‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 105 sur 134 · ASSAROADDOIt OU ASSARADDllI ,«dit aussi A S EN A · texte numérisé non relu

ASSAROADDOIt OU ASSARADDllI ,«dit aussi A S EN A

PHAR, troisième fils de Sennachérib, fut reconnu roi d'Assyrie après la mort de son père. On ignore ce qu'il fit jusqu'à la vingt-septième année de son rè$ne. Mais alors voyant les Babyloniens affaiblis par les dissentions qui régnaient entre eux, et l'anarchie qui en était la suite, il profila de l'occasion pour envahir cette monarchie, et la réunir à celle d'Assyrie. Ce fut une conquête facile, et peut être même ne lui couta-t-clle que la peine de se montrer à la le te d'une bonne armée aux Babyloniens. Jamais une nation n'offre à l'étranger plus d'ouverture pour la subjuguer, que lorsque des guerres intestines la déchirent et consument ses forces. Les meilleurs chronologistes s'accordent à mettre cet événement en l'an 68 de l'ère de Nabonassar , Ç80 avant J.-C.

L'ambition ne connaît point de bornes. Assarhaddon f mai tic de deux grands empires et d'une partie de la Palestine, veut achever la conquête de ce pays par celle du royaume de Juda. Le terrible échec que son père avait essuyé dans la m^me entreprise f loin de le décourager, ne sert qu'à l'aiguillonner. Il veut laver la honte des armes assyriennes par une nouvelle expédition , et Dieu permet au'il réussisse, pour punir les crimes du roi Manassès et de son peuplr». Assarhaddon v éiant entré sans résistance , à ce qu'il paraît , dans la Judée (67$) , fait captif le monarque , et remmène à Rabylone. Mais an bout d'un an ou environ , Dieu , fléchi par la pénitence de Manassès, touche le cœur de son vainqueur, et le détermine à le renvoyer libre dans ses cuis.

671». Vers îe même tems, les Israélites que Salmanasar avait laisses dans leur pairie, s'attirent par leur révolte un dernier châtiment. Assarhaddon élant venu sur les lieux , en fait transporter tous les habitans au delà de l'£uphrate, et tles mêmes contrées fait venir des idolâtres pour les remplacer. Le canon de Plolém^e ne donne à ce prince que treize ans de règne ; mais il faut les compter depuis la réunion des monarchies de Babylone et de Ninive. Sur ce pied là sa mort arriva l'an 6G7 avant l'ère chrétienne.

667, Saosduchin , fils d' Assarhaddon (c'est le Nabucho-

DES ROIS b'assyrir. 3S5

donosor du livre de Judith), devint le successeur de son père sur le trône d'Assyrie. Il s'attira la haine de ses sujets par la dureté de son gouvernement, et, n'en put obtenir que de faibles secours, contre Phraortes , roi des Mèdes , qui lui déclara la guerre. Cependant , avec le peu de troupes qu'il put rassembler, il vainquit son ennemi, entra dans la Médie et y mit tout à feu et à sang (655ï. Enflé de ces premiers succès , il forma le dessein , non -seulement de se venger des peuples qui l'avaient abandonné, mais de conquérir toute la terre. Jl trouva dans Holopherne un général propre a seconder son ambition. Ayant levé une armée de cent vingt-six mille hommes de pied et de douze mille chevaux, il le fit partir avec ces forces redoutables, vers les régions d'occident. Tout plia sous l'effort des armes assyriennes, et les provinces furent inondées de sang. Holopherne , par ses cruautés, répandit la terreur dans tous les royaumes voisins. Il dévasta ceux de Tyr et de Si don ♦ ravagea la Syrie > et étant entré dans la Judée, il mit le siège devant Béthulie. Ce fût l'ecueil de sa prospérité. Dieu se servit de la main d'une femme pour exterminer ce redoutable fléau de l'Asie ( Yoy. le livre de Judith. ) Son armée , après sa mort , leva Je siège et regagna précipitamment Ninive. Saosduchin n'eut plus ensuite que des revers, qui lui firent sentir la vanité de ses ambitieux projets. Ce prince mourut la vingtième année de son règne, après avoir perdu toutes ses conquêtes par la révolte des peuples qu'il avait assujétis. Peu s en fallut que l'année qui précéda sa mort il ne perdit Ninive , que Cyaxare , roi des Mèdes , vint asssiéger après avoir battu les Assyriens en rase campagne.

