mais il est plus facile de se servir d’une petite pince de bois, de la manière que je vais dire :

Prenez un petit morceau de bois; fendez ce morceau de

rincette de bois saisissant la piqûre.

bois par un bout, de façon à simuler une petite pince; soulevez la peau où se trouve la piqûre de sangsue; saisissez avec la pince de bois la portion de peau juste au niveau de la piqûre, et puis serrez votre morceau de bois avec du fil pour que l’étreinte soit suffisante. Celte précaution donnera au médecin le temps de venir à votre secours. Que d’enfants, bon Dieu ! que de petits anges arrachés prématurément à la tendresse de leur famille, vivraient aujourd’hui si ces quelques renseignements étaient universellement répandus!

Le moyen employé par les médecins, moyen qui peut fort bien être mis en œuvre par des personnes étrangères à la médecine, c’est la cautérisation, soit par la pierre infernale (crayon de nilrate d’argent), soit par un pelit morceau de fer rouge.

L’important, pour réussir dans la cautérisation, est de bien étancher le sang avant de Dorler le caustique sur la

piqûre. D’ordinaire, on étanche le sang en appuyant sur la plaie avec un linge; mais dans une hémorragie de sangsue, il est un moyen plus simple : on soulève la peau,

on la pince avec les doigts, des deux côtés de la piqûre; la piqûre se sèche et pâlit même sous cette étreinte; c’est alors qu’on doit appliquer la pierre infernale ou une grosse aiguille à tricoter, rougie au feu. Les bords de la plaie, légèrement cautérisés, se gonflent, boursouflent, ferment le passage ouvert, et l’hémorragie est arrêtée.

Les vétérinaires ont un moyen d’arrêter le sang qu’ii est bon de mentionner, parce qu’il est plus sûr que tous

Épingle passée sous la piqûre. Manière d’y placer le fil.

les autres, et que dans un cas de péril la première personne venue pourrait l’employer : il consiste à passer une

Cautérisation de la piqûre.

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cpinglc sous la piqûre, et sur cette épingle on place, on tourne unlil qui serre et bouche la plaie, bref, empêche le sang de couler.

Manière d’entortiller le fil pour serrer énergiquement.

Que l’idée d’une épingle dans les chairs n’épouvante pas nos lecteurs. Qu’est-ce que c’est que deux piqûres d’épingle quand elles peuvent sauver la vie? qu’cst-ce que c’est que la douleur d’un instant quand la mort frappe à la porte?

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