‹ L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeurChapitre 6 sur 79 · LE PEUPLE EST TROMPÉ · texte numérisé non relu

LE PEUPLE EST TROMPÉ

Dans tous les pays, le peuple est généralement bon. Occupé aux travaux manuels qui lui procurent le pain quotidien, il est naturellement ignorant et, par le fait même, très crédule. Quelle science pourrait-il acquérir, puisqu'il n'a pas le temps de s'instruire ? L'administration d'un pays exigeant des connaissances très étendues au point de vue juridique, religieux, historique, diplomatique, économique, social, hygiénique, etc. etc., un homme du peuple est absolument incapable de les résoudre et même bien souvent de les comprendre à cause de leur difficulté. Un peu de bon sens et de droiture suffit à lui faire avouer son incompétence. A-t-il une grave décision à prendre, vite il demande conseil à celui que sa situation sociale ou sa compétence particulière met en relief. Il convient naturellement de faire exception pour une élite intelligente qui sait admirablement raisonner sur toutes les questions intéressant sa profession. Mais l'expérience apprend que, dans sa majorité, le peuple est incapable de se diriger lui-même. Comme l'enfant, il a besoin d'être formé et protégé par de plus capables que lui. Une classe dirigeante s'impose, et de fait elle existe chez tous les peuples. De qui se compose- 1- elle? Elle groupe les citoyens décidés à diriger les autres soit par la parole, soit par la plume. Ici -bas, il y a lutte entre le bien et le mal, entre les amis de Dieu et les esclaves de Satan. Furieux de ce que le Christ lui ait ravi l'empire du monde où il s'était fait adorer par les hommes pendant des siècles, cet ange déchu lance ses naïfs amis à la conquête de l'esprit populaire, afin de les diriger dans le mal et la désobéissance à Dieu. N'ayant pas de conscience, tous les moyens sont bons aux adversaires du Ciel qu'on a nommés sectaires parce qu'ils ont fondé des sectes afin de s'organiser et de réussir dans leur infernale entreprise. Généralement, ils ne m.anquent ni d'audace ni d'insolence. Que les serviteurs de Dieu se laissent effrayer, et ils imposent leur manière de voir au peuple. Celui-ci les suit docilement, parce qu'il a en eux des guides énergiques qui l'entraînent souvent malgré lui. S'ils réussissent à captiver sa confiance en lui promettant

des choses séduisantes, ils font de lui ce qu'ils veulent. Telle est la loi de l'expérience.

Le peuple croit une chose vraie quand tout le monde en parle. Il suffit, grâce à une hahile organisation, de répandre le même bruit de divers côtés, pour qu'il soit accepté comme une parole d'Évangile. Les anticléricaux reçoivent le mot d'ordre de leurs comités. Ceux-ci sont dirigés par quelques hommes très habiles résidant à Paris et donnant à tous la même ligne de conduite à suivre.

Grâce à cette organisation, les ruses et les mensonges sont colportés partout au même moment. Et ils sont crus parce que tout le monde les répète.

Il sera bon de les révéler, afin de prévenir les gens crédules.

Ces mensonges circulent dans le peuple contre le clergé et la noblesse depuis 4870.

§ 1. — Campagne de calomnies contre le clergé

A cette époque, on accusa les curés de porter de l'argent aux Prussiens dans des voitures dont les roues avaient été préalablement garnies de caoutchouc ! ! ! Cette calomnie dénuée de preuves eût dû être acceptée avec un haussement d'épaules, tant elle était stupide. Les hommes intelligents lui firent l'accueil qu'elle méritait. Ils savaient tous que les prêtres étaient d'excellents patriotes et que leur conscience leur eût fait un crime de trahir leur patrie. Mais il y eut de braves cultivateurs qui avalèrent docilement la pilule. Ils se tinrent à l'écart, à l'époque du temps pascal. Il s'en est même trouvé quelques-uns qui, armés d'un fusil, montèrent la garde dans un tombereau, dans le but bien arrêté de faire feu sur la fameuse voiture aux roues garnies de caoutchouc ! Les pauvres malheureux passèrent de nombreuses nuits dans une attente inutile. Jamais ils n'eurent l'occasion d'arrêter à son passage l'attelage des traîtres. N'est-ce pas la meilleure preuve de leur inexistence?

On ne peut s'empêcher d'être ému en présence du noble patriotisme qui dirigeait leur conduite. Mais peut-on avoir de l'estime pour les hypocrites qui trompaient ainsi leur caractère généreux?

Les francs-maçons, n'ayant aucune conscience , trouvent tous les moyens bons pour s'excuser. Ils avaient poussé à la guerre avec l'Allemagne en 1870, afin de faire tomber l'Empire et d'établir à sa place la République, dans laquelle ils se promettaient bien de régner. Ils réussirent dans l'exécution de leur plan. Mais ils craignaient que le peuple, irrité des défaites infligées à notre armée par l'armée allemande, ne se retournât contre eux. Ils jugèrent donc prudent de faire retomber la responsabilité de nos désastres sur les curés et les bourgeois. Des meneurs, habilement disséminés dans les communes, répandirent le bruit mentionné plus haut. Les braves gens de la campagne et les excellents ouvriers des villes crurent sur parole ces

effrontés menteurs, que la Franc -Maçonnerie récompensait par de gros appointements.

