POTERIES ÉTRANGÈRES A LA FRANCE FABRIQUÉES EN EUROPE
Espagne. — Voyez plus haut, à l'article des poteries de Tliouars, la mention des plats matamores, dans un document de 1627. Il s’agit peut-être simplement ici de ces plats sortis de quelques fabriques voisines des Pyrénées, où sont représentés des capitans A pied ou à cheval, dans des postures fanfaronnes. M. l’abbé Baudry a trouvé au Bernard, dans les fouilles de la Bénastonnière, des fragments de cette vaisselle peinte, en compagnie de débris de poteries sigillées de la fin du xvi* siècle et du premier tiers du xvu*. — l.a Rochelle faisait beaucoup de commerce avec l’Espagne et le Portugal; leur vaisselle lui arrivait même parfois par des voies moins pacifiques, lorsque la France était en guerre
avec eux (V'. p. 117). — Les beaux vases à reflets métalliques semblent toutefois avoir été fort peu connus de nos compatriotes.
Italie (I). — Il ne parait pas que le contingent fourni par ritalic au Poitou ait été bien considérable. A l’exception d’une petite bouteille dTrbino, A demi brisée, qu'on a retirée du lit de la Sèvre, un peu au-dessous de Niort, et d’un cornet de pharmacie, rapporté, en 1796, par un soldat d’Arcole, il n’v a rien qui soit venu à ma connaissance en ce genre. Le dernier de ces vases porte, d’un côté, le Christ au jardin des Oliviers, et des trophées sur les autres parties de sa circonférence. Sur un cartouche se lit le nom de Lacxaro et la date 1600. Audessous est la marque ou essai de pinceau ci-contre :
Pour trouver un troisième exemple de poteries italiennes, il faut avoir recours au document plus ancien qui va suivre.
« Madame, je me recommande « vous tant et de si bon coeur que faire puis. J'ay repeeu vos lettres que m ares esrrit de Poyctiers le lundi lendemain de Pasquet , et vous mercy humblement de cest honneur. Madame , Guillaume Tkoumas sema samedy vous porter lettres de monseiyneur et adty de son estât. Yray est qu'il na si bien dormy reste nuist que l'autre et céderait estre ainsy, car il dormyt hyer tout le jour, jusque ihcurc de son souper. A cest heure présente il est bien ; esperent les médecins notables de cette ville de Lyon que de ses blessures monseiyneur sera tantout yartj, et se pourra aller par devers vous. Madame, Lourent Pinelly , le banquier, a mis es mains de Thoumas la cédulledt Monseigneur du Bochaye (i), et les pots de Malsecoti: qui riciynait de Mylau. Madame, je tous prys me faire poier mes yages et n'y ferez faulte, si faire se puct; car je tous confesse qu* argent ne se ramace par les rues de ceste ville de Lyon et sans yrous intérest de banque ; ce que faisant, madame, me rendrez now plus présentement, mes a tousoiurs,
» Vostre très humble serviteur et chapellain ,
■ Anthoyne nu Brbvil (3). »
Cette lettre doit avoir été écrite en 1509, par le chapelain d’un grand seigneur poitevin. qui avait fait, à In suite de Louis XII, la campagne d’Italie, et en avait rapporté quelque blessure guérie par les médecins do Lyon. Les pots de Malsecote étaient- ils pleins du fondant appelé marsacotto. acheté à l’état de matière première, eu vue d'une
lli Consulter, pour ce qni concerne les produits des fabriques d’Italie, la .Xoltce des faïences prtnle» italiennes . hispano-moresques et françaises, et des terres cuites émaillées italiennes (du musée du Louvre). P*r M. Alfred Oartel.
(i) Probablement François de fatarnav, baron du Bouchage, époux de Françoise de Maillé, mort en 1514. (3) Antoine du Elreuil— Helion , nommé par Léon X prieur de Sainl-Cbrislophe-de-Lignac , diocèse de Bourges, le iH mars 1513.
falirication à établir en France (1)» ou g* agissait-il d’une sorte de poteries auxquelles ce nom avait été donné?
Allemagne lt Flandre. — Elles ont été plus prodigues envers nous que l’Italie. Elles nous ont fourni une quantité considérable de leurs grés, qui n’offrent, en général, rien de remarquable.
Hollande. — Ce pays a donné beaucoup de faïences. Quelques-unes sont charmantes, tandis que le plus grand nombre rentrent dans la catégorie de la vaisselle commune. Des plaques à sujets et à paysages sont encore A signaler, quoique de qualité inférieure.
Angleterre. — Les poteries anglaises ne me sont pas assez familières pour que je me permette d’en parler; on m'a pourtant montré, dans une ancienne famille de marins, des vases de cheminée de couleur jaune sale et d’un goût détestable, qu'on assure avoir été rapportés de Londres sous Louis XIV. Quoi qu'il en soit, ils ne font pas honneur au pays qui les a produits, et n’ont de remarquable que leur dimension.