LÀ PRESSION ADMINISTRATIVE DANS LE DÉPARTEMENT D'INDRE-ET-LOIRE
Grande démonstration politique avant une élection municipale A La Tour- Saint -Gelin
(( Fête républicaine. — Pour commémorer la fondation de la première République, le comité républicain de La Tour-Saint-Gelin avait organisé, dimanche dernier, par anticipation, une grande fête républicaine.
(( Placée sous les présidences d'honneur de MM. Kuhn, sous-préfet de Ghinon ; docteur Foucher, député de l'arrondissement, et Bridel, conseiller général , maire de Richelieu , cette fête , réussie en tous points , avait attiré beaucoup de monde à La Tour-Saint-Gelin.
ce Vers 3 heures et demie , à l'arrivée du landau menant les officiels , la foule se tint massée sur la route. A leur descente de voiture, MM. Kuhn, Foucher et Bridel sont reçus à l'entrée du pays par MM. Marchand, président du comité républicain; Champigny, président d'honneur; Agenet, vice - président ; Ferrand, trésorier; Boyer, secrétaire, et les membres du comité; M^^^ Pivet, institutrice, et ses élèves, pendant que la fanfare municipale de Ghampigny-sur- Vende , dirigée par son excellent chef M. Tatout, instituteur, joue la Marseillaise,
(( Après un échange de poignées de mains, M. Marchand souhaite en ces termes la bienvenue aux invités :
(( Monsieur le sous-préfet,
(( Monsieur le député ,
(( Monsieur le conseiller général,
(( Au nom du comité d'action laïque et républicaine de La Tour-Saint- Gelin et, je puis bien le dire aussi, au nom de tous les républicains de notre commune, j'ai l'honneur de vous souhaiter la bienvenue parmi nous.
(( Nous considérons comme une fortune exceptionnelle d'avoir pu réunir aujourd'hui ici, à la fois, le réprésentant du gouvernement de la République dans l'arrondissement, notre représentant à la Chambre des députés et notre représentant au conseil général.
(( Dans un instant nous allons vous dire , messieurs , quelle signification il faut donner à cette fête que nous avons organisée et à laquelle vous nous faites l'honneur d'assister.
ce En attendant , nous vous invitons à vous rendre avec nous au siège de notre comité.
« Le trajet nous en sera rendu agréable grâce à nos bons voisins et amis les républicains de Champigny, qui nous ont apporté le concours précieux de leur musique municipale pour rehausser l'éclat et les charmes de la fête.
a Encore une fois,
« Monsieur le sous-préfet,
(( Monsieur le député,
(( Monsieur le conseiller général,
(( Soyez les bienvenus ! »
(( Les applaudissements sont à peine terminés, que trois mignonnes et gracieuses fillettes : Mi^^s Durand, Agenet et Brault, s'avancent vers MM. Kuhn, Foucher et Bridel, et leur remettent à chacun un superbe bouquet qui ne fait que redoubler les applaudissements.
« M^'e Durand lit le petit^ compliment suivant :
(( Monsieur le sous-préfet,
(( Les membres du comité républicain de La Tour- Saint -Gelin, en me chargeant de vous offrir cette gerbe de fleurs, ont voulu vous montrer qu'ils sont fermement attachés au gouvernement de la République que vous représentez.
(( Ils n'ont jamais failli à leur devoir, et leurs vœux les plus chers seraient de la voir, cette belle République, de plus en plus compatissante pour tous ceux qui souffrent, de plus en plus clémente pour ceux qui font sa force : les travailleurs.
