XIV.— Manière de sucrer les tisanes
On a l'habitude de sucrer les tisanes. Doit-on toujours
le faire? C’est une question que j’examinerai toul à l’heure. J'ai dit que la hoisson était une des consolations du pauvre souffreteux mis à la diète; j’ai même fait remarquer qu’elle le consolait aussi bien au moral qu’au physique; par conséquent, j’admets parfaitement tout ce qui peut rendre celte consolation plus agréable.
Dieu merci! nous ne sommes plus au temps où le sucre coûtait six francs la livre, et il est bien peu de bourses qui ne puissent réunir sept à huit sous pour avoir cinq cents grammes de sucre. Or, avec celte petite provision, on » de quoi préparer plusieurs pots de tisane. Si la somme devient un sacrifice pour la famille, elle peut acheter du sucre brut, de la cassonade.
Enfin, je dois supposer la misère, et, dans ce cas-là, on peut édulcorer la boisson en y jetant quelques morceaux de bois de réglisse préalablement effilé.
11 ne faut pas faire fi de la réglisse; bien souvent, quand les malades trouvent le sucre désagréable, ils se délectent, ils se régalent avec une simple macération de ce bois chéri de tous les enfants. La réglisse joint à son principe sucré un arrière-goût d’amertume qui plaît aux bouches empâtées.
11 arrive parfois que le médecin recommande de sucrer la tisane avec du miel. Le médecin parti, comme on n’a pas de miel chez soi, on croit y suppléer par le sucre ordinaire; c’est une erreur. D’abord, on a toujours tort, quand on fait venir un médecin, un médecin dans lequel on a confiance, de ne pas suivre strictement ses prescriptions - Obéissez ou ne consultez pas. - Ensuite, l’action du nncl est bien différente de celle du sucre ; le miel est astringent pour la bouche et la gorge, c’est-à-dire qu’il crispe et rafraîchit celte peau intérieure, toute rose que 1 on appelle muqueuse; de plus, le miel est relâchant c est- a-dire qu il aide et accélère le travail des intestins j
u ENCYCLOPÉDIE DE LA. SANTÉ.
or il est des maladies où toutes ces qualités sont précieuses.