Comment les curés auraient- ils pu entretenir l'armée allemande? Ne sont-ils pas tous fils d'ouvriers ou de cultivateurs? Où donc leurs parents auraient-ils trouvé cette fortune qu'on leur supposait à cette époque-là? Le traitement que l'Etat leur donnait, le casuel que les cérémonies leur fournissaient suffisaient seulement à les faire vivre. Ils auraient donc été bien en peine de payer les Prussiens. Certes, ils avaient bien assez de Français à soulager! Sous ce rapport, ils ont fait leur devoir de chrétiens et de patriotes. Les francs-maçons, qui sont des égoïstes convaincus, ne peuvent leur adresser aucun reproche mérité sur ce point.

Un élève de M. le curé de Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Indre-et-Loire) étant venu le voir, le bruit courut que l'empereur d'Allemagne était venu au presbytère. Toute la contrée en fut indignée. La réprobation fut si grande, que M. le doyen de Bourgueil, un vénérable vieillard, crut nécessaire de monter en chaire, le dimanche suivant, afin de démentir la fausse nouvelle répandue dans le public.

Un dominicain, le Père Pascal, étant allé rendre visite au marquis de Turenne, en 1870, les cultivateurs crurent également, sur la foi de certains meneurs, que le pape était venu chez lui. On leur fit admettre aussi que le marquis avait envoyé à Guillaume des charrettes remplies de sacs d'or. On les avait vus partir la nuit !

Le dimanche suivant, le curé de la paroisse fit en chaire cette déclaration : <( Mes frères, il manque une moitié à la lune ; je vous avertis que ce n'est pas moi qui l'ai prise. » En quelques mots très spirituels, il prouva la fausseté des calomnies portées contre M. Je marquis et son hôte.

A Saint-Nicolas-de-Bourgueil, on alla jusqu'à affirmer que le pape était venu voir Guillaume, et qu'il avait traversé la France, caché dans un tonneau !

A Châteaurenault (Indre-et-Loire), on accusa M. le doyen d'avoir tenu à l'école, après la classe, le propos suivant : c( Ah! quel malheur! Ces bons Prussiens ont encore été battus 1 » Qui l'avait entendu ? C'était, prétendait-on, une enfant de l'école qui était restée, seule, en retenue après le départ des autres. M. le curé fit une enquête. Il demanda à la prétendue coupable, devant ses parents, quelles paroles elle avait entendu tomber de ses lèvres. <( Rien , monsieur le curé. — On affirme cependant que tu m'as entendu dire telle chose. — Je n'ai jamais parlé de cela. » Les parents demandèrent alors à leur digne pasteur à quelle date le propos aurait été tenu par lui. « Tel jour, à telle heure. )) La mère se rappela qu'à cette date, sa fille était malade, et qu'elle n'avait pas fréquenté l'école pendant quinze jours 1

Inutile d'ajouter que l'audace des anticléricaux la mit hors d'elle.

Vers la même époque, une excellente femme de Saulnay (Indre-et- Loire) rapporta à ses voisines qu'elle avait entendu dire à Châteaurenault que le curé de X*** avait descendu la nuit une cloche du clocher et qu'il l'avait envoyée à Bismarck, afin qu'il fasse un canon. On l'avait vu !

Dans la plupart des communes «le Touraine, les paysans répétaient qu'on avait vu Henri V traverser les campagnes, la nuit, monté sur un cheval ferré avec du caoutchouc (?) et tenu à la bride par un curé ! On accusait aussi les nobles de recueillir des fusils pour les envoyer aux Prussiens. On accuse encore de nos jours les curés d'avoir fait la guerre de 4870, afin d'être les maîtres. Mais ils ont manqué leur coup, ajoute-t-on.

Une forte grêle ayant dévasté la commune de Saint-Nicolas-de-Bourgueil, on affirma que sept curés s'étaient assemblés pour la produire. Impossible de le nier : on avait ouvert les grêlons, et le nom des sept curés avait été lu dedans !

A Saint-Branchs (Indre-et-Loire), on avait vu le curé battre les nuages avec un bâton. C'est ainsi qu'il avait fabriqué la grêle !

En 1906, n'a-t-on pas accusé les curés d'Anché et de Léméré (Indre-et- Loire) d'avoir fait tomber la grêle? Le nom du curé d'Anché était inscrit dans l'intérieur des grêlons , parait-il! Comme la grêle avait dévasté son jardin : « C'est pour donner le change qu'il a fait cela ! » disait-on.

