‹ L'art de terre chez les PoitevinsChapitre 13 sur 57 · POTERIES ROMANES · texte numérisé non relu

POTERIES ROMANES

Nous ne connaisons guère la poterie des xi* et lit* siècles que par les vases des tombeaux, ce qui en donne une assez triste opinion. Quelques-uns de ces vases conservent à peu près les formes de ceux du x*; mais ils affectent surtout celle d’une petite bouteille percée de trous. Sur ceux de la seconde moitié du xn* siècle , on voit apparaître des traces d'enduit vitreux très grossier, d’une teinte brun verdâtre. La terre continue à être blanche, et parfois rosée. Ce n’est guère qu'au commencement du xur qu’on emploie çà et là celle de couleur brun rouge après la cuisson (1). L’état social commençant à être plus stable, on lit moins usage de la vaisselle de métal qu’au temps des invasions normandes. Les gens riches ne l’abandonnèrent pourtant pas encore: mais on décora pour eux de ciselures et, plus lard, d’émaux, les vases destinés aux festins d’apparat.

Le musée de Sèvres doit à M. Faustin Pocy d’ Avant une série de pots exhumés des cimetières de Maillé, de Nieuil-snr-l’Àutise et de Seint-Pierre-lc-Vicux (Vendée). M. O. de Rochebrune en possède une suite assez nombreuse, tirée des sépultures de divers cantons du Poitou. Les collections de la Société des Antiquaires de l’Ouest et de la Société de statistique des Deux-Sèvres en ont aussi une certaine quantité.

Lorsqu’on démolit, il y a quinze ou dix-huit ans, la vieille église de la Roche-sur-Yon. dont quelques parties remontaient au xh* siècle, on trouva, dans une sépulture datant de cette époque, une sorte d’assiette de terre blanche et sans vernis. Elle n’avait qu’un rebord assez étroit, qui ne rappelait plus en rien les formes romaines.

Dans les restes de l’ancienne voûte de celle même église étaient deux vases acoustiques de terre rosée , affectant la forme ovoïde et percés d’une étroite ouverture. Us avaient environ 0“ 18 de longueur. La voûte de l’église de Suint-Georges de Montaigu en contenait d’à peu près semblables, mais n’avanl que 0“ 15. tandis que d’autres, d’une provenance inconnue, conservésau musée de Niort, ont des dimensions plus considérables.

(1) Le musée de Mon possède on vase funéraire, datant de la première moitié du ut* siècle, qui a quatre larges lamies verticales d'un enduit terreux de couleur violacée.

Ces derniers sont moins anciens et portent quelques touches de vernis. Ils ont un col très court et une ouverture entourée d’un gros rebord. Je les crois du «v* siècle.

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