LES VENTOUSES
L — Des notions de petite chirurgie sont Indispensables à quiconque veut soigner les malades.
Je demande pour cet article la plus minutieuse, la plus patiente attention; car nous entrons résolument dans le domaine chirurgical, et nous aborderons, sans reculer, des questions que les chirurgiens eux-mêmes considèrent comme fort délicates.
Déjà, à l’article sangsues, j’ai donné des renseignements presque scientifiques. J’ai indiqué, pour arrêter le sang, un certain nombre de moyens trop souvent ignorés, et qui peuvent sauver la vie à bien des enfants. Aujourd’hui je veux aller plus loin, et, le désir d’être utile m’encourageant, je vais parler de chirurgie à des gens du monde, comme j’en parlerais à des élèves en médecine.
Vous avez dû comprendre, au titre de ce paragraphe, qu’il y avait deux sortes de chirurgies : la grande et là petite. Effectivement, les maîtres de l’art, les inventeurs
ENCYCLOPÉDIE DE LA SANTÉ
tic procédés, les pourfendeurs émérites, dédaignent une foule de petites opérations et les abandonnent à leurs élèves.
On entend par petite chirurgie, dit le Compendium de chirurgie pratique, cette portion de la chirurgie qui est ordinairement confiée par les vieux praticiens à leurs jeunes confrères et aux élèves, et qui consiste dans la pratique de certaines opérations très-faciles et très-souvent employées dans le traitement des affections, soit internes, soit externes. Or, si les vieux praticiens laissent la petite chirurgie à des novices, à des élèves, je ne vois pas pourquoi je ne la confierais pas à des garde-malades, d’autant plus que ces jeunes confrères, se croyant rapidement appelés à une réputation considérable, n’ont garde d’apporter toute leur attention à de petits moyens qu’ils ont le désir, eux aussi, d’abandonner le plus tôt possible.