ROYAUME DE MÉDIE
759. Les Mèdes , issus de Madaï , fils de Japhet , ayant secoué le joug des rois d'Assyrie , préférèrent le gouvernement républicain à l'état monarchique. Mais d'autres peuples qui avaient pris part à la révolte sous leurs enseignes, et qui sont appelés Mèdes, improprement par Ctésias , reconnurent Arbace pour leur roi. C'est ainsi qu'on peut , suivant M. Bougainvillc , concilier Hérodote avec Ctésias , qui nous présente une liste de huit rois Mèdes consécutifs , dont aucun ne se rencontre, parmi les quatre, que celle du premier renferme. Laissant donc à l'écart la dynastie de Ctésias comme étrangère aux véritables Mèdes, nous nous conformerons pour ceux-ci, autant que le permettra la vraisemblance, au
récit d'Hérodote. Mais avanl toute chose , il est à pTopos de marquer exactement les limites de la Médie , proprement dite. Ce pays i suivant Pline et Strabon , était borné au nord par l'Arménie , au midi par la Susiane et la Sitacène ( ce sont les pays où les rois mèdes de Ctésias ont régné ) ; à l'orient par le royaume des Parthes et les contrées situées le long de la mer Caspienne , et à l'occident par l'Adiabène et la Gordien ne. Les habitants de cette vaste région , divisés par tributs , indépendantes les unes des autres, et dont chacune avait son juge , demeurèrent sans roi l'espace d'environ vingt-neuf ans. La liberté dans cet intervalle ayant dégénéré en licence , les Mèdes sentirent la nécessité de se donner promptement un législateur commun et souverain , pour ne pas retomber sous la domination des Assyriens. Déjocès, run de leurs juges, gouvernait sa tribu avec toute la sagesse, la prudence et L'intégrité qu'on pouvait désirer. Toutes les autres vinrent le trouver de concert pour se soumettre à son commandement, et l'ofire étant acceptée, elles lui déférèrent , dans une assemblée générale , le titre de roi ( ) Placé sur le trône , Déjocès donna ses premiers soins à revêtir la royauté de tout l'appareil qui attire la crainte et le respect aux monarques. Il exigea des Mèdes qu'ils lui élevassent un palais , et il le revêtit de fortifications. Il se donna des gardes pour la sûreté de sa personne, nomma des officiers pour commander ses armées , et choisit des ministres pour gouverner L'état sous ses ordres. Les Mèdes vivaient dispersés dans des villages , sans connaître d'antres lois que la violence et leur caprice. Déjocès, pour contenir dans le devoir cette nation féroce et la polirer, établit une législation fixe, et fit bâtir autour de son palais une ville, dans laquelle il rassembla les plus considérables d'entre les Mèdes. Il L'environna de sept murailles plus haoles les unes cjue les autres, non en elles-mêmes, mais à raison du terrain qui allait toujours en s'élevant. De-là vient qu'on donne à ces murs soixante->dix coudées de hauteur et cinquante de largeur* La ville fut nommée Ecbatanes, et quelques voyageur* modernes prétendent la reconnaître dans la ville de Taurîs^ Renfermé avec ses courtisans dans son palais , dont la magnificence égala bientôt celle des palais de Babylonc et de Mini ve, Déjocès se rendit inaccessible au reste de ses sujets, qui ne pouvaient s'adresser à lui dans leurs affaires que par le canal de ses ministres. A l'égard de ceux - ci et de tous Ses courtisans , ils étaient obligés d'observer en sa présence la plus
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grande circonspection. Il ne leur était permis ni de rire rrr de cracher devant le monarque. Il soutint d'ailleurs son autorité par les châtiments les plus rigoureux contre les infracteurs de ses lois. C'est ainsi qu'il vint à bout de dompter la férocité des Mèdes, de faire plier leur caractère au joug de l'obéissance et de policer leurs mœurs. Pour les empêcher de remuer au-dedans , il fit quelques guerres au-dehors. Mais on ignore le détail de ses expéditions militaires. Il paraît
Qu'elles furent heureuses et contribuèrent à l'agrandissement e ses états. Son règne fut de quarante-trois ans, et il era-
Sorta dans le tombeau , sinon les regrets , du moins l'estime e ses sujets.