A Loches, en 1870, on a vu le curé de Saint-Ours jeter dans les airs de la graine de picote « à pleins paillons ». Un brave fermier mit son propriétaire au courant de cette grave nouvelle, dès son retour à Ligueil. Celui-ci ne put la convaincre de la fausseté de ce « canard ». ce Puisqu'on l'a vu, monsieur, c'est bien sûr î »

Il n'y a rien à répondre à de semblables arguments. Mais on ne peut retenir son indignation à l'égard de ces grands démocrates anticléricaux, qui abusent ainsi de la crédulité du peuple. Et ils osent accuser les curés de berner les fidèles! Les vérités chrétiennes sont autrement sublimes que toutes ces stupidités.

Mais le stock n'est pas épuisé. Il y en a d'autres.

En 1905, on a répandu le bruit que les curés voulaient la guerre et que les religieux expulsés étaient en train de la préparer en Allemagne.

Les religieux français ne sont point allés chercher un refuge en Allemagne. Ils ne peuvent donc travailler contre nous avec elle. L'empereur allemand, au moment de la loi contre les congrégations, écrivit au Père général des Trappistes pour lui offrir un asile. Celui-ci répondit : (( Sire, la Trappe mourra pauvre, mais elle mourra française. » Puis il ajouta quelques mots pour le remercier de son aimable proposition. Voilà les sentiments qui animent les religieux exilés. Ils leur font honneur, et ils devraient faire rougir de honte les tyrans qui les ont chassés.

Ils sont allés demander l'hospitalité à la Belgique, à l'Angleterre, au Canada et à l'Amérique. Mais ils n'ont jamais pensé un seul instant à FAIlemagne. Ils avaient l'âme trop patriote pour le faire.

Quel avantage les prêtres pourraient-ils retirer de la guerre? Soldats comme tous les citoyens, ne devraient-ils pas partir pour la défense de leur pays? L'instinct de la conservation qui est inné en eux comme dans les autres, ne leur fait-il pas éprouver une vive répulsion pour ce fléau si terrible?

Cette accusation est encore une calomnie inventée contre le clergé par les anticléricaux.

On ne cesse de redire dans les villes et les campagnes que les curés recueillent des sommes d'argent avec le denier du culte, afin de faire la guerre. Ils les envoient, dit-on, au pape Pie X, qui les expédie à l'empereur Guillaume. De quoi les curés vivent-ils donc, s'ils donnent tout à leur chef spirituel ? On leur suppose une habileté peu commune , consistant à vivre sans dépenser. Mais quand on a la puissance d'éteindre les étoiles, on peut bien imaginer un prodige semblable.

Les journaux protestants anglais disaient bien que , dans la loi de Séparation , le Gouvernement français faisait un violent effort pour se libérer de la tyrannie de l'Eglise catholique ! Bismarck n'accusait - il pas les congrégations de faire courir des dangers à l'Etat, et le clergé d'ourdir des machinations ténébreuses contre l'Etat et les libertés populaires !

En 1906, les blocards eurent recours à un autre procédé pour éloigner la sympathie du clergé. La Semaine religieuse de Paris publia, en avril 1906, le communiqué suivant :

(( Il se fait actuellement contre l'Eglise une campagne de calomnies sur laquelle nous croyons devoir attirer l'attention des fidèles.

ce On répand le bruit que, désormais, il faudra payer pour la réception des sacrements, pour le baptême, pour le catéchisme, pour la première communion, etc.

(( Nous croyons devoir prémunir'^ les familles chrétiennes du diocèse de Paris contre ces insinuations malveillantes et absolument dénuées de fondement. Gomme autrefois, aucune rétribution n'est exigée pour l'administration des sacrements. Seule, la solennité donnée aux convois et aux mariages continue à être taxée , à raison des frais qu'elle entraine et selon le tarif de la classe librement choisie par la famille. »

La Semaine religieuse n'a pas voulu mentionner le tarif qu'on faisait circuler. On devait réclamer vingt francs pour les baptêmes ! Le reste était à l'avenant. Que de ruses l'anticléricalisme a dans son sac !

§ 2. — Campagne de calomnies contre les candidats libéraux

Que dire des mensonges colportés au moment de la campagne électorale de 1906? Un vaillant journal catholique, La Réplique, a résumé les ruses électorales du bloc en l'article clair et succinct que voici :

(( Voulant connaître exactement les ruses employées par les radicaux pour tromper le peuple, un excellent catholique a fait une enquête sérieuse dans le département d'Indre-et-Loire. Voici les renseignements précieux qu'il a recueillis : ils suffiront à éclairer les esprits droits sur l'honnêteté de la victoire biocarde et sur sa véritable signification.

(( Dans tous les arrondissements d'Indre-et-Loire, on a fait croire aux cultivateurs que les candidats libéraux n'étaient pas républicains, et ne pouvaient pas l'être. Quelques jours avant les élections, des affiches signées des maires et des conseillers généraux de l'arrondissement furent posées dans toutes les communes, avertissant les électeurs que si le candidat du hloc ne passait pas, la République serait perdue ! Vous jugez de l'effet produit sur eux. C'était écrit! Les maires hlocards firent en même temps afficher les sommes que la loi de Séparation rendait à leur commune. Quelle ruse ! Malgré la diminution du budget des cultes, les impôts ont considérablement augmenté ; néanmoins le gouvernement a cherché à faire croire aux électeurs que la loi de Séparation allait leur procurer de l'argent. Peut -on se moquer d'eux plus effrontément !