« Vous les connaissez tous , monsieur le député, ces braves républicains de La Tour; vous savez que c'est sans arrière-pensée qu'ils vous présentent ce bouquet tricolore. Puissiez-vous, sous l'emblème des trois couleurs qu'on y remarque, contribuer dans une large mesure à garder précieusement toutes leurs libertés 1
ce Quant à vous , monsieur Bridel , vous savez avec quel plaisir le comité républicain vous reçoit chaque année. Il ne demande qu'une chose, c'est que vous acceptiez ce gage de sympathie d'aussi bon cœur qu'il vous est présenté. »
« On applaudit, et M. Kuhn prend la parole.
ce Le distingué sous -préfet de Chinon dit combien il est heureux d'être reçu, au seuil de La Tour- Saint -Gelin, par des personnes charmantes qui personnifient la grâce et la jeunesse et par les membres du comité républicain, qui ont eu la très heureuse pensée de fêter l'anniversaire de la fondation de la première République. Il est heureux également de voir réunis dans un même sentiment de concorde tous les véritables républicains de La Tour-Saint-Gelin. (Applaudissements.)
a Le sympathique député de Chinon remercie à son tour. « Ces paroles me vont au cœur, dit -il, et je suis en pleine communauté d'idées avec les républicains de La Tour-Saint-Gelin, qui font un accueil sympathique à M. le sous-préfet, à M. le conseiller général et à moi.|» M. le docteur Foucher ne cache pas non plus la joie qu'il éprouve d'être reçu aux portes de La Tour-Saint-Gelin par les membres du comité républicain, ses amis, qui continueront à lui accorder leur confiance pour mener victorieusement la lutte en 1910. Puis, s'avançant vers M. Marchand, il dit en terminant : a Permettez -moi, mon cher président, de vous serrer la main. ))
a On applaudit vigoureusement et on crie : Vive la République !
(( Ensuite l'aimable conseiller général, maire de Richelieu, assure de son entier dévouement le comité de La Tour-Saint-Gelin et tous les républicains, qui, dit-il, peuvent compter sur lui. On [applaudit une dernière fois; le cortège se forme et l'on se rend, précédé de la musique qui exécute un entraînant pas redoublé, au siège du comité, dans la salle de M. Durand, cafetier, où est servi un Champagne d'honneur.
(( La musique nous régale d'un gentil morceau, et l'on pénètre dans la salle, où M. le président du comité lit le discours suivant :
(jc Monsieur le sous-préfet,
(( Monsieur le député,
(( Monsieur le conseiller général.
(( Au nom du comité d'action laïque et républicaine de La Tour-Saint- Gelin et en mon nom personnel, je vous remercie d'être venus parmi nous.
ce Vous avez ici, messieurs, une phalange de républicains groupés et fortement organisés à la suite de leur échec aux élections municipales de 1908. Le découragement leur est inconnu. Ils préparent les triomphes futurs par leur juste et ardente propagande des idées de liberté, de laïcité et de prévoyance sociale qui sont à la base du programme républicain.
ce Dès les premiers jours de la création de notre comité, vous nous avez prodigué des marques d'encouragement que nous n'oublierons pas. Recevez-en ici, monsieur le sous- préfet, l'hommage de notre profonde et respectueuse reconnaissance.
ce Nous ne saurions oublier non plus le bienveillant appui que n'a cessé de nous accorder notre sympathique conseiller général, M. Bridel.
(( Nous sommes également heureux de saluer le nouvel élu de la circons-
cription de Ghinon, M. Foucher, qui s'est fait un devoir d'assister à notre manifestation républicaine. Il peut être certain de trouver ici la majorité qu'il a obtenue aux dernières élections, majorité qui ne fera que s'augmenter lorsque les électeurs le connaîtront mieux et sauront qu'en toutes circonstances il se fera le défenseur de nos intérêts les plus chers.
ce Messieurs,
(jc L'action du comité que j'ai l'honneur de représenter a été diversement interprétée par nos adversaires, mais nul plus que nous ne désire l'union de tous les républicains. Nous savons trop que c'est de cette union que sortirent toutes les réformes laïques et sociales de la troisième République. Nous voulons être accueillants, tolérants; mais nous ne saurions être dupes.
ce C'est à cette union que je bois, à vous, monsieur le sous -préfet, qui êtes le plus digne représentant du Gouvernement républicain ; à vous, monsieur le député et monsieur le conseiller général, et à la République laïque et démocratique. »
(( De longs cris de : Vive la République! accueillent le discours de M. Marchand.
