‹ L'art de tromper, d'intimider et de corrompre l'électeurChapitre 64 sur 79 · LA CORRUPTION ADMINISTRATIVE · texte numérisé non relu

LA CORRUPTION ADMINISTRATIVE

Quand un homme veut entraîner à sa suite un chien capricieux ou qui le connaît peu, il lui montre un morceau de viande et lui fait comprendre, par ses gestes, qu'il le lui donnera s'il l'accompagne là où il veut aller. Ce stratagème réussit souvent à merveille.

L'anticléricalisme traite le peuple français d'une manière aussi vile. (( Votez pour mes candidats, et je vous donnerai des faveurs, » dit- il aux électeurs.

Quelqu'un en demande-t-il une pour un parent ou un ami, les blocards lui disent : (( Très bien, mais nous voulons avoir une preuve de votre dévouement à la République. Votre commune n'a donné que tant de voix à notre candidat. Si vous lui en gagnez un certain nombre, nous vous récompenserons. )) L'individu excite alors tout le monde à voter pour l'élu des loges.

On fait le même raisonnement, quand la majorité diminue. Par des faveui^ bien distribuées ou promises, et par des menaces de retirer celles déjà accordées, le bloc conquiert et conserve des propagandistes dévoués, qui prennent activement ses intérêts électoraux.

Le 7 janvier 1909, le Peuple français inséra dans ses colonnes l'article suivant, qui explique admirablement l'attitude de nombreux élocteuis.

(( Pourquoi on élit les blocards? — Pendant les dernières vacanœs, je me souviens que, devisant avec un brave homme de maire, très intelligent, ma foi ! et même très catholique, — il chante au lutrin, — je lui disais mon étonnement de voir mes compatriotes, la plupart bien pensants, voter en masse pour des députés et sénateurs sectaires...

(( — Que voulez- vous I me répondit-il, nous ne pouvons rien contre un fait qui crève les yeux. La France est livrée au pillage. Nous serions bien benêts de ne pas profiter du filon d'or [que d'autres exploiteraient à notre place. Nous avons besoin de fontaines, de lavoirs, etc. ; nos élus sont toutpuissants, et, pour les villageois, c'est l'essentiel. »

(( Multipliez ces réponses par cent et par mille, mettez -les dans la bouche des électeurs sénatoriaux qui ont voté dimanche sous l'œil des préfets de Clemenceau, et vous aurez l'opinion universelle des votants.

(( Et quand le Rappel, le Radical et autres Lanternes viendront nous dire que le pays est acquis aux idées (( républicaines », — lisez sectaires, — on sait ce que cela veut dire...

|, (( Le Gouvernement le sait aussi.

(( Politique d'intérêts etruée d'appétits du côté de (( l'assiette au beurre ».

ce Un point, c'est tout. »

Le fait suivant ne le prouve-t-il pas éloquemment? En 1904, dans le canton de Glerval (Doubs), le maire de la commune de Branne a fait placarder sur papier blanc et sans timbre une affiche ainsi conçue :

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