‹ L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeurChapitre 56 sur 79 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

PREMIER MOYEN ADOPTÉ PAR L'ANTICLÉRICALISME POUR TERRORISER LE PEUPLE : L'INCENDIE

La franc-maçonnerie a organisé des troubles et des incendies au moment des élections dans ces dernières années.

Ce fut d'abord l'incendie de l'église d'Aubervilliers, au début du mois de mai 1900. On voulut écliafauder un scandale clérical sur ce sinistre. Voici comment s'y prit l'anticléricalisme. La Croix l'a raconté dans son numéro du 7 mai 1900.

(( On vient, écrivait - elle , de faire arrêter M. Koscher, sacristain de l'église d'Aubervilliers.

a Sur quelles preuves, sur quels soupçons a été faite cette arrestation ?

« M. Gochefert, directeur de la Sûreté, répond :

« Ce sacristain a contre lui des contradictions dans ses déclarations. ))

(( Au parquet, où d'ordinaire on est si communicatif quand on tient un coupable avéré, on se refuse à toute explication; on laisse planer le mystère.

(( Jusqu'à ce que l'on nous ait fait connaître, dit V Éclair , les motifs sur lesquels on se fonde pour mettre en prison M. Koscher, nous aurons le droit de considérer qu'à la veille des élections, on a voulu éviter les polémiques que soulevait l'attentat d'Aubervilliers.

a Le sacristain, souvent pris de vin, qui faisait sa compagnie d'un tas de galvaudeux, autorise sans doute, sinon de certains soupçons, du moins l'absence de certains ménagements à son endroit. Mais aura-t-on pu le mettre en état d'arrestation, l'interroger, et finalement le relâcher, sans paraître avoir cédé simplement à la tendance ? »

(( Déjà, dès le lendemain de l'attentat, les amis du Gouvernement, qui ne veulent pas que les criminels soient des anarchistes, avaient déclaré que l'incendie avait dû masquer des désordres dans la comptabilité.

(( On put établir heureusement, dit encore V Éclair, pour M. l'abbé Bernard, — sans quoi il serait sous les verrous à la place du sacristain, — que les livres de la fabrique n'étaient pas à l'église, qu'ils existaient non brûlés et parfaitement en règle.

(( L'hypothèse se modifia, ajoute V Éclair : on nous fit connaître, officieusement, que nous nous égarions, et que le coupable était M. Bouffej^ choux, le suisse. Il avait mis le feu, non pour cacher un vol, — car il avait fallu écarter l'idée du vol, — mais pour être agréable au curé, qui désirait toucher une prime d'assurances. Dans sa faiblesse d'esprit, il aurait pensé faire œuvre pie en incendiant l'édifice. »

ce On accusa donc le suisse d'avoir volé des objets le jour de l'incendie. On l'avait vu, disait-on, emporter un paquet.

« Le suisse , qui a été blessé dans le sinistre, a reconnu avoir emporté un paquet : c'était son chapeau de cérémonie.

(( Une perquisition faite à son domicile établit la véracité de ses dires : le chapeau était encore enveloppé dans une serviette, formant un paquet. (( On abandonna donc le suisse, et l'on prit le sacristain. (( On était, dit toujours le journal précité, en présence d'un personnage souvent ivre, d'un esprit épais, et dont les déclarations manquaient de franchise, car il aurait dû avouer plus de stations au cabaret qu'à l'église. )) c( L'accusation d'incendie de l'église, par ordre du curé, n'est pas seulement odieuse, elle est contraire au bon sens.

a Ceux qui soutiennent que M. le curé d'Aubervilliers va bénéficier d'une prime d'assurances semblent ignorer que l'église d'Aubervilliers, comme la plupart des églises, appartient à la commune. C'est donc la commune et non le curé qui toucherait la prime d'assurances.

(( L'incendie, loin de profiter en quoi que ce soit au curé, cause un préjudice considérable à la fabrique : les communes, en effet, ne sont guère généreuses quand il s'agit de réparations aux édifices du culte , et il faut que la fabrique, et souvent le curé, participent de leurs deniers pour la plus grande part.

(( N'est-il donc pas absurde de supposer que le sacristain ait mis le feu à l'église pour être agréable à M. l'abbé Bernard?