« Mais ces documents écrits ne firent pas sur l'esprit des agTiculteurs une impression comparable à celle des bruits répandus au marché et de là dans toutes les communes. C'est surtout dans l'arrondissement de Loches qu'ils furent le plus corsés, probablement parce que les gens sont plus crédules.

(( En 1902, on leur avait dit que, s'il était élu, M. Duval rétablirait le service de sept ans, renverserait la République et ferait la guerre. On avait même prétendu qu'il avait acheté une machine neuve pour couper la paille et le foin en menus morceaux, afin d'en faire du pain aux campagnards. Comme s'il était possible de faire du pain avec de la paille et du foin ! La sottise a été si bien crue, qu'en 1906, le directeur de la Réplique recevait une lettre d'un électeur de l'arrondissement de Loches l'avertissant qu'il ne voterait pas pour M. Breton, « parce qu'il ne voulait pas revenir au temps où les paysans mangeaient de la paille hachée ! » Toutes ces inventions fausses empêchèrent M. Duval d'être élu.

(( En 1906, on fit grâce à M. Breton de la célèbre machine ; mais on réédita contre lui les autres accusations, qui furent crues, malgré leur antiquité et leur stupidité. Il suffira, pour le prouver, de rappeler le fait qui s'est passé dans la commune d'Esves, où dix jeunes électeurs sont allés au cimetière annoncer aux morts le succès de M. Chautemps, et les inviter à se réjouir avec eux, parce que la guerre était définitivement évitée ! Et ce sont ces ridicules affirmations qui ont fait échouer M. Breton !

a Dans la circonscription de M. Drake, on a fait courir le bruit dans la campagne que, s'il était réélu, (( les châtelains seraient rétablis dans leurs droits et privilèges d'autrefois et les cultivateurs dépouillés de tout ce qu'ils avaient, leurs biens devant reconstituer l'apanage des seigneurs. » Les braves gens l'ont cru, raconte la Ton raine républicaine, parce que la personne qui les en avertissait « était instruite ».

(( Inutile de répéter encore les bruits dirigés contre le clergé dans tout le département comme dans toute la France. On a accusé les curés de recueillir des sommes pour le denier du culte dans le but de faire la guerre et d'avoir payé les révolutionnaires pour fomenter les troubles et les 'grèves du Nord ! Cinquante milliards étaient, paraît-il, à leur disposition dans un

tas! C'est le fameux complot inventé par l'honnête et sincère démocrate Clemenceau, qui, le soir du scrutin, avouait son inexistence, parce qu'il n'en avait plus besoin pour tromper le peuple.

a Dans le Chinonais, une autre ruse fut employée. Là où les facteurs étaient soupçonnés d'être tièdes, des agents électoraux ayant le mot « postes » sur leur coiffure furent chargés de porter les journaux et les feuilles électorales des deux cJandidats. Dans leurs conversations avec les gens, ils attaquaient furieusement le libéral, mais vantaient le blocard, en prenant la précaution de faire remarquer qu'ils étaient complètement désintéref^sés dans la question.

(( Voilà comment les élections ont été fabriquées en Touraine. »

Et les blocards osent nou:^ dire dans leurs feuilles que le peuple a ratifié la loi de Séparation ! Jamais de la vie ! Le peuple, cyniquement trompé par les sectaires, a voté pour le bloc afin d'éviter la guerre et la misère dont on le menaçait, si les libéraux étaient élus. Les cultivateurs sont républicains, parce qu'ils sont heureux ; mais ils ne sont pas antireligieux. S'ils avaient été consultés avant le vote de la loi de Séparation, ils l'auraient certainement rejetée, car ils aiment la paix intérieure autant sinon plus que la paix extérieure.

Néanmoins M. Briand osait exprimer, dans une interview avec un rédacteur du Petit Parisien, cette monstrueuse fausseté :

(( Dès maintenant, et quoi qu'il arrive, ce que je déclare, c'est qu'aucune résistance n'est possible contre une loi qui a été votée par l'énorme majorité des représentants du pays, une loi ratifiée par le suffrage universel. » Et dans son discours du 15 août, M. Bienvenu -Martin exprima la même idée : « Au verdict du pape, nous opposons le verdict du suffrage universel qui, lors des élections, a ratifié avec tant de force et d'éclat la loi de Séparation et qui nous condamne à la faire respecter. » En vérité, l'audace ne manque pas aux hlocards ! Jamais le suffrage, universel n'a ratifié la loi de Séparation. Les élections se sont faites dans les campagnes, non pas sur un programme politique ou religieux, mais sur de honteuses calomnies répandues par les agents du hloc contre le clergé et les candidats libéraux.

Ces faits peuvent paraître exagérés à 'certaines personnes honnêtes. Ils n'en sont pas moins vrais.