(Î90. Phraortes ou Aphraarte , nommé dans I'Ecrrture Arphaxad, fils de Dejocès , lui succéda dans l'empire des Mèdes , non par élection , mais par le droit de sa naissance , suivant la constitution de l'état, qui rendait le trône héréditaire. Moins pacifique que son père , il inspira aux Mèdes l'ambition de faire des conquêtes. Il commença, suivant Hérodote , par attaquer les Perses, dont il envahit le pays, et en fit une nouvelle province de ses états. Mais il paraît clairement, par l'Ecriture, disent les auteurs de l'Histoire universelle , que les Perses ne furent subjugués par les Mèdes , qu'après que Ninive eut été prise par les forces réunies du successeur de Phraortes et de Nabuchodonosor. Dieu déclare , en effet , par la bouche de Jérémie ( XXV , 9. ) qu 'il rassemblera toutes les familles du septentrion* et qu'il tes fera venir avec Nabuchodonosor contre la Judée et contre toutes les nations d'alentour, parmi lesquelles sôrft nommés les peuples d'Elam, qui est la Perse proprement dite, suivant tous les géographes. Il est certain, néanmoins, que Phraortes vainquit différens peuples de son voisinagé t et que par la force de ses armes il assujétit à ses lois toute cette partie de l'Asie , qui est située entre le mont Taurûs et le ileuve Halis. Fier de ce succès, il osa porter la guerre contre les Assyriens. Cette nation , qui n'avait pas renoncé à, ses prétentions sur les Mèdes, pouvait mettre de grands obstacles au progrès de Phraortes. Peut-être ne se flattat il pas de la soumettre; mais il crut au moins pouvoir l'affaiblir. L'événement ne répondit point à ses espérances. Saosduchin, roi d'Assyrie, non - seulement repoussa ses attaques, mais étant devenu agresseur à son tour, il lui livra bataille dans la plaine de Ragaii, qu'on croit
"ville de Ragès dont il est parlé dans Tobie , le vainquit et
-gens à la poursuite de Phraortes. Ce prince fut pris, et amené à Saosduchin , qui le fit mourir à coups de javelots, dans la vingt-deuxième année de son règne. C'est de Tannée <me Phraortes monta sur le trône , qu'il faut compter les cent dix-huit ans que dura la domination des Mèdes da/is la haute Asie, jusqu'au commencement de Cyrus. L'Ecriture lui fait honneur de la fondation d'Ecbatanes , parce 4ju'il acheva cet ouvrage , commencé par son père.
655. Cyaxare, fils de Phraortes, monta sur le trône après lui. C'était le prince qui convenait aux Mèdes pour relever leur monarchie sur le penchant de sa ruine. La victoire de Ragaii avait rendu les Assyriens maîtres d'une grande partie de la Médie , et le reste de cet empire était menacé du même sort. Cyaxare ayant mis une armée sur
Îiied , s'appliqua à y établir une nouvelle discipline. Il fut e premier, suivait Hérodote, qui rangea les troupes d'Asie en différens corps militaires , au lieu qu'auparavant la cavalerie était mêlée avec l'infanterie. Çyaxare ayant remédié à ce désordre , se trouva en état de venger la mort de son père et de relever la gloire des armes de Médie (654). Celles des Assyriens avaient beaucoup perdu de la leur , depuis l'échec qu'ils avaient reçu devant Béthulie. Les peuples qu'ils avaient subjugués secouaient le joug à l'envi. (64^). C]»xare , à son tour , marcha contre ses conquerans avilis. Les Assyriens étant venus à sa rencontre, furent défaits. Cyaxare les poussa jusqu'à Ninive dont il forma le siège. Cependant une armée formidable de Scythes , après avoir