(( Un notable commerçant d'Aubervilliers, peu suspect de cléricalisme, exprime ainsi son opinion :

(( Au lendemain de l'attentat, j'ai prévu ce qui est arrivé : on voulait à toute force rendre le curé responsable de l'incendie de notre église.

ce Pourquoi ? Parce qu'il faut un coupable à la justice et au public pour tous les crimes qui émeuvent l'opinion publique. Or, les vrais coupables sont connus. La voix publique les désigne.

a Ce sont eux probablement qui ont porté témoignage contre le sacristain.

(( La justice est-elle dupe ou complice ? Je l'ignore. a Mais il est permis de s'étonner qu'on ait attendu jusqu'à la veille des élections pour faire éclater ce scandale.

ce Je mettrais ma main au feu que le sacristain est innocent. Je connais beaucoup ce pauvre diable ; il cultive peut-être autant la vigne du Seigneur que son église, et c'est ce qui explique ses contradictions.

(( Il est dur, en effet, d'être obligé d'avouer de trop nombreuses visites au cabaret et de s'exposer ainsi à perdre son gagne- pain.

(( On relève contre lui une autre charge.

(( Pour quelle raison a-t-il oublié dans la sacristie les clés du coffrefort?

(( Mais cette distraction arrive à tout le monde. J'ai bien laissé hier mon propre coffre-fort grand ouvert.

(( Enfin, le bon sens indique que, si le sacristain était le coupable, il aurait pris toutes les précautions nécessaires pour dérouter la police et n'aurait pas commis cette maladresse enfantine de laisser les clés au coffrefort.

(( Je suis convaincu que nous allons assister à un gros scandale, soigneusement préparé de longue main. »

(( D'après d'autres informations très précises, nous sommes autorisé à affirmer que, contrairement à certaines allégations, le sacristain de l'église d'Aubervilliers n'est pas du tout l'ivrogne invétéré qu'on a voulu dépeindre. Il était très "exact à son service. La population est unanime à le reconnaître. ))

Les journaux catholiques continuèrent leur enquête pour connaître les vrais coupables et contrôler les fausses accusations du bloc. Deux jours plus tard, la Croix insérait ces lignes :

(( On est très ennuyé au parquet de l'arrestation du sacristain , arrestation qui n'a été, — nous en avons la certitude, — qu'une manœuvre électorale de la dernière heure.

(( Aucune charge n'a pu être relevée contre M. Koscher ; aussi ne l'a-t-on pas interrogé hier.

« Tous les renseignements recueillis par M. le juge d'instruction Lemercier vont à l'encontre de l'accusation du parquet.

(( M. l'abbé Bernard a remis à M. Lemercier des lettres comminatoires reçues par lui en septembre dernier. On le prévenait que sa (( boîte » serait brûlée sous peu. .

(( Très inquiet, M. l'abbé Bernard fit exercer une surveillance autour de l'édifice. Les dépenses nécessitées par ce service de garde, qui dura une quinzaine de jours, figurent sur les registres de la fabrique.

ce Le juge d'instruction va soumettre ces lettres à l'examen d'experts en écriture.

(( M. Lemercier n'interrogera que demain le sacristain de l'église d'Aubervilliers.

(( Il est à peu près établi que les malfaiteurs ont pénétré dans l'église non par la porte du clocher, mais par une lucarne située sur le clocher.

« Ils y ont grimpé à l'aide du paratonnerre. L'année dernière, déjà, des malfaiteurs, se hissant sur le toit de la même façon, avaient dérobé le ploml) de la toiture.

« Me Aubain demandera demain la mise en liberté provisoire du sacristain. »

La lumière se faisait de plus en plus sur les manœuvres anticléricales. Le bloc jugea prudent de liquider au plus tôt une affaire qu'il ne pouvait plus exploiter contre l'Eglise. Le Matin fut chargé de clore le débat. Il le fit très habilement. Il rapporta, sous le titre Singuliers procédés, l'interview suivante de M^^^ Koscher :

(( C'est monstrueux, dit-elle, d'accuser mon mari d'avoir commis ou facilité de pareilles atrocités ! Informez-vous ici. Demandez à tous ceux qui le connaissent : ils vous répondront qu'il est incapable de pareille infamie. Il est innocent, j'en suis certaine, et il vient encore de me le répéter à l'instant ; il le prouvera sans peine, et il faudra bien alors qu'on le remette en liberté !

<( — Et maintenant, demandons-nous, où en est l'affaire?

