‹ L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeurChapitre 10 sur 79 · AVANT · texte numérisé non relu

AVANT

Causerie sur la gravure. — Une continuelle infortune. — Depuis l'an 1000, Jacques Bonhonwie, le paysan, n'a pas cessé d'être malheureux. Toujours il travaille afm d'enrichir des maîtres qui ne songent qu'à le dépouiller. — Voyez, mes amis : pour labourer son champ, il attelle à sa charrue, à côté de son âne, sa femme et ses enfants.

Récit, — 1. Avant la Révolution, les villages français sont misérables. — Le paysan est toujours bien malheureux. Le roi, le seigneur, le curé lui enlèvent tout ce qu'il gagne. — 3. Parfois encore, dans les années de disette, le paysan se nourrit d'herbe.

La misère de Jacques Bonhomme; le paysan du Puiset.

Deplli^î sept cents ans, le village du Puiset n'a pas changé. Les chaumières sont toujours basses et délabrées. Toujours même misère; les porcs et les poules continuent à se vautrer sur les tas d'ordures.

Voici Jacques Bonhomme, le descendant de notre premier ami Jacques Bonhomme. Il n'est plus serf ou esclave, comme l'était son aïeul; il n'est plus vendu au marché comme l'on vend un cheval ou un mulet. // est libre; il est même propriétaire d'un petit champ. Toutefois, sa situation est aussi misérable : tout ce qu'il gagne par son travail, Il est obligé de le don- }ier au roi, au seigneur, au curé.

Le droit de corvée existe toujours : quand Monseigneur fait réi)arer son château ou labourer ses terres, Jacques Bonhomme travaille gratuitement.

En août se fait la moisson : la dixième 'partie des blonds épis appartient au curé. C'est droit de dîme.

Il faut payer l'impôt du roi. Jacques Bonhomme n'a plus rien. Seigneur. curé et roi lui ont pris tout ce qu'il a gagné à la sueur de son front !

Souvent Jacques Bonhomme meurt de faim! Comme son aïeul, il n'a pour nourriture qu'une bouillie d'avoine. Dans les années de disette, il mange encore de l'herbe î

Les bienfaits de la Révolution.

Récit. — La Révolution de 1789 a fait le honhetir de notre pays : elle lui a donné les biens les jjIus précieux : la liberté, l'égalité, la tolérance.

1. La liberté. — Grâce à la Ptévolution, les Français sont des hommes libres; ils sont les citoyoïs d'un grand État.

2. L'égalité. — Tous les Français sont proclamés égaux. Il n'y a plus de nobles, qui seuls peuvent être officiers. Il n'y a plus d'opprimés, qui senh payent tous les impôts. Par le travail, chacun peut rendre sa conddlo)( meilleure. Tous les emplois sont accessibles à tous les Français.

Hoche, le fils d'un palefrenier , est général en chef des armées de la Révolution à vingt-six ans.

3. La tolérance et la liberté de conscience. — La liberté de conscience est proclamée. Catholiques, protestants, israélites sont les enfants d'un même pays. Il n'y a plus de persécutions rely/ieuses. Pour la première fois, sont mises en pratique les idées de tolérance. Totfs les Français s'aiment comme des frères.

Un troisième bienfait de la République : Finstrucîion à la portée du peuple. — L'école du village.

Récit. — 1. La République bienfaitrice des humbles. — Soucieuse avant tout de l'intérêt des humbles , la République a dépensé des sommes considérables pour assurer le l)ien-être des écoliers. Au contraire, les rois n'avaient rien fait pour l'instruction populaire.

2. L'école du village. — Ainsi, avant 1789, l'école du village était une misérahle cltaumière. L'instituteur n'était qu'un paysan ignorant.

De nos jours, l'école est la plus helle maison du village. L'instituteur est un savant.

3. L'instruction complète à la portée des enfants du peuple. — Dans ses autres écoles, d'un ordre plus élevé, l'État républicain a eu soin de créer de nombreuses bourses nationales. A la suite d'un concours, l'enfant du peuple est admis à suivre gratuitement les cours des lycées et des grandes écoles.

Un brillant avenir est assuré au fils, intelligent et travailleur, de l'ouvrier et du paysan.

L'école avant 1789.

C'est le matin. De nombreux enfants marchent d'un pas rapide. Un volumineux paquet, en forme de havresac, est fixé sur leur dos. — Où vont-ils? A l'école.

C'est une chaumière toute délabrée, la plus misérable du village. Ils entrent dans une grande chambre, à l'aspect triste, à peine éclairée par une fenêtre étroite. Telle est la salle de classe.

