‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 29 sur 134 · DE LA CAPTIVITÉ · texte numérisé non relu

DE LA CAPTIVITÉ

586. L'armée d'après la ruine de Jérusalem el du Temple , Nabuchodonosor fait faire une statue d'or de la hauteur de soixante coudées et d» la largeur de six , dimensions qui ne conviennent point à la forme humaine dont la hauteur ne surpasse jamais de six fois la largeur. Ainsi la statue dont il s'agit devait é*tre une colonne ou une pyramide sur laquelle on avait gravé plusieurs divinités ou hiéroglyphes. L'idole est placée dans la plaine de Dura , province de Babylone , et le roi commande à tous ses sujets de l'adorer. Les trois jeunes Hébreux Ananias , Azarias , et Misaël l'ayant - refusé, sont jetés dans une fournaise ardente, au milieu de laquelle on les voit se promener comme dans un lieu de rafraîchissement. Etonné de ce miracle , le roi les fait retirer et défend de parler mal du dieu des Hébreux.

Ce fut vers ce tems, suivant dom Calmet, que parut le prophète Abdias, dont les prédictions, selon le sens littéral , portent contre l'idumée'et en marquent la mine.

Sja$i L?an troisième de ta ruine de Jérusalem et d* Temple , trente-troisième du règne de Nabuchodonosor, ce prtoce s'étant rendu maître de Tyr , aprè* un siège de treize ans, passe en Egypte avec soi» armée victorieuse , ravage le pays d'un bouta l'autre , et en remporte un immense butin. La plus grande partie des habitants périrent par Pépée , par la famine et par la peste. Les Juifs qui se trouvaient en Egypte furent enveloppés dans ce désastre, et U n'en échappa que «ceux qui purent se sauver en Judée.

570. Nabuehodftnosor voit en songe un grand arbre qui est abattu par l'ordre de Dieu , mais dont le tronc est con«r serve pour reproduire de nouvelles branches à la place de celles qui ont été coupées. Daniel , appelé pour expliquer ce songe , annonce au roi que cet arbre est lui-même.

569. Au bout d'un an, tandis que ce prince, s admirant lui-xuême, çontemple avec une complaisance orgueilleuse

Fétendue de sa puissance et là beauté des ouvrages qu'il a faits à Babylone, il perd tout-à-coup le sens. Jl se croit une bête fauve , et en prend toutes les inclinations. Il est chassé comme un insensé de la compagnie des hommes , ou bien il s'enfuit de lui-même dans les champs où il vit avec les bêtes, broutant l'herbe , et arrosé comme elles de la rosée du Ciel. Ses ongles s'allongent et deviennent sefnblables à des griffes. Son corps se couvre de poil , et à peine lui reste- 1*- il quelques traits de la figure humaine. Il demeure dans cet état l'espace de sept ans , pendant lesquels son fils«exerce l'autorité sou-» veraine.

562. A la fin , le sens lui étant revenu , il lève les yeux vers le Ciel , et s'étant humilié sous la puissante main de l'Eternel , il est rétabli dans son royaume. Mais un an s'est à peine écoulé qu'il descend du trône dans le tombeau.

56 1 . Evilmerodach , fils et successeur de Nabuchodonosor, tire de prison , après trente-sept ans de captivité , Jéchonias, roi de Juda , et lui donne place au-dessus de tous les rois qui sont à sa cour.

L'idole de Bel était la divinité des Chaldéens la plus cultivée , et celle dont l'entretien était lenlus dispendieux. Chaque jour, à Babylone , on lui offrait douze mesures de la plus pure farine de froment , quarante moutons , six grands vases pleins de vin , et tout cela était absorbé pendant la nuit suivante. Daniel , sollicité par le roi Evilmerodach de rendre hommage à cette divinité , s'engage à démasquer la fourberie des prâtres qui la desservaient au nombre de soixante et dix. Assuré qu'ils venaient chaque nuit , par des souterrains , en-^ lever dans le Temple les offrandes qu'on y avait déposées , il en fait sceller de l'anneau du Roi la porte après avoir répandu de la cendre sur le pavé. Le lendemain , étant entré dans le Temple avec le Roi , il lui fait observer les pas des prêtres et de leurs familles imprimés sur la cendre. Le monarque , alors désabusé, condamne à mort les prêtres, abandonne l'idole à Daniel , et fait détruire le Temple.