647* Chynalad an, nommé aussi Sarac et Sardanapalb,

fut le successeur de Saosduchin , son père. Sa mollesse et sa négligence le rendirent méprisable aux yeux de ses sujets. Les Scythes s'étant répandus les armes à la main dans la haute Asie, il souffrit tranquillement les ravages qu'ils exercèrent dans ses états. Nabopolassar , satrape ou gouverneur de Chaldée , s'étant accommodé avec eux, fit soulever contre Chynaladan les peuples de son gouvernement , et prit le titre de roi de Babylone. Lorsque les Scythes eurent évacuéla haute Asie, il forma le projet , de concert avec Astiage , fils de Cyaxare, roi des Mèdes, de renverser entièrement le trône d'Assyrie. Ces deux princes ayant réuni leurs forces, marchèrent droit à Ninive, dont ils firent le siège. 11 fiât

long , mais peu meurtrier , parce que la ville se défendît moins par la valeur des habitans , que par la hauteur et la force de ses murs. Les machines des assiégeans y ayant fait enfin une large brèche , ils entrèrent dans la première enceinte, et bientôt après ils forcèrent la seconde et les suivantes. Chynaladan , voyant qu'ils approchaient de son palais , y mit le feu , et périt dans les flammes avec ses conçu* bines et ses trésors. Les vainqueurs , frustrés par là du principal salaire de leurs travaux , saccagèrent la ville et la renversèrent de fond en comble. C'est ainsi que périt cette fameuse ville, comme le saint homme Tobie Pavait prédit environ soixante ans auparavant. La ruine de Niniveest proclie, disait-il à ses enfans , étant près de mourir. Ne demeurez point ici ; car je vois que V iniquité de cette ville la fera périr. La conquête de Ninive entraîna celle de la monarchie entière d'Assyrie (625).

II e . ROYAUME DE BABYLONE.

75q. Bélesis, après avoir soustrait la Babylonie à l'empire cles Assyriens, paraît avoir fait de ce pays une espèce de république, dont il fut reconnu chef, avec quelque dépendance envers le roi d'Assyrie. Cet arrangement dut être la suite d'un traité de paix fait avec le successeur d'Em* pacmès- Sardanapale. Bélesis, après avoir gouverné douze ans la Babylonie , mourut au commencement de l'an 747 avant Jésus-Christ

747. Nàbonassar, fils, à ce qu'il paraît de Bélesis, lui succéda dans le gouvernement de la Babylonie , le 26 février de l'an 747 avant Jésus-Christ. Cette époque % ainsi qukm Ta dit ailleurs, est un des fondements de l'ancienne chronologie. C'est aussi tout ce qu'on a de certain touchant Nabonassar. Il paraît qu'il prit le titre de roi et le rendit héréditaire dans sa famille. Le canon de Ptolémée lui donne quatorze ans de rèçne. Sa mort par conséquent arriva Tan 7^3» avant Jésus-Christ.

733. Nadius , dans le canon de Ptolémée qui nous servira de guide pour les rois de Babylone, vient à la suite de Nabonassar dont il était vraisemblablement fik Son règne ne fut que de deux ans»

DES ROIS DE BABYLONE* 3!>7

73i. CHINZIRUS, fils ou frère de Nadius, monta sur le trône de Babylone après lui, et n'en jouit tout au plus que trois ans.