Si le peuple était aussi sceptique à l'égard de^ mensonges blocards que les gens intelligents le sont vis-à-vis de leur existence, la France ne serait pas agitée comme elle l'est en ce moment. Hélas ! il les croit avec simplicité. Ainsi, en 1906, un jeune soldat étant revenu dans sa famille au moment de Pâques, un blocard lui dit : (( Ton père veut donc que tu fasses sept ans? )) On le soupçonnait, en effet, de vouloir voter pour le libéral. Cette apostrophe ne prouve -t-elle pas que les ruses électorales sont acceptées des électeurs? Ceux qui sont allés au cimetière d'Esves, le soir du 6 mai 1906, n'étaient-ils pas convaincus de leur certitude ?

La crédulité populaire n'a pas été exploitée que par les anticléricaux modernes. Quand les Anglais et les Bourguignons apprirent que Jeanne

d'Arc se dirigeait sur Paris, ne répandirent -ils pas le bruit dans le peuple que Charles VII avait résolu de raser Paris et d'y passer la charrue ?

Les documents suivants aideront les incrédules à se rendre à la réalité.

§ 3. — Les libéraux et la guerre

Il faut bien se garder de croire que le bloc anticlérical n'a employé ces moyens que dans deux ou trois départements. La tactique a été la même dans toute la France. Ainsi, à Dijon, les instituteurs écrivaient sur le tableau, comme modèle d'écriture :

Hébert, c'est la guerre.

A Saint-Brieuc, M. Armez perfectionna le moyen si bien employé par les radicaux et les socialistes. On lisait dans un grand journal parisien, le 18 mai 1906 :

(( Ce digne tenant du (( bloc », qui se déclare élu à 14 voix de majorité, alors qu'il n'en est rien, a fait placarder, dans la nuit du 5 au 6, une affiche grossière contre son honorable concurrent, M. Meunier, où il était dit :

(( Électeurs, si vous votez pour M. Armez, c'est la paix; si vous votez pour M. Meunier, c'est la guerre. »

((Et ces affiches étaient illustrées de deux portraits : à gauche, le portraitcliché de M. Meunier ; à droite, le même, mais corrigé de façon à le faire ressembler à l'empereur d'Allemagne, coiffé d'un ustensile qui est à la fois une casserole et un casque à pointe prussien ! »

U Autorité, dans son numéro du 15 mai 1906, informait ses lecteurs qu'on avait répandu le bruit, dans la circonscription de M. Driant, que voter pour lui c'était voter pour la guerre.

A Bergerac, les journaux sectaires répétèrent sur tous les tons que le candidat libéral voulait la guerre, le rétablissement du service de sept ans, le blé à 40 francs l'hecto et la fermeture de- toutes les écoles laïques.

A Limoges, les grands démocrates de la sociale ont fait mieux, ce Le plus fort en ce genre, raconte un rédacteur du Petit Démocrate , a peut-être été pourtant l'affiche que j'ai lue de mes yeux, où le parti socialiste déclarait que voter pour M. Charrière, candidat au conseil d'arrondissement, c'était voter pour la guerre immédiate avec le Maroc. La paix ou la guerre dépendait d'un conseiller d'arrondissement ! Il faut se faire une mince idée de l'intelligence des électeurs pour leur servir d'aussi monumentales balourdises. En tout cas, ceux du canton sud de Limoges doivent être maintenant ■claires.

(( M. Charrière a été battu, et la victoire de son concurrent n'a pasempêehé les hostilités de s'ouvrir anssitôt sur les côtes marocaines.

(( Cela, du reste, ne gênera aucunement les socialistes lorsqu'ils voudront une autre fois user du même procédé, et il serait peut-être imprudent d'affirmer que ça ne prendra plus. »

Ce procédé n'était pas nouveau. En 1876, à Puget-Théniers, les anticléricaux avaient répandu le bruit que si M. Decazes était élu, on verrait des uhlans italiens(?) ravager les campagnes! Qui a jamais vu des uhlans italiens ?

L'affiche suivante a été apposée dans la circonscription de M. Gliamerlat (Puy-de-Dôme).

(( Paysan 1

(( Ouvrier I

(( Jacques Bonhomme !

(( Tu vas décider de ton sort.

c( Veux-tu renoncer aux libertés que t'a données la République, liberté de conscience, liberté de presse, liberté de réunions, etc. ? (( Vote pour Nourrisson !

ce ^QUx-iM 'perdre ton droit d'électeur et supprimer le suffrage universel ?

(( Vote pour Nourrisson I

(( Veux-tu revenir au service militaire de sept ans et aller te faire casser la figure pour conserver aux capitalistes leurs coffres-forts et leurs terres aux riches propriétaires ?

(( Vote pour Nourrisson !

(( Veux-tu voir supprimer les lois sociales d'assistance et les retraites pour les travailleurs des villes et des champs ? (( Vote pour Nourrisson !

(( Veux-tu faire fermer les écoles laïques ?

(( Veux-tu revenir à la domination cléricale, à la négation de la science, à l'oppression des consciences ?