(( — Mais j'espère bien qu'on va le relâcher ! s'écrie M™e Koscher. Il le pense aussi, et il me le disait tout à l'heure : (( J'ai beaucoup pleuré, a-t-il dit, j'ai été très abattu ; mais j'ai pu prouver que j'avais bien fermé toutes les portes de l'église et que les misérables n'ont réussi à pénétrer qu'à l'aide d'escalade. Maintenant je suis fort, je suis courageux et je suis certain que mon avocat obtiendra ma liberté. ))

(( — Ainsi, vous avez bon espoir ?

(( — Oh 1 riposte M™^ Koscher, j'ai une confiance absolue. Mon mari est innocent : il faudra qu'on le relâche. ))

Il fut mis en liberté peu après. Le journal blocard avait indirectement imposé cette mesure, afin d'éviter des ennuis à son parti.

Un habitant d'Aubervilliers avait déclaré à V Éclair , dans les premiers jours de mai : a Les coupables sont connus : ils sont quatre ou cinq. Mais on semble faire exprès de passer à côté d'eux. » Ce journal ajoutait, en rapportant cette déclaration : (( Nous pourrions donner à ce propos un plus visible caractère d'authenticité, mais nous ne voulons compromettre personne. ))

Les coupables durent être arrêtés devant les précisions de la presse et des habitants d'Aubervilliers. Une instruction fut ouverte contre le citoyen Barreau, délégué cantonal et secrétaire de la Libre-Pensée.

A quoi fut-il condamné? — Il fut remis en liberté, et on lui décerna les palmes académiques trois ans plus tard.

Si extraordinaire que cela puisse paraître, rien n'est plus vrai. C'est l'organe officiel des apaches qui a appris à ses lecteurs, en sonnant un air de fanfare, que l'un des apaches qui saccagèrent l'église d'Aubervilhers venait d'être décoré I

En 1904, l'église de Suresnes fut cambriolée et incendiée. Les criminels pénétrèrent dans l'intérieur par un vitrail qu'ils brisèrent. Ils fracturèrent les troncs et entassèrent une cinquantaine de chaises qu'ils recouvrirent d'ornements sacerdotaux. Les pompiers arrivèrent à temps pour éteindre l'incendie.

La haine religieuse avait inspiré les coupables. Ils avaient tordu et jeté un Christ dans le bï^sier. Ils avaient aussi lacéré les images du Christ et de la Vierge sur quatre tableaux du chemin de la croix. Le Christ de l'autel de Saint-Joseph avait été mis la tête en bas. Le tabernacle avait été forcé.

L'enquête a établi qu'à Suresnes, il y avait des exaltés. La lutte électorale y avait été vive, cette année-là. Sur le mur de l'église, s'étalaient encore, au moment de l'incendie, les affiches d'un candidat révolutionnaire.

Au mois d'avril 1906, des anticléricaux incendièrent l'église du Bourget et dynamitèrent celle de Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais). C'était au moment des grèves du Nord. Aucune enquête n'a été ordonnée par le parquet relativement à ces attentais. Les coupables ne furent pas inquiétés.

Au mois de juillet de la même année, la commune d'Esves-le-Moutier (Indre-et-Loire) fut le théâtre de plusieurs incendies dans la même semaine. Le journal la Réplique, de Tours, fit à leur sujet les réflexions suivantes :

(( Le succès du candidat radical aux dernières élections a jeté le trouble dans le cerveau des anticléricaux, à en juger par ce qu'ils ont fait dans la nuit du 6 mai. Ne pourrait -il pas se faire qu'un de ces malheureux égarés ait voulu punir plusieurs de ses adversaires politiques, afin de terroriser les autres? Tout est possible. Le feu n'a-t-il pas été mis à plusieurs reprises dans les casernes de Tours? Dans cette nuit mémorable, les anticléricaux d'Esves n'ont-ils pas crié : Les bourgeois, on les pendra; les curés, on les brûlera ! » De fait , n'ont-ils pas, en effigie, brûlé le curé et M. Breton et noyé le maire? Quelqu'un n'a-t-il pas dit à un autre : ce Quand votre bauge sera faite, on mettra le feu dedans ? »

(( Le bruit n'a-t-il pas couru, après le deuxième incendie, qu'un troisième fermier allait griller ? Certaines rumeurs incendiaires n'avaient-elles pas circulé avant ces sinistres? Au bout d'une dizaine de jours de recherches, les gendarmes ont arrêté Baudat, le meurtrier involontaire de la Martinière. Comment se fait-il que l'incendiaire reste introuvable?