Les enfants s'assoient sur des bancs grossièrement façonnés. La classe commence. Un élève s'avance gauchement; il lit à haute voix les lettres de Valphahet, écrites à la craie sur le tableau noir. Les camarades répètent les mêmes lettres en criant à tue-tête.

Pendant de longues heures, c'est la répétition ennuyeuse du même exercice. Les enfants sont distraits. Voyez -les : l'un s'endort accoudé sur la table de travail; l'autre regarde picorer les poules. Quelquefois on écrit une page d'écriture, rarement on calcule.

Le savoir de l'instituteur, un pauvre paysan, n'est pas bien étendu. L'histoire, la géographie, les sciences naturelles ne sont pas enseignées. Avec des écoles si mal installées, l'ignorance, avant 1789, était générale dans les campagnes et même dans les villes.

L'école de nos jours.

De nos jours, dans presque tous les villages, la maison d'école est facilement reconnaissable. C'est l'habitation la plus belle, la plus coquette. La toiture est ifaite avec des tuiles rouges, toutes neuves. Les fenêtres, larges et hautes, laissent entrer le bon air.

Dans la classe, grande pièce au plafond élevé, les élèves s'assoient sur des bancs munis de dossiers. Aux murs sont suspendues des cartes de géographie, sont fixés des tableaux, superbement coloriés, représentant les grands faits de l'histoire de France.

La classe commence. Le maître, un savant , fait des leçons instructives et amusantes. Les enfants l'écoutent volontiers ; nul n'est distrait. Le silence est complet ; on entendrait voler une mouche !

Mes amis, de tout cœur remerciez la République. C'est elle qui, dans tous les villages, a construit vos écoles modèles. Elles sont le château de l'enfance.

Résumé. — Un troisième bienfait de la République est d'avoir mis l'instruction complète à la portée des enfants du peuple.

Avant 1789, l'école était une misérable chaumière ; de nos jours, c'est la plus belle maison du village.

Aimons la France et la République.

(XXe siècle)

Causerie sur la gravure. — ¥ive Jacques Bonhomme! — Mes amis, reconnaissez-vous Jacques Bonhomme d'il y a mille ans, Jacques Bonhomme d'il y a cent cinquante ans? — Non, bien certainement.

Jacques Bonhomme aujourd'hui possède l'aisance. Grâce à la Révolution et à la République, sa condition s'est améliorée; celle de ses fils sera plus brillante encore. Ainsi le veut la belle loi du progrès.

Récit. — 1. Grâce à la sagesse du gouvernement républicain, la France jouit des bienfaits de la paix. — 2. La condition des ouvriers et des paysans est devenue meilleure. Ils sont mieux logés, mieux nourris, plus instruits. — 3. Aimons de tout cœur la République. Sachons sacrifier notre vie pour défendre notre chère France !

Jacques Bonhomme aujourd'hui.

Voici Jacques Bonhomme, le descendant actuel des paysans, Jacques Ronhomme. Il habite le même village du Puiset, où ses pères ont souffert depuis mille ans. Quel changement! les maisons sont coquettes. Tout annonce l'aisance. Plus de dîme, plus de corvée. Jacques Ronhomme jouit en paix du fruit de son travail. Il bénit la grande Révolution qui a fait de lui un homme libre, un citoyen français.

Voici ses fils : Paul est officier; André, ingénieur. Le cadet, Pierre, est resté paysan : ne le plaignons pas ; aussi instruit que ses frères , il saura tirer de la terre féconde les moissons dorées qui donnent la richesse. — Volontiers, tous bénissent la République qui a ouvert ses écoles aux enfants du peuple, qui permet aux humbles d'améliorer leur condition.

Jacques Ronhomme aujourd'hui est heureux de son bien-être; il est fier de ses enfants. Mais le brave homme n'est point ingrat : il aime son beau pays de France. Là reposent ses aïeux, ses malheureux aïeux, qui ont arrosé cette terre aimée de leurs sueurs et de leurs larmes. Malheur à qui attaquera ce sol pour toujours sacré ! Jacques Ronhomme donnera tout pour défendre sa chère France : il donnera ses biens, sa vie ; il donnera le sang de ses fils bien-aimés 1

Peut-on rêver un moyen plus habile pour attacher le peuple aux anticléricaux? On les présente aux électeurs comme étant seuls de vrais républicains. Pour éviter la misère d'autrefois enseignée à l'école par MM. Guiot et Mane, les paysans votent pour eux, tout en condamnant leur attitude irréligieuse, et en restant de bons chrétiens. Est-ce surprenant? Pas le moins du monde.

§ 2. — M. Devinât poursuit le même but que MM. Guiot et Mane

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