Bel n'était pas le seul objet du culte des Babyloniens. Ils nourrissaient un énorme dragon auquel ils rendaient également des honneurs divins. Amené par le roi devant cet animal pour l'adorer , Daniel s'oblige à le tuer, sans épée ni bâ-* ton , si le monarque le permet. La permission accordée , i} fait une pâte composée de poils , de poix et de graisse qu*H

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fait avaler à ranimai , qui en crhve aussitôt. Furieux de cet événement, les Babyloniens contraignent le roi , par leurs menaces, à faire jeter Daniel dans une fosse où l'on nourrissait sept lions. Le prophète reste sept jours sans être touché par ces animaux. Pendant ce tems le prophète Ilabacuc, transporté de Judée par un ange , apporte à Daniel un dîner qu'il avait préparé pour ses moissoneurs. Le roi , étant venu le septième jour a la fosse pour pleurer Daniel , le trouve au milieu des lions sans en avoir reçu aucun mal ; il l'en fait retirer, et, dans son indignation, y fait jeter les ennemis du prophète <jui sont aussitôt dévorés.

Ges deux histoires remplissent le quatorzième chapitre de la prophétie de Daniel. Nous n'avions plus ce chapitre au'en grec ; Thédotion , qui étoit Juif, l'avait traduit sur l'hébreu. Il n'a donc point été fabriqué par des Chrétiens , comme Louis Cappel et d'autres protestants le supposent.

553. La troisième année de Ballhasar, dit aussi Nabonide et Labinet , roi de Babylone , vision mystérieuse de Daniel. 11 était alors au château de Suse, dans le pays d'£lam , sur le bord du fleuve Eulée. Un bélier lui apparaît frappant de ses deux cornes contre l'Occident , contre llAquilon et contre le Midi, triomphant partout où il éprouve de la résistance, faisant tout ce qu'il veut , et s'élevant à un haut degré de puissance. Mais un bouc n'ayant qu'une corne au milieu du front accourt ensuite de l'Occident avec une légèreté surprenante , attaque le bélier , le terrasse et le foule aux pieds. Sa corne après cela se rompt , lorsqu'il est dans sa plus grande •force , et à la place de cette corne il s'en forme quatre autres vers les quatre vents du ciel. De l'une de ces cornes il en sort une petite <jui s'agrandit extrêmement; elle s'élève contre l'armée du ciel dont elle fait tomber plusieurs étoiles , renverse la vérité par terre, entreprend tout, et réussit en toutes . ses entreprises. Telle est la vision du prophète , et voici l'explication que l'ange lui en donna. Le bélier à deux cornes est l'empire des Mèdes et des Perses , le bouc qui le terrasse, le roi des Grecs ^ Alexandre le Grand , vainqueur de Darius); les quatre cornes qui succèdent à la corne rompue du bouc, les quatre royaumes formés des débris de sa puissance (la Sy- Tie, l'Egypte, la Thrace et la Macédoine); la petite corne sortie de l'une des quatre grandes, marque un roi impie (Ai^ tiochus Epiphanes, roi de Syrie) , persécuteur des Juifs et ile leur religion.