« Nous serions heureux de nous tromper; mais, jusqu'à preuve du contraire, nous garderons nos soupçons. C'est un devoir pour tout journal patriote de flétrir les crimes, et de chercher à connaître la vérité, afin d'écarter les soupçons qui pèsent souvent, dans ces cas, sur des innocents. »

Deux mois plus tard, le même journal, faisant allusion au calme dans lequel on laissait les criminels, tandis qu'on pouivuivait un innocent pour une bagatelle, faisait les remarques suivantes :

« Tout le monde sait que trois incendies ont éclaté coup sur coup dans la commune d'Esves, il y a quelques mois. On en rejette la res-

ponsabilité sur des vagabonds imaginaires. Mais personne ne le croit.

(( Le soir du 6 mai, trois cris retentirent dans le bourg : (( A bas Breton i A bas la calotte î A bas Guéri n ! »

(( Les anticléricaux assouvirent leur vengeance contre leurs deux premiers ennemis imaginaires en les brûlant en effigie. Ils ne firent rien contre le troisième, ce soir-là. Mais, peu de temps après, le feu était mis, à trois reprises, dans les 'propriétés [dont il est le régisseur.

ce Quelques misérables auraient-ils voulu se venger de lui de la sorte? Ce qu'il y a de certain, c'est que le dernier incendie s'est déclaré dans un bois voisin de l'Erpénélière, juste au moment où M. Guérin devait quitter sa demeure pour aller offrir des rafraîchissements aux habitants d'Esves qui avaient concouru à l'extinction du feu.

(( Cette coïncidence n'est-elle pas frappante ? »

L'opinion sait à quoi s'en tenir. Pour elle, l'affaire est bien jugée.

En 1908, la tactique anticléricale fut modifiée. Le cambriolage fut employé à la place de la torche et du pétrole.

A la fin de février, l'église de Saint-Étienne de Tours fut cambriolée par des malfaiteurs qui montrèrent plus de haine antireligieuse que d'amour du gain. La sagesse impose de les considérer comme d'ardents anticléricaux. Les portes des tabernacles furent tordues ou arrachées. La croix du maître-autel fut recourbée en forme de crosse, et le crucifix arraché. La nappe de communion fut lacérée. L'huile d'une veilleuse a été répandue sur l'autel de la Sainte -Vierge. Les malfaiteurs impies brisèrent le visage d'une statue du Sacré-Cœur, descellèrent et jetèrent à terre les bénitiers. Ils fracturèrent également les troncs. Ils laissèrent la plupart des objets, se contentant de les détériorer ou de les briser.

N'est-il pas évident que ce cambriolage avait pour but principal de terroriser les catholiques ? Sous ce rapport , le coup fut manqué ; car des milliers de personnes vinrent visiter l'église pendant plusieurs jours, non en simples curieux, mais comme des gens indignés. Plus d'un ouvrier, aux muscles solides, disait : « Oh ! si j'avais été là ! »

Le forfait anticlérical fit vibrer l'âme des Tourangeaux, non pas de peur, mais de colère.

Au commencement de mai 1908, quelques jours avant les élections municipales, furent cambriolées la même nuit : la cathédrale de Chartres et les églises deBagnères (Hautes-Pyrénées), Fraisans (Jura), La Roche-en- Régnier (Haute-Loire). Le 5 mai, la presse parisienne annonçait ces sacrilèges. Il semble qu'on ait choisi, pour les commettre, les départements où la résistance à la loi de Séparation avait été ie plus énergique. On voulait sans doute intimider les populations. La cathédrale de Chartres étant très célèbre, le crime perpétré contre elle était de nature à :impressionner les catholiques de France et à refroidir leur ardeur contre leurs persécuteurs.