« M. le sous -préfet remercie M. le président du comité des paroles aimables qu'il vient de lui adresser. Puis, en des phrases heureuses, il refait l'histoire de la fondation du comité républicain.
ce C'est de la nécessité de se sentir les coudes, de se grouper, de s'unir pour être forts que l'idée est venue aux républicains de La Tour-Saint-Gelin de fonder le comité d'action laïque et de défense républicaine. C'est, poursuit-il, au milieu des critiques qu'il a pris naissance. J'ai [assisté à ses débuts, j'ai suivi sa marche, je sais vers quel but il se dirige. ))
ce Ensuite M. Kuhn ajoute que c'est pour lui un plaisir en même temps qu'un devoir d'encourager les républicains à faire triompher les idées républicaines. Ils peuvent donc compter sur son concours dévoué et sur tout son appui.
ce En terminant, il remercie la fanfare municipale de Ghampigny et tout particulièrement son dévoué chef, M. Tatout, pour le concours précieux qu'elle a apporté dans la réussite de la fête. Il boit à tous les membres du comité et à son président, M. Marchand. (Applaudissements nourHs.)
(( M. Foucher lui succède.
ce II s'associe aux éloquentes paroles du plus aimable des sous- préfets républicains, ce Je suis fier, dit -il, de me trouver à ses côtés au milieu des républicains de la Tour-Saint-Gelin, qui peuvent compter sur mon appui et sur mon concours dans toutes circonsUmces. » Puis il remercie M. le président et tous les membres du comité républicain de l'avoir convié à cette fête républicaine, qui ne manquera pas de porter ses fruits dans l'avenir.
(( Abordant la période tourmentée des élections législatives dernières, M. le docteur Foucher déclare que, quelque dure qu'ait été la lutte, il n'en
restera dans son cœur aucun sentiment de rancune, rien que l'agréable souvenir d'une victoire républicaine.
(( Marchons unis, dit-il en terminant, et nous triompherons en 1910 comme nous avons triomphé en 1909. y>
(( On crie : Vive la République ! Vive Foucher !
a M. Bridel, conseiller général, remercie chaleureusement M. le président et les membres du comité républicain et les assure à nouveau de son appui le plus ferme et de son amitié la plus profonde, a Vous pouvez compter sur moi, dit-il en terminant, comme je peux compter sur vous. »
a: On applaudit frénétiquement les paroles de M. Bridel, qui est l'objet d'une belle manifestation de sympathie.
(( On trinque, on boit à la République et à la prospérité du comité.
« A peine si on a le temps de griller une cigarette en savourant un verre d'exquis Champagne, qu'il nous faut repartir pour la place de la Mairie, où la musique nous fait entendre les cinq plus jolis morceaux de son répertoire.
« Compliments aux dévoués musiciens et à leur excellent chef, M. Tatout.
(( Remarqué, en passant, l'absence du drapeau sur le bureau de poste et sur la mairie.
« Le concert terminé, le cortège se reforme et se rend à la salle Guérin- Ouvrard, où a lieu le banquet sous une tente décorée de drapeaux et de guirlandes.
(( La salle est trop petite pour contenir les deux cents convives qui cherchent à s'installer autour des tables disposées en fer à cheval et fort bien dressées, ma foi. On dut installer devant l'entrée d'autres tables, où prirent place les musiciens et tous ceux qui n'avaient pu trouver de place sous la tente.
(( A la table d'honneur ont pris place les présidents d'honneur : MM. Kuhn, docteur Foucher et Bridel.
« A leurs côtés : MM. Pavard, maire de Champigny ; Champigny Pierre, président d'honneur du comité républicain ; Durand, maire de Ghaveignes ; Gaillé, maire de Ghézelles ; Marchand, président du comité; Agenet, viceprésident, et les membres du bureau ; Déletang, adjoint au maire de Richelieu ; Beaudry, président de la société de tir.