Le ro)aumc Jcs Chaldeens commentait dès-lors à pencher vers sa ruine. 11 s'y précipita depuis avec lant de rapidité, que , dans l'espace de quinze aus, il fut tolalement détruit. Les deux instruments dont Dieu se servit pour renverser cet énorme colosse, forent Cyaxare , roi des Mèdes, ( nommé Darius le Mède , dans le prophète Daniel ) , et Cyrus, roi de Perses. Le cours rapide de leurs conquêtes les ;trnène devant Babylone dont ils forment le siège. Les habitants de celte ville immense, tranquilles à l'abri de U urs murs et de leurs tours , dont la hauteur et la force n'ont point d'égales, regardent l'entreprise d< s assiégeants comine le comble de la témérité. Le roi Ballhasar Juiînème continue de se livrer à la débauche comme dans le tems d'une profonde paix, et y ajoute même l'impiété. Dans un repas qu'il donne aux grands de sa cour, il fait apporter les vases du temple de Jérusalem et s'en sert pour boire en l'honneur de ses Dieux. Mais au même tems il aperçoit vis-à-vis de lui une main qui trace sur le mur trois mots qu'il ne comprend pas. La Irayeur le saisit ; il appelle ses devins pour expliquer ces caractères, et les trouve tous en défaut. On fait venir Daniel qui déclare au roi qu'ils contiennent l'arrêt de sa condamnation. Lettenuit même 1 oracle s'accomplit. Les assiégeants, après des travaux incroyables, étant venus à bout de détourner le cours de l Luphrate , s'introduisent dans la ville, vont droit au palais et massacrent Baliasar avec tous ses courtisans. Par cette conquête , l'empire de Babylone passa aux Mèdes dans la personne de Cyaxare ; et c'est ainsi que commença de s'exécuter l'anathème tant de fois prononcé contre cette superbe ville, la dominatrice des nations, à laquelle ses astrologues promettaient l'éternité. Depuis ce tems, elle alla toujours en décadence , et àlal ongue elle s'est tellement ensevelie sous ses ruines, qu'on ne peut aujourd'hui déterminer la véritable position de cette merveille du monde. Par là se trouve pleinement vérifiée cette parole du Seigneur dans Isaïe : « Je perdrai Babylone et j'en effacerai toutes les traces ». Perdarn Babylonis nomen et reiïquias. (C* XIV. v. 22).

Daniel conserve son crédit sous la domination des Mèdes. Cyaxare ou Darius le Mède , Cyrus , instruits de son mérite, le mettent à la tête des reni vingt satrapes qu'ils établissent pour le gouvernement des différentes provinces de leur empire. Ces satrapes, jaloux de la prospérité de cet étranger, cherchent l'occasion de le perdre. Ils la trouvent cusuggeiant

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à Cyaxare de donner un édit qui défend à ses sujets d'adresser à d'autre qu'à lui leurs prières durant trente jours. Daniel , comme ils s'y étaient bien attendus , ne t int compte de cette loi. ils l'épient 4 et observent qu'il continue d adorer trois fois le jour son Dieu dans sa chambre , les genoux en t<»rre , ses fenêtres ouvertes et le visage tourné du côté de ta ville sainte. 11 est déféré au roi, comme violateur de son édit , et aux termes de cette loi , condamné à être jeté dans ta fosse aux lions. Dieu préserve son serviteur pour la deuxième fois de la gueule de ces animaux. Le lendemain il est trouvé plein de vie. Cyaxare commande alors que les accusateurs de Daniel subissent la peine du talion : ils deviennent aussitôt la proie des lions.

536. Daniel instruit par les écritures que la captivité de son peuple doit bientôt expirer, redouble ses prières pour hâter cet heureux terme. L'Ange Gabriel est envoyé pour lui annoncer que ses vœux sont exaucés , et lui révéler en même tems un autre mystère. Il apprend au prophète qu'à compter de l'édit qui sera donné pour rebâtir Jérusalem il y aura soixante-dix semaines d'années (quatre cent quatrevingt-dix ans ) après lesquelles toutes les prévarications seront abolies , l'iniquité cessera, la justice éternelle descendra sur la terre , les prophéties auront leur accomplissement , le Christ sera mis à mort , son peuple rejeté , le sanetuaire détroit el| Jérusalem réduite à un état de désolation qui ne cessera que vers la fin des siècles.

Cette vision date de la première année de Cyrus, roi des Perses et des Assyriens.

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