‹ L'art de terre chez les PoitevinsChapitre 9 sur 57 · OF. VITALIS · texte numérisé non relu

OF. VITALIS

LA SÉGOURIE {Maine-et-Loire}.

Était, comme /fauronumet Durirum, un point d'entrecroisement de voies. M. Tristan Martin parait avoir démontré que c'était la Séyora des itinéraires.

FATERNVS. SEVEIll. M. VOLTS! .

OF. SADINI. VENEBANDI. OF.

CORON (Maine-et-Loire).

Localité d'origine celtique.

AC ATI. OF. * VIRIDVCCOS.

Plusieurs autres points habités à l'époque romaine ont dû fournir des noms de potiers: mais je n'ai eu aucun renseignement à cet égard. La situation géographique de Fontenay ne m’a pas permis d’étendre le rayon de mes propres recherches beaucoup au delà des limites de la Vendée, des Deux-Sèvres et du pays de Hais. Je dois à MM. Bonsergentet Pinchaud la majeure partie des noms recueillis à Poitiers. La plupart de ceux trouvés à Rezé m’ont été fournis par M. F. Parenteau.

Les noms marqués d'un astérisque sont ceux étrangers à l'élément latin et à l’élément grec, parmi lesquels il en est, à coup sûr, beaucoup de gaulois. Ce triage a été opéré par M. Julien Cardin. Malheureusement la base sur laquelle cette opération repose est purement négative. Mon savant compatriote a noté tous les noms qui n’ont pas l'allure romaine ou hellénique, et ne pouvait faire davantage.

« Pour les noms de lieux il existe, de temps en temps, des moyens de contrôle : il n'y en a pas pour les noms de personnes. Beaucoup avaient certainement leur source dans

(I) Le nom de Vitalis a élé porté par un ermite du paya de Rais, dont on a fait le patrou de l'église du Mont-Scoinil, aujourd'hui Saint- Viault.

la mythologie, comme il en est pour les noms germaniques et grecs. Or, la mythologie gauloise est l'obscurité même. En outre, dans cette foule d’étrangers et d’esclaves (1) importés dans les Gaules par la puissance romaine, combien ont dû conserver leurs noms primitifs, et, pour ceux-ci, il n’y a pas le moindre moyen d'investigation (2). »

Plusieurs de ceux de nos potiers sont néanmoins parfaitement reconnaissables comme gaulois: Ambaris, Arivus, Delinirus, Caiaciac, Conetodus, Diricatus, Iridubnos, Pirtillus, Triecot, Vidueoi, VirUicat» Virccatus, Vrecus, etc.

On a conservé, dans beaucoup de marques, à la lettre e, la forme gauloise ti. Ainsi Abelius, Ebredus, Evhodus, Mellitus, Salvetus, sont écrits : abiilits, iibuiidvs, iivhodvs,

MIILLITVS, SALVIITV».

Certains archéologues ont cru reconnaître des noms de lieux dans quelques-uns de ceux inscrits sur les poteries romano-gnuloises. Il n'en C£t aucun de ma liste qui soit une désignation géographique.

