V. — Emploi des compresses
Vous avez bien suivi toutes mes instructions; le vésicatoire est enlevé, étanché, puis recouvert, et cependant notre pansement n’est pas terminé : par-dessus le linge ou le papier qui porte la pommade au garou, il faut un coussinet de linge destiné à boire les liquides sécrétés par la plaie naissante, destiné aussi à maintenir en place la première pièce du pansement. C’est là ce qu’on appelle compresse.
J’ai parlé, dans un autre ouvrage, du respect dû au vieux linge et de la vénération qu’on doit avoir pour les chiffons; franchement, cela me fait gros cœur de voir employer des compresses de linge pour, les pansements quotidiens des plaies artificielles dont il s’agit ici. Il est dans le commerce un papier spécial que j’indique comme une excellente ressource : avec quelques sous on achète une main de ce papier léger et transparent, que les uns nomment papier de soie, que les autres appellent papier joseph. On coupe chaque morceau de papier en deux; on plie chacun de ces morceaux en quatre, et l’on a ainsi à fort bon marché cinquante compresses douces, spongieuses, excellentes, que l’on peut sans prodigalité jeter au feu quand on s’en est servi.