728. Porus , successeur de Chinzirus , ne tint le sceptre que deux ans , en supposant que le règne de son prédécesseur fût de trois ; car tous deux ensemble ne régnèrent que xinq ans , suivant le canon de Ptolémée.

726. Jugée succéda à Porus , et n'est pas mieux connu que lui. Après un règne de cinq ans , la mort , ou quelque autre événement , le fit descendre du trône.

721. Mardokempad devint roi de Babylone après Jueée. C'est le même (on ne peut guères en douter) , que Merodac- Baladan , qui , ayant appris la guérison miraculeuse d'Ezéchias, roi de Jérusalem, lui envoya, Tan 710 avant J.-G, des ambassadeurs pour l'en féliciter, et s'informer du prodige arrivé à cette occasion, par la rétrogradation de l'ombre du soleil. Cette ambassade , et l'accueil affectueux qu'Ezéchias lui fit, donnent lieu de croire qu'il y avait entre les deux rois une ancienne amitié. L'intérêt commun en était sans doute le lien. L'un et l'autre avaient un voisin redoutable dans la personne de Scnnacherib , roi d'Assyrie. Cependant, on ne voit pas que Mardokempad ait fourni du secours à Ezécbias, lorsque le roi d'Assyrie vint l'attaquer* Peut-être fut-il arrêté par la nécessité de défendre ses propres états. Quoi quil en soit, il mourut, après trente huit ans de règne, l'an 709, avant l'ère chrétienne, et 3q de l'ère de Nabonassar.

709. Arkianus , fils de Mardokempade , ou du moins son plus proche héritier, parvint après lui au trône de Babylone. On ne peut dire de quelle manière il le remplit ; car son nom et la durée de son règne, qui fut de cinq années , sont tout ce qu'on sait de lui. Sa mort fut suivie d'un interrègne , qui dura l'espace de deux années , et fut occasionné vraisemblablement par les contestations de divers concurrents, qui prétendaient lui succéder; d'où l'on peut inférer qu'il ne laissa point de fils.

702. Bélibus prévalut enfin, soit par le choix de la nation , soit par la force des armes , sur ceux qui prétendirent avec lui au trône de Babylone , après la mort d' Arkianus»

il n'en jouit que trois ans, et peut-être une révolution abrégea - 1 - elle la durée de son règne.

€99. A PRONA Dl us devint roi de Babylo ne après Bel ibus. Son règne fut de six années; c'est tout le que Ton en sait.

6t)3. RiGEBKLUS, successeur d'Apronadius , ne tint le sceptre qu'un an.

692. Mesessimordacus paraît à la suite de Rigebelus dans le canon de Ptolémée , qui lui donne quatre ans de règne; après quoi il y eut un nouvel interrègne qui dura l'espace de huit ans. Jl est aisé de se figurer le trouble , la confusion et le désordre qui régnèrent pendant cette longue anarchie. Elle aboutit enfin au renversement du

trône et à l'extinction de la monarchie Babylonienne.

6a5. Nabopolassar ayant partagé les provinces de l'empire d'Assyrie avec les Mèdes, ne songeait qu'à jouir tranquillement du fruit' de ses travaux. Mais l'envie, toujours attachée aux grandes prospérités, ne lui permit pas de