(( Remarqués également : MM. Ghampigny, maire deGourcoué,etBrion,son adjoint; Ferrand, percepteur de La Tour-Saint-Gelin ; Gampion, percepteur à Richelieu; Dupré, percepteur à Ghampigny; Bouchon, secrétaire de la sous-préfecture de Ghinon; Roy, agent voyer à Richelieu ; Marchais, instituteur à La Tour-Saint-Gelin; Tatout, [instituteur à Ghampigny, chef de la fanfare; Piraudeau, vice -président du comité républicain de Ghampigny; Audebert, conseiller municipal de Marigny-Marmande; Lebert-Menanteau, Moutardier, Durand ; les membres du comité républicain et de la société de tir, etc. etc.
c Menu excellent, service bien fait.
c( Pendant le banquet, plusieurs chanteurs se firent entendre, ainsi qu'une jeune et élégante chanteuse, M^'e Elisabeth Maugein, dont la jolie voix a charmé tous les convives. Les applaudissements ne lui ont pas été ménagés, ainsi qu'à MM. Maupuy, Agenet et Grochard.
(( Au dessert, M. Agenet, dont chacun a apprécié la belle voix et les chansons républicaines, a lu l'adresse suivante :
(( Messieurs,
(c Au nom du comité républicain, je remercie M. le sous- préfet, M. le député, M. le conseiller général et tous les amis républicains qui ont bien voulu nous assister à la manifestation républicaine d'aujourd'hui.
(( Je leur propose d'acclamer l'adresse suivante, que M. Foucher, député de l'arrondissement, se chargera de transmettre à M. Briand, président du Conseil, ministre de l'intérieur :
(( Les membres du comité d'action laïque et républicaine de La Tour- (( Saint -Gelin , réunis en un banquet de plus de deux cents convives , placés (( sous les présidences d'honneur de M. le sous- préfet de Chinon et de (( M. Bridel, conseiller général, donnent leur adhésion au programme de (( réformes démocratiques et sociales contenues dans la déclaration ministé- (( rielle faite à la Chambre par M. Briand, président du Conseil. î
(( Cette adresse, acclamée par la salle entière, est remise à M. le député, qui la transmettra à M. Briand.
(( M. le sous -préfet se lève à son tour pour remercier M. le vice -président du comité républicain de l'adhésion qu'il veut bien donner au programme du Gouvernement, et exprime toute sa satisfaction d'être venu à La Tour -Saint -Gelin, qu'il va quitter sous la meilleure impression. Puis il félicite les républicains de leur fête, fête dont ils doivent être à bon droit justement fiers. (( Vous avez, dit- il, s'adressant aux membres du comité républicain, un grand devoir à remplir; vous avez à faire l'éducation républicaine, à entretenir cette foi républicaine qui doit être, comme au temps jadis dans les temples, cette flamme qui ne doit jamais s'éteindre. Vous avez, ajoute- t-il, à vous préparer pour le jour prochain des revanches futures. )) (Applaudissements.)
oc Ensuite M. Kuhn déclare qu'il sera bref, car il voit une jeunesse impatiente qui brûle du désir de se livrer au plaisir de la danse.
a II remercie le comité républicain de La Tour- Saint -Gelin, la musique de Champigny et son chef distingué M. Tatout. (Applaudissements.)
(( M. Kuhn rappelle ensuite avec chaleur quelques phases des dernières élections législatives, a Croyez-vous, dit-il, que nos adversaires seraient ici aujourd'hui s'ils avaient été vainqueurs? Croyez- vous qu'ils seraient venus s'asseoir à ce banquet républicain? » — C'est pourquoi il se réjouit du succès du docteur Foucher.
(( Nul n'est mieux qualifié que lui, ajoute- t-il, pour représenter l'arrondissement et pour remplir le mandat que les républicains viennent de lui confier. Le sufl'rage universel s'est prononcé par un verdict définitif. Mais,
— aso —
poursuit- il, l'œuvre n'est pas achevée. Nous aurons l'an prochain à combattre les faux républicains qui s'intitulent boulangistes , nationalistes. Malgré ces coalitions, nous assisterons de nouveau au triomphe de notre ami Foucher ; car vous ferez, l'an prochain, à ces faux républicains, la même réponse que vous leur fîtes en 1889 et aux dernières élections. » (Applaudissemeyits prolongés.)
ce Ensuite M. le sous-préfet flétrit les cléricaux, qui veulent faire de notre héroïne nationale l'instrument de leur parti.
ce Avant de terminer, M. le sous- préfet passe rapidement en revue les lois et les réformes importantes votées dernièrement par les Chambres, lois qui sont tout à l'honneur de la troisième République.
ce En terminant, il boit au comité républicain de La Tour-Saint-Gelin, au cri de : Vive la République! répété par tous les convives. M. Foucher, député, lui succède.