chassé les Cimbres de l'Europe , s'avançait vers la .Médie sous la conduite de leur roi Madyés , fils de Protothyas. Ce contretems obligea Cyaxare de lever le siège de Ninive pour aller défendre son pays. Il attaqua les Scythes qui étaient déjà sur la frontière , et malgré toute la valeur qu'il fit paraître dans l'action , son armée fut mise en déroute. Les vainqueurs ne trouvant plus d'obstacle à leurs ravages, traversèrent toute l'Asie, et pénétrèrent jusqu'en Egypte ; mais gagnés par les présens de Psammetique qui régnait en ce pays, ils renoncèrent à la conquête qu'ils voulaient en faire, et revinrent sur leurs pas. Leur domination en Médie fut de vingt-huit ans. Cyaxare ne pou-
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vant se défaire de ces hôtes incommodes à force ouverte , eut recours à un stratagème, qu'il concerta avec les principaux de ses sujets. Il invita les chefs des Scythes à un festin , et les fil massacrer après les avoir enivrés. Les grands de Médie en firent autant le même jour, et ce royaume,
Îarlà, se vit affranchi d'un long et cruel esclavage (620). ,es Scythes qui échappèrent à ce massacre, se sauvèrent en Lydie, où ils furent reçus avec humanité. Après avoir réparé les maux qu'ils avaient causés dans la Médie, Cyaxare reprit son entreprise contre Ninive. Nahopolassar , roi des Babyloniens depuis dix ans , se joignit à lui , ou plutôt à son fils Astiage, nommé Assuérus dans le prophète Daniel , pour recommencer le siège de cette ville (61 5). Ils la
S rirent , la renversèrent, et par celte conquête, le royaume 'Assyrie tomba sous la puissance des Babyloniens et des Mèdes , qui le partagèrent entre eux.
Depuis que les Scythes fugitifs s'étaient réfugiés en Lydie, Cyaxare les avait toujours reclamés , mais en vain , comme des ennemis qu'il était en droit de punir. Piqué de ce refus , il déclara la guerre , sur la fin de son règne , au roi de Lydie , nommé Alyate. Elle dura six ans avec des succès variés, et fut terminée par une fameuse éclipse, qui , bien que prédite par Thalès le Milesien , jeta un tel effroi, dit Hérodote, parmi les deux armées qui étaient aux prises, que mettant bas leurs armes, elles ne pensèrent plus qu'à faire la paix. Ce phénomène, qui aurait dû servir à fixer l'époque de l'événement avec lequel il concourut , est devenu pour les chronologistes une pomme de discorde qui leur a fait embrasser différentes opinions sur le tems où il arriva (60 1). Pour nous, tout bien examiné , nous nous en tenons à l'éclipsé arrivée le 20 septembre de l'an 601 avant Jésus-Christ , à huit heures trente-cinq minutes du matin. Non-seulement elle procura la paix entre les Mèdes et les Lydiens , mais pour cimenter cette paix , il fut convenu qu'Astiage , fils de Cyaxare , épouserait Aryenis , fille d'A- Jyale. Nabonide, roi de Babylone ( c'est Nabuchodonosor ) et Syennesis, roi de Cilicie, furent, suivant Hérodote, les médiateurs du traité , qui se conclut , dit-il , à la manière des Grecs, c'est-à-dire, chacune des parties s'étant fait une incision au bras pour en tirer du sang qu'elles sucèrent réciproquement. Cyaxare mourut six ans après cet événement, dans la soixante- unième année de son règne, laissant ses états augmentés , non-seulement d une portion
considérable de Y Assyrie , mais de là Susiane , de la Perse , de la Cappadoce , du Pont et de l'Arménie , que Nabuchodonosor Pavait aidé à'conquérir.