Soûler les douceurs de cette profonde paix dont il s'était atté. Néchao , roi d'Egypte , entreprit de lui enlever une partie de ses conquêtes ^607), et s'avança , dans ce dessein , avec une puissante armée , jusque sur les bords de l'Euphrate. Cette expédition fut heureuse ; il prit Carchemis avec d'autres places, et revint triomphant en Egypte. Ce qu'il y eut de plus fâcheux pour Nabopolassar , c'est que la Syrie et la Palestine, enhardies par ce succès , en prirent occasion de se soustraire à son obéissance. Trop âge et trop infirme pour aller en personne réduire les rebelles, il chargea de ce soin Nabuchodonosor , son fils, après l'avoir associé à la royauté. C'est de cette époque, ainsi qu'on l'a remarqué ailleurs , que les Juifs commencent à compter les années de Nabuchodonosor, à la différence des Babyloniens, qui ne les comptent que de la mort de son père , arrivée deux ans après. Le jeune prince étant venu en Syrie , battit l'armée des Egyptiens, reprit Carchemis, et subjugua tout ce qui était compris entre l'Euphrate et le fleuve d'Egypte , c'est-à-dire la Syrie et la Palestine. Car comme l'Euphrate bornait la Syrie au nord-est , le fleuve d'Egypte bornait la Palestine au sud-ouest. Ce fleuve d'Egypte, dont il est si souvent parlé dans l'Ecriture , comme servant de borne à la Palestine, du côté de l'Egypte , n'était pas le Nil, mais

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line petite rivière qui , coulant au travers du désert qui est entre ces deux pays, passait anciennement pour la limite commune. C'est )usque là que s'étendait la terre promise à la postérité d'Abraham (Genèse, v. XV, c. 18.) et qui fut ensuite (Josué y v. XV, c. 4») divisée par le sort (Prideaux.) Ce fut dans le cours de cette expédition que Nabuchodonosor apprit la mort de Nabopolassar , arrivée après un règne de vingt-un ans commencés.

6o5. Nabuchodonosor , successeur de Nabopolassar son père, après avoir été son collègue porta l'empire de Babylone , par ses exploits , au plus haut point de gloire et de prospérité. On a rapporté dans la Chronologie de L'Histoire Sainte ses expéditions en Judée. Après la ruine de Jérusalem > il revint en Syrie la vingtième année de son règne , et mit lesiége devant Tyr dans le tems qu'l t hobal en étai t roi (585). Xette ville , par les richesses que lui procurait son commerce, valait un royaume, et plusieurs de ses citoyens étaient devenus autant de princes par leur opulence et le luxe qu'ils étalaient* Tyr résista aux efforts des Babyloniens l'espace de treizeans, durant lesquels Nabuchodonosor fit la guerre avec succès aux Sidoniens , aux Ammonites , aux lduméens et aux Moa— . bites. A la fin Tyr fut soumise à son tour ; mais Nabuchodo* nosor ne retira d'autre fruit de ses dépenses et de ses fatigues incroyables, que de se voir maître de quelques maisons vides d'habitanset de biens. LesTyriens prévoyant qu'a— près une défense longue e^ périlleuse ils seraient obligés de se rendre, s'étaient retirés avec leurs effets dans une île voisine du rivage (572) , où ils avaient bâti une deuxième Tyr, qui égala dans la suite la gloire de la première. ( V. les rois de Tyr, ) Honteux d'une conquête aussi stérile que pénible, Nabuchodonosor mena son armée en Egypte dans la vue de la dédommager parle riche butin qu'il espérait y faire. Dieu lui avaifeen effet promis les dépouilles de l'Egypte pour le récompenser du service qu'il venait de lui rendre à Tyr ( c'est l'expression du prophète Ezéchiel) en exécutant ses vengeances contre cette vil le superbe. Les divisions intestines qui déchiraient ce royaume, lui en ouvrirent aisément l'entrée.' Il le parcourut en vainqueur d'un bout a l'autre, et en récompense remporta d'immenses richesses. Ce fut après avoir terminé ces guerres qu'il donna ses soins aux embellissemens de Babylone. Douze siècles au moins qui s'étaient écoulés depuis Sémiramis, avaient considérablement détériore la plu*