En 1909, le nombre des incendies a été incalculable en France. Un jeune incendiaire, arrêté dans la Gironde, a déclaré ceci : (( Si l'on connaissait

ceux qui m'excitaient à mettre le feu, on ne voudrait pas le croire. » Il était l'auteur d'une douzaine d'incendies. Ces sinistres furent le plus nombreux dans les mois d'octobre, novembre et décembre. Le petit séminaire d'Amiens (Somme) et l'église de La Tour -Saint -Gelin (Indre-et-Loire) furent la proie des flammes. Dans cette dernière commune, le bloc anticlérical avait fait une grandiose manifestation pour imposer un radical à l'élection municipale devant avoir lieu dans la quinzaine. Mais il subit un grave échec. Le candidat libéral fut élu. Deux mois plus tard, l'église était détruite par un incendie. A 7 heures du soir, celui qui ferma l'église ne vit rien de suspect ni d'anormal. Une demi-heure après, le clocher était en flammes. La rapidité de cet embrasement ne peut s'expliquer qu'en admettant l'emploi du procédé de l'incendiaire anticlérical Ferrer. Il enduisait de pétrole les portes des couvents et des églises de Barcelone. Il est probable que toutes les boiseries de la sacristie de l'église de La Tour- Saint-Gelin furent enduites de pétrole. Aussi le clocher, situé au-dessus, futil promptement en feu. Pour accomplir ce crime, on avait choisi le moment où le curé de la paroisse était allé voir un malade dans la campagne.

Le 13 mars 1910, des anticléricaux limousins arrosèrent d'essence la porte du cabinet de l'abbé Desgranges , pendant qu'il prêchait à la cathédrale. Puis ils y mirent le feu. Heureusement les pompiers arrivèrent à temps.

La veille , ce digne prêtre avait reçu une lettre anonyme ainsi conçue : ce Sac à charbon! Prends garde, nous ne te perdons pas de vue. Vive Aulard ! »

De nombreux incendies, dont les causes sont restées inconnues, ont éclaté en Indre-et-Loire dans les mois de mars et avril 1910. Les communes qui en ont été le théâtre sont les suivantes : Nouans, Azay-sur-Cher, Rigny-Ussé, Esves-le-Moutier , Athée, Cléré, Auzouer, Gravant, Ferrièresur-Beaulieu , Abilly et Saint-Senoch. Dix hectares de taillis appartenant à M. Guérin ont été détruits par le feu dans cette dernière commune. Vraiment, cet honorable régisseur n'a pas de chance !

Qu'on ne dise pas que les anticléricaux sont incapables de pareils crimes. Ils ont donné à Barcelone une juste idée de leur honorabilité et de leur vertu.

L'émeute de Barcelone, où une quarantaine d'églises et de couvents ont été brûlés, avait été organisée par un franc-maçon libre penseur. Ferrer. Elle éclata en juillet, peu avant les élections municipales. Elle avait pour but de terroriser l'Espagne et le inonde. Quoique la maçonnerie ait organisé partout des manifestations en faveur de ce grand criminel, aucun esprit honnête ne lui a donné son estime, car il en est indigne. La véiité s'est fait jour sur son compte. Les incendies et les assassinats de Barcelone n'auront d'autre résultat que de couvrir de honte les sectaires qui les ont exécutés.

L'émeute avait été décidée dans les loges et organisée de main de maître.

Un inspecteur venait examiner si la police entourait l'immeuble religieux condamné au feu par le chef de l'émeute. S'il constatait son atbsence^ on voyait arriver cinq ou six gamins qui enduisaient les portes de pétrole et mettaient le feu. Une dizaine de jeunes gens venaient ensuite activer l'incendie. Des complices surveillaient les alentours et venaient les pré>venir à bicyclette de l'arrivée des gendarmes ou de la troupe. L'émeute était donc admirablement organisée. Elle devait forcément être dirigée par un chef habile. C'était Ferrer.

Aucun de& soixante-dix témoins appelés à déposer durant son jugement ne l'a déclaré innocenta Le grand nombre et, parmi eux, des conseillers municipaux socialistes et lerrouxistes , dont on ne peut suspecter le témoignage , ont affirmé et soutenu qu'il avait pris une fart très active à la révolution. On l'a vu distribuer des armes et dirigsr certains groiupes d'émeutiers à l'assaut des couvents.

On a d'ailleui's trouvé à sa villa des documents de la plus haute impor-^ tance, prouvamt qu'il était l'âme de tous tes mouvements i-évolutionniaires qui se .sont produits en Espagne depuis 1872. (c II y a des papiers, a dit une personne des plus autorisées, de quoi prouver qu'il méritait non pas une, mais mille fois la peine de mort. )>

Au cours des manifestations qui eurent lieu en faveur de Ferrer, les anticléricaux essayèrent de mettre le feu aux églises en enduisant les portes de pétrole. Ils firent ces criminelles tentatives un peu partout, mais surtout à Rome. Heureusement, les pompiers éteignirent le feu à temps.

Page 1