(( Il tient à remercier, tout d'abord, M. le président et M. le vice-président du comité pour la belle réception qu'ils lui font aujourd'hui. Ensuite il remercie M. le sous -préfet des élogieuses paroles qu'il vient de lui adresser. (( Merci à tous ! s'écrie-t-il ; vous pouvez avoir confiance, car je saurai faire tout mon devoir de vrai républicain. » Et, dans une superbe envolée, il salue les hommes illustres de la première République : Condorcet, Danton, Camille Desmoulins, etc., auxquels il rend hommage.
(( Puis il remercie les électeurs républicains , — soldats et chefs, — qui ont jfait triompher la République sur son nom dans l'arrondissement de .Chinon, dans ce bel arrondissement qui restera toujours républicain, quoi qu'en disent nos adversaires. Il n'oublie pas non plus, dans ses remerciements, M. Bridel, le sympathique conseiller général de Richelieu, ainsi que M. Guertin, conseiller d'arrondissement, qu'il aurait été heureux de voir à ce banquet républicain.
ce Ensuite M. le député rappelle l'œuvre accomplie par le parti radical et radical-socialiste, et énumère une à une les lois votées par le Parlement, et celles qui ne tarderont certainement pas à aboutir, notamment les retraites ouvrières et paysannes, lois d'assistance avec le principe de l'obligation, l'impôt global et progressif sur le revenu, le dégrèvement de la propriété foncière et le rétablissement du scrutin de liste. Il se déclare également partisan d'un seul enseignement : l'enseignement par l'Etat.
(c Je serai toujours avec ceux, poursuit-il, qui rechercheront à améliorer sans cesse les conditions de la vie ; avec ceux ^qui marcheront résolument vers une politique d'émancipation humaine et de progrès social ; avec ceux qui travailleront à donner plus de liberté, plus de justice, plus de fraternité et de solidarité dans notre belle démocratie. Tel est mon idéal. {App laudissements . )
(( C'est avec un grand plaisir, continue-t-il, que je transmettrai l'adresse des républicains de La Tour-Saint-Gelin au président du Conseil. »
ce En terminant , il lève son verre au président du comité , et boit au succès de M. Agenet, que les républicains J auront à cœur d'envoyer
dimanche prochain au conseil municipal. {Salve d'applaudissements.)
a M. Bridel déclare, en se levant, n'avoir que quelques mots à dire, car il croirait manquer à son devoir s'il ne remerciait pas à son tour ses amis de LaTour-Saint-Gelin de l'accueil très cordial et très sympathique qu'ils lui ont fait aujourd'hui.
« Le comité, dit-il, est placé en de bonnes mains, et je suis assuré que, grâce à sa vigilance et à sa sagesse, il arrivera à chasser de la mairie cette politique bâtarde qu'on y pratique aujourd'hui. (Applaudissements prolongés.)
ce Grâce à votre zèle et à votre discipline, ajoute-t-il, le nom de l'honnête et impeccable républicain qui est mon ami Agenet sortira vainqueur de l'urne dimanche prochain. »
(( En terminant, il remercie ses amis Kuhn et Foucher de l'avoir accompagné; il boit à la commune de La Tour- Saint- (xelin et à la République. {Vigoureux applaudissements. Cris nourris de : Vive la République!)
« Le banquet se termine par la Marseillaise^ chantée par le citoyen Agenet et par tous les assistants debout. Il est neuf heures.
a Une demi-heure après, la salle du banquet était transformée en salle de bal, et un brillant orchestre entraînait la belle jeunesse de La Tour- Saint- Gelin, qui s'est livrée à son plaisir favori jusqu'à une heure fort avancée de la nuit', nous rapporte l'écho.