36o CHRONOLOGIE HISTORIQUE

part des ouvrages que cette princesse y .avait faits. Larchitedture d'ailleurs s'était perfectionnée dans ce long espace de tems. Nabuchodonosor ayant donc rassemblé tout ce qu'il y avait d'habiles ouvriers .dans ses états, lés employa à reconstruire Babylone , et à y déployer toutes les richesses de leur art. On ne répétera point la description succinle qu'on a faite de cette superbe ville à l'article de sa fondatrice. 11 est impossible de discerner ce qui était de l'invention de Sémiramis , et ce que Nabuchodonosor y avait ajouté. Quoi qu'il en soit , rien n'égalait Babylone ,. après que ce prince y eût mis la dernière main > clans tout ce que l'industrie des hommes avait jusqu'alors enfanté. 11 s'admirait lui-même en contemplant son ouvrage; et se croyant au-dessus de l'humanité , il disait avec transport : N'est-ce pas moi qui : ai bâti cette grande Babylone ? Un jour qu'il roulait celte pensée orgueilleuse dans son esprit, Dieu tout à coup le dégrade de son espèce, en le frappant d'une maladie. qui lui persuada qu'il est un bœuf sauvage, et lui en donne topt l'instinct. On l'enchaîne dans les premiers accès de sa mar nie. Il rompt ses liens, et fuit dans les champs où il broute l'herbe avec les bêles, exposé comme elles aut injures née l'air. Cet état , qui lui avait été prédit un an auparavant par le prophète Daniel, eu dura sept : pendant ce tem&<, son fils aîné tint les rênes du gouvernement, assisté d'un conseil qui modérait son jpouvoir. Enfin , rendu à lui-même ? Nabuchodonosor remonta sur le trône qu'il occupa énonce l'espace d'un an, c'est-à-dire jusqu'à sa mort , arrivée la quarante-troisième année de son règne. i ^

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562. Evilmerodac, fils aîné de Nabuchodanosor, par*, vint, après la mort de son père, à la royauté-, moins par le vceu de la nation que parle droit de sa naissance. En effet 1, lorsqu'il exerçait la régence durant le long délire de son père, il avait commis, malgré le frein qu'on avait mis à son autorité, des actes de violence, qui avaient obligé ce monarque, après avoir été rétabli , de le punir par l'emprisonnement. Enfermé dans le même lieu que Jéchontas, roi de Juda, il contracta avec lui des liaisons qui furent salutaires à ce tler~ nier. Evilmerodac , dès qu'il se vit placé sur le trône , le tira delà prison où il languissait depuis trente-sept ans, et- le mit à la tête des princes qui faisaient l'ornement de sa cour. Ce fut peut-être le seul acte de générosité qu'il exerça durant son règne, Maître de se livrer à ses penchans , il se^lon-

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eea dans la débauche, et gouverna ses peuples avec un sceptre de fer. Mais l'atrocité de sa conduite ne resta pas long.tems impunie. Ses plus proches parents conspirèrent contre lui et après avoir régné environ deux ans , il fut assassiné par son beau-frère. r

56o. Nériglissor, appelé Neregasolasau dans le canon de Ptolémée, chef des conjurés qui avaient mis à mort EviU merodac, dont il avait épousé la sœur, lui succéda par le choix de la nation , qui le regardait comme son libérateur. Ce prince avait en effet des talents pour gouverner. 11 ne manquait ni de valeur , ni de capacité ; mais l'ambition le perdit. Non content du vaste empire qu'il venait d'usurper, il voulut encore y joindre la monarchie des Mèdes. Dans ce dessein, il envoya des ambassadeurs aux rois des environs pour les exhorter à s'unir avec lui contre Cyaxare , roi des Mèdes, dont ils leur peignirent l'ambition sous les couleurs qui convenaient à celle de leur maître. Plusieurs de ces princes, effrayés par le danger chimérique de voir leur puissance engloutie par celle des Mèdes, ou séduits par l'argent du roi de Babylone , entrèrent dans la ligue qu'on leur proposa. Le plus empressé comme le plus riche d'entre eux , tut Crésus, roi de Lydie. Les Indiens que Nériglissor avait aussi fait solliciter, montrèrent plus de circonspection. Avant de se décider, ils envoyèrent sur les lieux des personnes sages et prudentes pour s'informer de la vérité des choses. Cyaxare, cependant instruit de ce qui se tramait contre lui prit ses mesures pour se mettre en état de défense. Il avertit Cambyse, roi des Perses, son beau-frère et son allié, de lui envoyer une armée pour prévenir l'ennemi. Cyrus, fils de Cambyse , jeune prince en qui la valeur et la capacité devançaient les années, vint à la tête de trente mille hommes d'élite