(( Vote pour Nourrisson ! »

Le bon M. Nourrisson a dû être bien étonné de se voir reprocher toutes ces absurdités, qui sont le contraire de sa pensée bien connue. Et voilà cependant comment M. Ghamerlat a été élu !

§ 4. — Autres calomnies

D'autres calomnies ont été répandues contre les candidats libéraux.

A Mende, l'adversaire de M. Piou, un certain Fayet, l'a dépeint aux électeurs sous les traits d'un voleur, d'un anarchiste, d'un assassin. {Croix, 15 mai 1906.)

Les francs -maçons ont répété partout qu'on avait perquisitionné chez le commandant Driant, parce qu'il avait volé l'argent recueilli pour les victimes de Gourrières. {Libre Parole, 6 juin 1906.)

A Argelès, le juif Fould s'est livré à une véritable orgie de mensonges sur les richesses de la mense épiscopale et sur les tristes résultats de la loi de Séparation. (Croix, 22 mai 1906.)

(( Dans un arrondissement que je connais, écrivait M. Oscar Havard, on a répandu le bruit que le candidat libéral entretenait une baleine dans l'étang de son parc, et que cet amphibie dévorait, chaque nuit, plusieurs centaines de sacs de blé pour affamer le pays et faire monter le cours. » (Gazette du Centre, 24 mai 1906.)

On a affiché, à la dernière heure, contre M. de Gailhard - Bancel , qu'il avait voté contre le service militaire de deux ans et contre la réduction des périodes de vingt-huit et de treize jours. Or, rien de plus faux.

Les anticléricaux allèrent encore plus loin en 1902. Ils accusèrent ses amis d'avoir mis sa circonscription à feu et à sang.

Le 16 mai 1902, la presse catholique flétrit leur cynique attitude en ces termes :

(( Voilà que les organes ministériels annoncent, avec un ensemble qui dénote un mot d'ordre de la place Beauvau, que la circonscription de M. de Gailhard-Bancel , depuis l'élection de notre ami au premier tour de scrutin, est à feu et à sang. Les protestants de cette région, terrorisés, n'oseraient plus sortir de leurs demeures, où ils restent barricadés.

(( Nous avons déjà démenti ces mensonges éhontés. Nous recevons, aujourd'hui encore, cette dépêche de Saint-Agrève (Ardèche) :

(( Démentez absolument récit publié par journaux ministériels sur actes violence qui seraient commis à Saint-Agrève. Ce sont des calomnies dont il sera fait justice. y>

(( La même eftronterie cynique des journaux ministériels s'est exercée au sujet de l'affaire Humbert ; au moment où les Jacquin, les Magnin et autres francs-maçons officiels étaient convaincus de complicité, des plumitifs renégats et des professionnels de la diffamation criaient au scandale clérical, comme Waldeck-Rousseau, leur maître et leur trésorier, criait à la pression électorale au moment où ses apaches cambriolaient les urnes. »

Mais, en fait de mensonges, le record a été tenu par le parti anticlérical de Saint-Nicolas-de-Bourgueil (Indre-et-Loire). Voici le factum qui a été distribué dans la commune, la veille des élections municipales en 1908.

(( Messieurs les Électeurs,

(( Vous êtes appelés à renouveler le Conseil municipal et la Municipalité. C'est le moment d'examiner comment vos mandataires ont répondu à votre confiance. Notre Municipalité a commis de nombreuses fautes. Nous allons vous en signaler seulement quelques-unes.

ce Au point de vue politique : réactionnaire et cléricale, elle n'a laissé échapper aucune occasion de faire échec au Gouvernement, qui, en somme, est le gouvernement du peuple. C'est se mettre en mauvaise posture quand on a continuellement besoin de la bienveillance de l'administration supérieure.

« C'est certainement à son attitude, toujours iiostile, que nous devons de n'avoir pas encore de bureau de poste.

(( Au point de vue administratif, c'est malheureusement la même chose.

« N'est-il pas odieux de voir que nous payons des employés qui ne font aucun service , qui vont tous les mardis à Bourgueil ; qui , les autres jours, s'en vont jouer aux boules, aux cartes, au billard; qui s'en vont faire leurs bois, leurs vignes ?

(( Monsieur le Maire, qui sait tout, ne peut l'ignorer.

(( Gomment les conseillers municipaux n'ont-ils jamais protesté contre un semblable abus ?

ce Un agent payé par la commune peut-il passer son temps à la vente des bois et des bruyères ?

ce En tous cas, a-t-il le droit de se faire payer le sou pour franc par les acquéreurs ? Payé des deux mains , alors ! Et pendant ce temps-là , qui fait son service ? Il est vrai que ça va aussi bien ! Mais nous payons tout de même,

« La dépense la plus importante de la commune, c'est assurément l'entretien et la construction des chemins. On y consacre 10 à 12000 francs par an. C'est un chiffre.

ce Cette dépense est utile, sans aucun doute; mais est -elle suffisamment contrôlée? Nous ne le pensons pas.

ce Elle ne l'est même pas du tout.

ce On se contente de dire chaque année au conseil municipal : « Il a été dépensé tant. » Et le conseil municipal approuve. Il nous semble qu'il serait bon de savoir si la dépense a été vraiment faite , et dans quelles conditions.