(( Dans les rues, l'animation est inaccoutumée; on admire successivement les illuminations très réussies de MM. Gouin, Durand et Guérin- Ouvrard, débitants.
a. Il est près de onze heures quand MM. Kuhn, Foucher et Bridel regagnent leur voiture, salués par tous les républicains.
(( En résumé, c'est une belle et bonne journée pour le parti républicain et pour la République, journée dont nous remercions vivement le comité républicain et tous nos amis de La Tour-Saint-Gelin. ))
Le 7 octobre 4909, on pouvait lire, dans les colonnes du même journal anticlérical, la réponse du ministre.
ce Lettre de remerciements. — M. le docteur Foucher, député de l'arrondissement, a fait parvenir à M. Marchand, président du comité républicain, les remerciements suivants qu'il a reçus le mois dernier de M. Briand, président du Conseil, ministre de l'intérieur.
(( Paris, le 23 septembre 1909.
ft Monsieur le député et cher collègue,
a Vous avez bien voulu me faire parvenir une adresse de félicitations et de dévouement au Gk)uvernement, votée par les membres du comité d'action laïque et républicaine de La Tour-Saint-Gelin.
(( Je vous prie de vouloir bien agréer et faire agréer aux signataires de cette adresse tous mes remerciements et ceux des autres membres du Gouvernement, qui ont été touchés, comme moi, de cette manifestation de sympathie.
(( Agréez, monsieur le député et cher collègue, l'assurance de ma haute considération.
a Pour le président du Conseil, ministre de l'Intérieur,
(( Le secrétaire général :
(( Henry Lucas. »
Cette réunion de La Tour-Saint-Gelin était un modèle du genre. Elle ne pouvait passer inaperçue aux yeux de la postérité. Il importe que nos descendants sachent par quelle tyrannie le bloc -anticlérical a régné en France.
Les préfets et les sous-préfets font une pression indicible sur le corps électoral pour lui faire élire ;les candidats de leur choix. Néanmoins, le Conseil d'Etat condamne la candidature officielle.; Il a annulé l'élection de M. Albert comme conseiller général du canton d'Amplepuis (Rhône). Motif : M. Albert n'avait dû son élection qu'à la candidature officielle.
Voici le texte de cet arrêt :
(( Le Conseil d'État,
(( Considérant qu'il résulte de l'instruction que le préfet du département du Rhône et le sous-préfet de l'arrondissement de Villefranche ont visité, à la date du 30 juin 1907, quatre des cinq communes dont se compose le canton d'Amplepuis ;
<( Que cette visite a été faite avec le sieur Albert , conseiller général sortant et candidat aux élections auxquelles il allait être procédé dans le mois de juillet;
« Qu'au cours de cette journée, le préfet, le sous -préfet et le sieur Albert ont assisté ensemble à diverses cérémonies ou réunions qui se tenaient dans les communes ;
ce Qu'en admettant que la visite dont il s'agit ait été motivée par l'intérêt que l'administration pouvait avoir à vérifier jl'état d'avancement des travaux d'un chemin de fer traversant le canton d'Amplepuis, la date à laquelle elle a eu lieu et les circonstances qui Vont accompagnée ont été de nature à influencer les électeurs et à modifier le résultat du scrutin ;
« Que, dans ces conditions, et eu égard à ce fait que le sieur Albert n'a obtenu que 75 suffrages en sus de la majorité absolue, il y a lieu de prononcer l'annulation des opérations électorales, sans qu'il y ait lieu d'examiner les autres griefs.
(L Décide :
(( Les opérations électorales auxquelles il a été procédé le 28 juillet 1907 dans le canton d'Amplepuis, pour la nomination d'un conseiller général , sont annulées. »
Quelle incohérence dans la politique anticléricale î
Qu'il y a loin de la théorie à la pratique I Avant chaque élection, le Gouvernement condamne la candidature officielle; mais il la pratique ensuite