5q5. AsTYàGB v fils de Cyaxare j lui succéda au trône de Médie: Il avait eu d'une première femme ,^ avant d'épouser Aryenis * une fille nommée Manda ne , qu'il donna en mariage à Cambyse, roi de Perse, du vivant même de Cyaxare, son père. Aryenis, de son côté, lui donna un fils qui fut nommé Cyaxare , comme son aïeul. Àstyâge, comblé de richesses , fruit de la valeur de ses ancêtres , fut plus sensible au plaisir d'en jouir , qu'à l'envie de les augmenter par de nouvelles conquêtes* 11 étala dans sa cour tout ce que le faste a de plus imposant , le luxe de plus recherché et la délicatesse de plu» exquis. Ce ne fut pas néanmoins un monarque indolent et méprisable. H sut se foire respecter de ses sujets et redouter de se9 voisins. Evilmerodach , fila de Nabuchodonosor, roi de Babylone, apprit par son expérience qu'on ne l'insultait pas impunément* Ce jeune prince étant sur le Jpoint de se marier, voulut aller chercher lui-même lè gibier dont il avait besoin pour ses noces. On lui dit qu'il y en avait beaucoup dans un certain canton qui confinait son royaume et celui des Mèdes. Il s'y rendit avec un nombreux équipage de chasse, qui fut renforcé le lendemain par un détachement de gardes que son père lui envoyait pour sa sûreté; Enhardi par cette espèce d'armée^ il passa sur les terres des Mèdes, tant pour suivre son gibier , que pour braver son voisin. Àstyâge n'eut pas plutôt appris cette incartade , qu'il voulut en avoir raison. Ayant assemblé promptement une armée i il la conduit + accompagné de Cyaxare, son fils , dans le payé des Babyloniens , où Cyrus, son petit-fils, vint le joindre; Evilmerodaeh étant venu a sa rencontre , fut battu , après quoi le roi des Mèdes s'en revint triomphant dans ses états 1 . On ne voit pas qu'Àstyage ait eu d'autres guerres à sou^ tenir. Exempt d'ambition et redoutable par ses forces , oti le laissa jouir, selon les apparences, rie la même trattqufc lité qu'il accordait aux autres* IL mourut après un régné de trente -cinq ans r bissant l'empire des Mèdes dans tm état florissant* : . ' - ' '••*><
S60. Cyaxarb II * nommé Darius le Mi-DE par le prophète Daniel, et Aasuérus dans le livre, ctfEsther et; ^Ar^ 11. 47
taxercès ( ibid. ) , fut le successeur d'Astyage , son père ^ qu'il se proposa pour modèlefgrflans le gouvernement de ses états. Vivre dans le repos ellqi délices, au milieu d'une cour fastueuse et brillante , recevoir des hommages, et régner paisiblement sur des peuples accoutumés au joug de longue main , faisait tout l'objet de son ambition. Mais l'envie attachée à la prospérité , ne lui permit pas de jouir long-tems de ce honneur. Neriglissor , cet usurpateur du trône de Babylone , regardant Cyaxare comme son rival , parce qu'il était aussi puissant que lui , ne négligea rien pour indisposer contre lui toutes les cours étrangères. Ses émissaires le traduisirent partout comme un prince inquiet et avide , qui méditait la conquête de tout ce qui était à sa bienséance , et dont on ne pouvait trop se hâter de prér* venir les ambitieux desseins. La calomnie prit faveur, et arma contre le roi des Mèdes la plupart de ses voisins. Cyaxare , informé de la ligue qui se tramait contre lui , prit ses mesures pour se mettre en état de défense. Comme le danger lui était commun avec le roi de Perse, Carabyse , son beau-frère , à qui les confédérés n'en voulaient pas moins