(( Toutes les ressources de la commune viennent de la poche des contribuables, ne l'oubliez pas. Il y a donc lieu d'en surveiller plus soigneusement l'emploi.

(( On nous assure que le conseil laisse pour 2 à 3 000 francs de dettes sur les chemins. Où donc a pu passer tant d'argent ? - ce Nous ne voyons pas de travaux importants.

« Sur différents chemins vous avez fait, depuis quelques années, des terrassements commandés par la municipalité; mais la plupart de ces chemins n'ont jamais été empierrés.

ce Comment, avec de telles dépenses et un budget de 18000 francs, n'a-t-on jamais voulu faire un chemin pour desservir les Grenelles?

« Il y a là 800 bosselées des meilleures terres du pays qui payent, au bas mot, 1 000 francs d'impôts par an , pour lesquelles on n'a jamais fait pour un centime de travaux et qu'il est impossible d'aborder pendant six mois de l'année. On a donné pour motif qu'on n'avait pas le droit d'améliorer le chemin parce qu'il n'est pas classé. C'est se moquer du public; vous n'aviez qu'à le faire classer. Mais il valait mieux faire un chemin dans les bois (à la Croix de Saint- Martin, ancien chemin de Vernoil), qui ne sert qu'à monsieur le Maire et à un de ses bons amis et qui, prolongé de 80 à

100 mètres, fût devenu praticable pour tout le monde ; tandis que, dans l'état actuel, c'est un vrai cloaque de boue et d'eau qui ne peut servir à personne.

a Dans cette affaire, il y avait en jeu les intérêts de monsieur le Maire et ceux de la population qui pouvaient tous recevoir satisfaction. Mais pour ne pas déroger à la vieille méthode. Monsieur le Maire a fait prévaloir ses intérêts personnels, et les vôtres, ceux du public, ont été laissés de côté.

(( C'est ainsi que monsieur le Maire s'est fait construire un chemin aux frais des contribuables. Vous pensez bien que ce chemin est tenu dans un état convenable. Mais, comme prochainement il doit s'en servir, vite on y a fait disperser du caillou , sans toutefois dépasser l'entrée de son bois , qui elle-même est bien empierrée.

d Nous serions heureux, messieurs les Electeurs, de voir ce chemin servir de modèle pour l'entretien de ceux dont vous avez fait les terrassements et pour lesquels l'administration communale n'a pas fait les frais promis, laissant ces chemins impraticables une partie de l'année.

(L Est-ce bien le devoir d'une municipalité d'agir de la sorte? Est-ce ainsi que devraient être employés les deniers communaux?

ce Ne sont-ils pas la propriété de tous les contribuables et, à ce titre, ne devraient-ils pas servir qu'à faire exécuter des travaux utiles à la masse de la population ?

a Nous vous laissons apprécier cette façon de faire et dire si elle est juste et équitable.

(( Pour nous, elle n'est certainement pas désintéressée et nous croyons que l'on ne peut guère mieux se moquer de ses administrés.

« Qu'en pensent messieurs les Conseillers municipaux, la Commission des chemins, s'il y en a une, et surtout les Conseillers qui ont dû voir faire ce chemin et qui n'ont jamais élevé la voix pour protester, lorsque l'on sacrifiait les intérêts de tous au profit des intérêts personnels ?

ce II y a quelques années, le gouvernement de la République a invité les communes à supprimer les prestations, et à les remplacer par une taxe vicinale, parce que l'impôt des prestations, le plus injuste de tous, frappe surtout les pauvres, les fermiers, les travailleurs. Notre conseil a refusé de le supprimer. On sait pourquoi. Les gros propriétaires auraient payé davantage. Il vaut mieux laisser payer les fermiers.

« Et pourquoi aujourd'hui, à Saint-Nicolas, tous les chiens sont-ils à six francs ? Parce que monsieur le Maire a fait entendre à ses bons répartiteurs, qui l'ont cru, que c'était la loi, qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. Où est-elle, cette loi?

(( Or, il est bon que les électeurs sachent que l'État ne touche pas un sou de la taxe des chiens. Tout est pour la commune.

(( Mais l'objectif de notre municipalité a toujours été de tirer le plus possible de la jioche des contribuables, pour donner le plus possible au curé qui en avait si grand besoin.

(( Toutes les occasions ont été bonnes pour cela. Lorsque le curé a eu un

vicaire, vite on lui vote 250 francs par an de supplément. Le vicaire était cependant jpayé 'par VEtat.

« Le conseil municipal le savait-il? Nous ne pouvons pas le croire. Il n'aurait pas voté 250 francs d'augmentation au curé parce qu'il n'avait plus rien à faire. Mais ça servait à grossir le magot dont il a fait un si bel usage après sa mort.

« Et pour la location du presbytère?

« On voulait absolument le donner pour rien.

a Le conseil a fait des protestations, quatre ou cinq délibérations, une vraie comédie.

