GARNER BREVET DK MA LA LEPORE ME FECIT
Sur un second carreau se voit un chasseur à pied, sonnant de la trompe et armé d’un épieu très aigu. Un chien l’accompagne. Au-dcssons est écrit :
come. girar. al. (Comme Girard al (la).
inscription tronquée, qui prouve que chaque pavé faisait partie d’un tout, figurant des scènes historiques ou de fantaisie ; peut-être les divers tableaux d’une légende pieuse. Le costume du personnage, qui ne porte pas l’épée, dénote la fin du règne de Charles VII ou le commencement de celui de Louis XI, et rappelle quelque peu l’accoutrement de valets de certains jeux de cartes.
line troisième brique, que je n'ai pas vue en nature, provenant du même carrelage,
est aussi très intéressante. La gravure ci-jointe, fuite sur le dessin peu exact qui m'en a été fourni , en donnera cependant une idée. Le nom du Christ est circonscrit dans la rosace centrale. Les quatre lettres M. M. I. X. doivent signifier Maria , Mater Jésus Christi . Les noms du 1ASPAR et BALTASAR sont ceux donnés à deux des trois mages , devenus célèbres par leur visite au berceau de Jésus, et qu'on voit figurer sur une foule d'amulettes, bijoux et autres objets du xv r siècle. On attribuait à ces noms une puissance magique, lorsqu'ils étaient introduits dans une formule convenue. Ils sont inscrits, par exemple, sur l'une des faces extérieures de la verge d’une bague d'or massif, qui faisait partie de l'Exposition de Kensington , en juin 1862 (n* 105 dans le n° 7170 du catalogue); tandis que l'autre face portail: Jésus Aasaren us rex Judeorum (1). Le médaillon d’argent qui suit a des légendes analogues, mais plus compliquées.
Ces divers monuments sont de la lin du règne de Charles VII. Le médaillon précédent est, du reste, conçu dans la inéme donnée que celui en or, frappé à l’occasion de l’expulsion des Anglais de France, que j’ai publié dans Poitou et Vendre , article Fontenay, p. 34, d’après l’exemplaire de ma collection. Le rapprochement de ces deux belles médailles équivaut A une date, qui est, par conséquent, aussi celle du carreau fabriqué à Mallièvre
(I) l’w* anlrc bagne de la même Exposition , n® 104, porto la légende : f IEXVS. AVTEN (sic). TltANSIEXS. PER. MEDIV. ILLOR. (ibat). — Celle formule passait pour rendre Invisible celui qui l'avait sur lui. On l’a employée sur la monnaie d'or anglaise nommée noble k la rose.
pour l’église de l'Abtie. Ce carreau était spécialement destiné, selon toute vraisemblance, à protéger le monastère de quelque danger particulier.
Une autre fabrique du même genre existait à la Téblerie des Gr&nges-Bourèches de Maillezais. Les travaux exécutés, il y a quelques unnées, pour faire la chaussée du chemin de Maillezais à Lié, ont amené la découverte de son four et d'une quantité considérable de carreaux de terre rouge, incrustés de figures diverses en terre blanche et couverts d'un vernis jaune très transparent. On y voit des hommes d’armes dans l’attitude du combat ou se donnant la main, des oiseaux, des aigles à deux têtes, des chiens poursuivant des lièvres, etc. Plusieurs spécimens, bien conservés, ont été déposés au musée archéologique de Poitiers par les soins de M. J. Cardin. J'en possède un représentant un chien à l’arrêt. Tous ces carreaux me paraissent être du xiv* siècle et doivent avoir été faits pour paver l'église Saint-Pierre de Maillezais, reconstruite en grande partie en 1328 , après qu’elle eut été érigée, onze années auparavant , en cathédrale par Jean XXII. Les carreaux émaillés, d’une date moins ancienne, trouvés par M. F. Poéy d* Avant dans l’enceinte de l’ancien évôché de Maillezais, viennent indubitablement de la même fabrique.