3u'à lui , il pria ce prince de lui envoyer Cyrus, son fils, ont il avait admiré les ratfe talens, avec les troupes quil pourrait lui fournir. Cyru? vint avec trente mille Perses , et fut chargé du commandement de l'armée par son oncle. Les Arméniens s'étaient prévalus de la conjoncture critique où se trouvait Cyaxare, pour secouer le joug des Mèdes. Cyrus , après avoir surpris leur roi , les fit rentrer dans l'obéissance. Il marcha ensuite contre les Babyloniens , et remporta sur eux une victoire, qui, bien que complète , n'était pas décisive pour les Mèdes et les Perses. Les ennemis avaient , à dix journées du lieu où ils venaient d'être battus, un autre corps d'armée beaucoup plus considérable. C'était là où se trouvaient, non-seulement les forces nationales, mais celles de tous les alliés du roi de Babylone. Cyrus , voyant ses troupes si animées par ce premier succès , qu'elles ne demandaient qu'à combattre, crut qu'il ne fallait pas laisser ralentir cette ardeur. Il proposa à Cyaxare de les mener à la poursuite de l'ennemi. Le roi des Mèdes , quoique naturellement timide , approuva sa pensée. Mais la joie fut extrême parmi les soldats , lorsqu'ils apprirent la résolution de leurs maîtres. Après avoir fait des sacrifices pour obtenir le secours du ciel , on s'avança dans le pays. L'impatience de voir l'ennemi fit trouver la marche plus longue qu'elle
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n'était. On arrive enfin à la vue de l'armée des Babyloniens. Elle était retranchée dans un camp entouré d'un large fossé de circonvallation , qui le mettait à Pabri des surprises. Cyaxare était d'avis qu'on allât d'abord à l'attaque, îjfais Cyrus lui représenta le danger qu'il y aurait à vouloir forcer l'ennemi dans un camp aussi bien fortifié. Le roi des Mèdes n'insista point. On resta quelques jours à s'examiner de part et d s autre. Les Babyloniens, prenant l'inaction des Mèdes pour un effet de la crainte , sortirent de leurs retranchemens. Le combat alors s'engage. L'ardeur était égale des deux côtés. Mais les Mèdes et les Perses ; mieux armés et plus disciplinés, combatlirent avec plus d'ordre. Après «voir essuyé une première décharge qui fut inutile , parce qu'ils n'étaient pas à la portée du trait, ils enfoncèrent l'armée des Babyloniens, et après un affreux carnage ils la mirent en déroute. Cyaxare n'eut point de part à cette victoire. Tandis qu'on était aux mains , il s'amusait dans sa lente à boire et à se divertir. Les Mèdes ayant volontairement suivi Cyrus à la poursuite de l'ennemi , son étonnement fut extrême à son réveil de ne plus voir son armée autour de lui. Il envoya promptement la redemander à son neveu , l'accusant de la lui avoir enlevée par séduction. Cyrus ayant signifié les intentions de Cyaxare aux Mèdes, tous refusèrent de s'y conformer. Cette désobéissance pouvait avoir des suites fâcheuses ; mais ils aimèrent mteùx s'exposer à l'indignation de leur souverain , que d'abandonner un chef victorieux sous lequel ils avaient tout à espérer. Cyrus ne tarda pas à leur faire cueillir de nouveaux lauriers dans la Babylonic. Après avoir conquis plusieurs provinces de Babylone, il ramena son armée triomphante en Médie. Cyaxare , confus du contraste que formaient sa conduite et celle de son neveu, ne put dissimuler sa jalousie en revoyant Cyrus couvert d'une gloire acquise par des travaux qu il aurait dû partager avec lui. Cyrus vint a bout de l'apaiser par des remontrances sages et respectueuses. Il lui fait part de l'expédition qu'il méditait contre Crésus , roi de Lydie , le plus puissant appui du roi de Babylone ; mais il ne peut l'engager à venir partager avec lui la gloire de terrasser ce redoutable ennemi (547). Cyaxare demeure oisif dans son palais, tandis que son neveu fait la> conquête du royaume de Lydie. Il ne paraît pas qu'il ait eu plus de part à celles qui occupèrent Cyrus dans les dix années suivantes. C'est ainsi qu'au sein de l'indolence et de
la volupté , Cyaxarese trouva maître du plus grand empire qui eût existé jusqu'alors. Il n'en Jouit que deux ans , et le laissa , par sa mort (536) , à Cyrus , qu'il avait déclaré son héritier en lui faisant épouser sa fille. Le règne de Gyaxarc fut de vinçt-quatre ans; il en vécut soixante-quatre, et la monarchie des Mèdes , qui finit avec lui , en avait duré yrès de deux cents , depuis que Dejocès était monté sur le trône.