qu'il joignit aux troupes des Mèdes. Chargé du commandement général de l'armée , il fut environ deux ans à la dresser

décharge avant d'être encore assez près. Leurs traits s'épuisèrent en vain. Les troupes de Cyrus fondant ensuite sur eux le sabre ou la hache à la main, en firent un affreux carnage. Nériglissor ayant échappé à cette bouche- II. ^ 46

rie, se hâta d'aller rejoindre un autre corps d'armée, qu'il avait à dix journées de là. Les vainqueurs s'étant mis à sa

Soursuite, l'attaquèrent peu de tems après qu'il fut arrivé ans son nouveau camp, et remportèrent une nouvelle victoire avec un riche butin. Nériglissor périt dans cette action, et laissa ses alliés, par sa mort, chargés du poids d'une guerre destructive.

555. LaborosoarchoD , fils de Neriglîssor, lui succéda. C'était un jeune furieux déjà connu par ses emportemens et sa cruauté. 11 soutint sur le .trône la réputation odieuse qu'il s'était faite dans la vie privée. Gobrias et Gadatas , deux de ses généraux dont il avait fait mourir les deux fils, Tun pour avoir été plus adroit que lui à la chasse , Fautre , parce qu'une de ses concubines avait fait l'éloge de sa bonne mine et de ses belles manières , irrités de cette double barbarie se jetèrent dans le parti de Cyrus , et devinrent les plus terribles ennemis des Babyloniens. Laborosoarchod voulut marcher avec quelques troupes à leur poursuite ; mais Cyrus étant venu à leur secours le poursuivit lui-même jusqu'aux portes de Babylone. Ce revers ne l'empêcha point de continuer ses débauches et ses cruautés. Ses sujets abrégèrent la durée d'un règne si tyrannique, en l'assassinant le neuvième mois de son règne.

554. Nabonadius , appelé Labinet par Hérodote, Na- BOANDEL par Josephe et Balthasar par Daniel, fils d'Evilmerodach , monta sur le trône après la mort de Laborosoar- ' chod. il était à peu près du môme âge que lui , et n'avait pas de meilleures inclinations; mais les qualités qui lui manquaient pour régner, se rencontraient heureusement dans Kitocris, sa mère, qu'on peut mettre à côté de l'illustre Sémiramis. Tandis qu'il s'endormait dans le sein de la volupté, cette princesse prit en main les rênes du gouvernement. Elle acheva les ouvrages nue Nabuchodonosor avait entrepris pour l'embellissement et la sûreté de Babylone ; c'est à elle qu'on attribue la construction des quais de cette ville. Ils étaient comme ses murs, faits de brique cimentée avec du bitume , et des portes d'airain fermaient et muraient les avenues de toutes les rues qui aboutissaient à ces quais. De cette sorte ils servaient à préserver Babylone des inondations de l'Euphrate, et à mettre cette place à couvert des surprises de l'ennemi, du côlë do la rivière, four la cons-