« Heureusement, monsieur le Préfet a tenu bon, et nous a gagné 200 francs par an.

(( Et la loi de Séparation, qu'on a tant critiquée, savez-vous ce qu'elle a rapporté à la commune depuis moins de trois ans? Environ 4500 francs. Et, pour cette année seulement, 2243 francs. On avait bien le soin de ne pas vous le dire. Gela aurait gêné ces messieurs pour raconter partout que c'est une loi de voleurs, que les républicains mettent l'argent dans leurs poches.

(( C'est sans doute en vertu du même principe que l'on n'affiche jamais à la porte de la mairie les délibérations du conseil municipal , comme cela se fait à Bourgueil et partout ailleurs. C'est pourtant la loi ; mais , vous savez, il y a une grande différence entre les lois qui vous servent et celles qui gênent certaines combinaisons.

« Nous ne vous parlons même pas de la question des Landes; vous la connaissez aussi bien que nous. Il nous faudrait tout un journal.

(( Un dernier fait pour finir. Ce sera le bouquet.

(( Il y a environ dix-huit mois, en 1906, il a été vendu par le garde, et par ordre du Maire, au-dessus de l'Epaisse, un lot de chênes et acacias qui ne gênaient en rien et qui étaient de belle venue. C'était dommage de les abattre. Mais le plus beau, c'est que monsieur le Percepteur n'a jamais rien reçu.

(( Où est passé l'argent ? Messieurs les Conseillers seraient bien aimables de nous le faire savoir ou de dire aux contribuables si monsieur le Maire a voulu faire un cadeau aux frais de la commune.

(( Allons, messieurs les mandataires, faites votre examen de conscience. Franchement, avez-vous bien veillé aux intérêts qui vous étaient confiés? Et c'est avec de pareils états de services que vous vous présentez à nos suffrages !

a Électeurs,

a Nous avons pensé qu'il est grand temps de faire entrer dans notre Conseil des hommes nouveaux. Nous vous présentons donc une liste de citoyens fermement résolus à défendre nos droits et notre argent, et qui ont assez d'indépendance de caractère pour ne pas se laisser entraîner.

« Nous y avons conservé trois des anciens conseillers qui , en plusieurs

circonstances, ont fait preuve des mêmes qualités. Du reste, ils n'ignorent pas leur inscription, nous les en avons prévenus.

(( Nous n'avons pas de conseils à vous donner. Vous savez ce que vous avez à faire.

(( Votez en toute indépendance et au mieux de vos intérêts.

(( Le Comité. ))

(( Au dernier moment, nous apprenons que monsieur le Maire a réuni ses conseillers pour leur rendre compte de la gestion des finances communales et leur annoncer qu'il n'y avait pas 2 à 3000 francs de déficit.

« Nous affirmons qu'il existe encore 2000 francs de dettes sur les chemins provenant de dépenses qui ont été faites sans crédits inscrits au budget, par conséquent sans autorisation préfectorale, et qu'elles ne seront payées que grâce à la loi de Séparation, dont l'application a donné, il y a quelques jours, à la commune de Saint-Nicolas, plus de 2800 francs.

(( Cette loi, traitée par monsieur le Maire et ses bons amis d'abominable, d'inique, de néfaste, devrait être appelée bienfaitrice par ces messieurs, trop heureux aujourd'hui de prendre ce qu'elle rapporte, pour combler le trou que leur administration imprévoyante a fait au budget de 1907, et aider ainsi à équilibrer le budget de 1908.

(( Quanta vous, messieurs les Electeurs, souvenez- vous que l'Administration communale fut aussi néfaste à vos intérêts que cette loi leur est utile. La première, — l'administration, — disons-le, aurait laissé, au bas mot, 4500 francs de déficit, sans la seconde qui vient à temps, par son application, donner cette somme pour payer les centimes additionnels que nous ne pouvions éviter.

(( Electeurs,

« S'il est vrai que monsieur le Maire a donné quelques éclaircissements à vos mandataires, il nous semble qu'il aurait dû tous vous convoquei' en réunion publique, à la mairie par exemple, pour vous donner tous les renseignements qui pouvaient lui être demandés ; on aurait pu ainsi parler de bien des choses, et vous savez que c'est de la discussion courtoise que jaillissent la lumière et la vérité dans bien des questions.

(( Mais la désire-t-on bien la lumière en haut lieu? Peut-être que non ; c'est bien plus facile de gouverner avec une majorité qui n'a rien à refuser.

« Électeurs,

(( C'est à vous qu'il appartient de dire, le 3 mai prochain, par votre bulletin de vote, si vous voulez être représentés par des mandataires dévoués et vigilants, s'intéressant à l'administration communale, aptes à vous renseigner et à vous servir; en un mot, par des conseillers utiles.

(( Le Comitr. ))

Ce manifeste n'est qu'un tissu de calomnies. On en jugera à la première lecture de l'adresse envoyée à chaque électeur par le conseil municipal sortant. Nous sommes heureux de la reproduire.

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