Quoi qu'il en soit, le nombre des noms de potiers, recueillis en Poitou, qui ne sont pas d'origine romaine, est très considérable. La conséquence. à en tirer, c’est que les habitants de nos contrées avaient, sous ce rapport, moins reçu le cachet de la conquête que ceux de beaucoup d’autres régions de la Gaule. La liste précédente, comparée avec celles du même genre dressées dans les provinces, où les fours étaient nombreux, montre, de plus, que les noms étrangers au pays, très communs sur la portion du territoire voisine de Poitiers, deviennent de plus en plus rares à mesure qu’on avance vers l’Océan. L’itinéraire d’ensemble, substitué par les Romains au dédale inextricable de routins qui existait antérieurement, en fournit d’ailleurs l’explication. On circulait de plus en plus difficilement du chef aux extrémités (3). Les habitants des eûtes et des rives des fleuves ont dû cependant recevoir, par la voie d’eau, de la poterie venant du loin. Ainsi que je l’ai fait remarquer en parlant des poteries rouges, les manufactures du bassin de P Allier paraissent avoir fourni beaucoup de leurs produits aux Pictons confinés entre la Vienne et le Thouct ; tandis que la Saintonge, ort la fabrication a été très active, a importé une certaine quantité des siens chez ceux qui avoisinaient les bonis de la Sèvre-Niortaise et de ses marécages. La similitude des noms n’est pas toutefois une preuve complètement décisive de la communauté d’origine des vases, quelques-uns de ceux qu’ils uous ont conservés, surtout ceux empruntés aux Romains, avant été assurément portés par des ouvriers établis û de grandes distances les uns des autres.

La collection de M. Fl. Itonsergent, la plus riche du Poitou en vases et débris portant

(!) De nombreuses colonies d'étrangers lurent établies, au ut* et au tv* siècle, citez les Melons. (Vêtaient des Teifales, des Marcoutaos, des Maures, des Africains, des Espagnols, etc., qui oui laissé leurs noms à plusieurs localités du pays, appelées aujourd’hui : Tlflauges, Marmandc, llortagnc, Aifres, Epagocs. etc.

(î) Extrait de la lettre que m'écrivit M. Cardin, en m'envoyant la liste annotée des potiers.

(3) Voir le Mémoire de mon ami Üugasl-Matifeux sur les voies romaines et les routes stratégiques du Bas-Poitou (Vendée;.

des marques, m'en a fourni plusieurs des plus précieuses. Celles, par exemple, de Fa us tut Satinator Sercæ , écrile en trois lignes, qui rappelle une double profession ou un autre métier, antérieurement exercé par le potier lui-inémc ou par ses ancêtres; Ferit Malins Fortunalus, en cinq lignes; Taibu fiant offciua, inscrite autour d'une étoile à six branches et les deux portant L. Tetti. Samia, dont je donne la gravure.

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Celles-ci ont peut-être une importance véritable, en ce que le mot Samia , qui les termine. semblerait indiquer la nature de la fabrication et leur donner cette signification : !.. Tettus, fabricant de poterie samienne. Les listes du Bourbonnais, de l'Auvergne et du Berry, nteiiiioiinenl un artisan du mémo nom.

Dans la collection de M. Pincliaud, fort riche aussi elle en noms de potiers, j'ai remarqué ceux très caractéristiques à* A ndoca, d ’Epron, de Noiember, d'Unoed, qui s'esl conservé dans la contrée jusqu’au xi" siècle; car un seigneur de Commequicrs s'appelait Vrroidus. Sur un autre fragment est l’indication Samia, inscrite en rond autour d'une palinette.

Les potiers ne marquaient pas toujours leurs œuvres de leurs noms; ils employaient parfois aussi des signes d'un autre ordre, tels que points, croisettes, fleurons, rosaces, erc Assez rarement apparaissent un ustensile ou un animal. L’un des débris trouvés au l.angon avait au fond la partie antérieure d'un cheval, imprimée avec un poinçon carré. Le plus souvent on a appliqué ces estampilles sous la base des vases, ou à l’intérieur de ceux de forme plate. Mais diverses pièces sont signées en relief sur les parois

extérieures, témoin ce fragment, qui vient de Jart , où le nom du potier Germanus est accompagné du taureau ou du bœuf, comme sur les monnaies de son homonyme, le chef gaulois Germanus Indutilius. contemporain d’Auguste.

On a dit encore que les noms tracés à la pointe sur la panse des vases de terre commune, retirés des sépultures, pourraient être ceux des ouvriers qui les ont fabriqués. Cette opinion ne supporte pas l’examen. Tout le inonde sait maintenant qu’ils appartenaient anx individus. dont ces vases recelaient les cendres.

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