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traction de ces ouvrages , il avait été nécessaire de détourner le cours du fleuve. Nitocris en vint à bout en faisant creuser, à côté de l'Euphrate, un lac immense pour recevoir ses eaux. Ce réservoir, après qu'elles furent rentrées dans leur lit, fut conservé pour rémédier aux débordements du fleuve. Cependant Cyrus méditait sérieusement la conquête de Babylone. Le bruit de ses préparatifs et les remontrances de Nitocris tirèrent enfin Nabonadius de son assoupissement. 11 alla trouver à Sardes le roi Crésus , lui représenta le péril commun , dont les menaçaient l'un et l'autre les armes triomphantes de Cyrus, et l'engagea, tant par ses discours, que par l'immense quantité d'or qu'il fit briller à ses yeux, à renouveler l'alliance avec lui. Crésus ayant réuni tous les peuples qui lui étaient tributaires, leva une armée de quatre cent vingt mille hommes, avec laquelle il alla au devant de Cyrus , qui n'en avait pas la moitié ; mais cette supériorité apparente n'empêcha pas le roi de Lydie d'être vaincu à la fameuse bataille de Thymbrée. Sa défaite fut suivie de la conquête des provinces comprises entre le Pont-Euxin, la mer Egée et l'Euphrate. Cyrus et Cyaxare ayant ensuite soumis les contrées situées au nord de Babylone, s'avancèrent vers cette ville pour en faire le siège. Ce ne fut point une surprise ; Nitocris s'y attendait et avait , en conséquence , pourvu la place abondamment de vivres.

Les Babyloniens, se confiant en la force et la hauteur de leurs murs , ne paraissent dessus que pour insulter à l'ennemi , lorsqu'ils le voient approcher. Ils se moquent de ses machines, et traitent de folie un fossé large et profond que Cyrus fit creuser autour de la ville. Cette entreprise occupa l'espace d'environ deux ans les assiégeants. Lorsqu'elle fut achevée, Cyrus, pendant une nuit où les Babyloniens, à l'occasion d une fête, se livraient à la débauche, fait faire une saignée à l'Euphrate, au-dessus de la ville, pour le décharger dans le canal qu'il lui avait préparé. Il fait rompre en même tems la digue qui séparait l'Euphrate du lac Nitocris (538). Les eaux de ce fleuve, détournées par cette double ouverture, laissèrent, en peu de tems, son lit à sec. Cyrus avait cependant partagé son armée en deux corps , dont l'un fut posté à l'endroit où l'Euphrate entrait dans la ville, et l'autre à celui où il en sortait. Au signal

3ui leur fut donné , tous les deux entrèrent en même tems ans le lit du fleuve , et s'étant introduits dans les rues par les quais , dont les portes étaient restées ouvertes par la

négligence des Babyloniens; ils marchèrent droit vers ïe

Salais, dont ils égorgèrent la garde. Nabonadius vint au-» evant d'eux, l'épée à la main, suivi de ceux qui étaient à portée de le secourir. Il est tué sur-le-champ , et l'on» fait main- basse sur tous ceux qui raccompagnent. Cyrus fait publier, par la ville, un édit par lequel il promet la vie sauve a tous ceux qui mettront bas les armes. Les Babyloniens, rassurés par-là , se soumettent sans peine au vainqueur* Telle fut la fin du royaume de Babylone. Ainsi tomba l'orgueil de cette superbe ville , cinquante ans après la ruine de Jérusalem et de son temple. Par-là, furent accom- ' plies les prédictions d'isaïe, d'Habacuc et de Daniel. Us avaient clairement annoncé que Babylone serait bloquée par les Mèdes, les Elamites, autrement les Perses et les Arméniens ; que son fleuve serait mis à sec ; qu'elle serait prise dans un jour de fête et de réjouissance ; que ses habitants dormiraient d'un sommeil qui n'aurait point de réveil. On a parlé dans la chronologie de l'Histoire Sainte , sur l'an 538 avant Jésus- Christ, du festin que Balthasar fit cette nuit aux grands de sa cour , de l'impiété qu'il eût de faire apporter, au milieu du repas , les vases du temple Je Jérusalem , pour y boire avec ses convives, en l'honneur de ses dieux ; de ces trois mots énigmatiques , qu'une main, pendant cette profanation , traça miraculeusement , sur le mur de la salle , visà-vis de Balthasar, et de l'explication funeste que Daniel lui en donna. La mort de ce prince arriva dans la dix-septième année de son règne.

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