‹ L'art de verifier les dates, 2 inscriptions des chroniquesChapitre 30 sur 134 · DU MESSIE · texte numérisé non relu

DU MESSIE

536; Cyrus, frappé de l'état des Juifs, s'entretient avec Daniel de leur religion et des causes qui ont opéré leur captivité. Le prophète lui répond que les juifs ont mérité les malheurs qu'ils éprouvent pour avoir violé l'alliance qu'ils avaient faite avec le Dieu- du ciel. Mais il l'avertit en mime rems que le moment de leur délivrance e$t proche, et qu*

Di

c'est à lui que cet ouvrage est réservé. Pour l'en convaincre * il lui montre dans Isaïe son nom écrit plus «le deux siècles auparavant et la prédiction que ce prophète y fait de la pro-« tection qu'il doit accorder aux Juifs. Cyrus, flatté de se voir l'objet d'une prophétie indubitable, trouvant d'ailleurs son intérêt politique à repeupler une province déserte de ses états, et surtout une de ses frontières, donne un édit f la première année de son règne en Médie , qui permet aux Juifs de retourner en leur pays et de rebâtir le temple de Jérusalem, avec ordre de leur rendre tous les vaisseaux d'or et d'argent que Nabnchodonosor en avait enlevés. 1 Ils partent sous la conduite de Zorobabel, Bis de Salât hiel et du grand prêtre Jésus ou Josué, fds de Josedec J au nombre de quarante-deux mille trois cent soixante personnes : troupe bien petite en comparaison de ceux qui aimèrent mieux restera Babylone qûf de retourner dans leur patrie.

Aussi, l'écriture rernarque-t-elle qu'il n'y eut. que ceux dont Dieu toucha le cœur, qui profitèrent de la faveur de l'édit. (C'est ainsi , disent les pi res de l'église, que la terre t qui est pour nous un lieu dexil et de captivité , devient notre patrie jusqu'à nous f ire oublier le ciel dont J. C. nous a ouvert les portes , si Dieu ne nous touche le cœur par sa grâce.) Arrives en Judée les uns s'établissent à Jérusalem , les autres dans les lieux voisins. Plusieurs de la tribu d'Eph raïm et d< 4 relie de Manassé s'étant joints aux Juifs dans le voyage fixèrent leur demeure à Jérusalem.

Erection de l'autel des holocaustes. C'est l'ouvrage par où (es Juifs débutèrent à leur arrivée à Jérusalem, le premier jour du septième mois (Thisri on commence à y offrir le sacrifice perpétuel du soir et du matin. On traite ensuite avec les Tyriens et les Sidoniens pour faire amener des cèdres du Liban au port de Jdppéi Des ouvriers sont loués pour tailler les pierres et les bois de charpente; le travail s'échauffe, et chacun s'y porte avec la plus grande ardeur.

535. L'année suivante, deuxième du retour des Juifs, au deuxième mois (Zius) , on pose4es fondements du temple au milieu des cris confus du peuple, dont les uns trésaillaient de joie, les autres poussaient des gémisements; les premiers étaient les jeunes gens qui n'avaient pas vu le premier temple; les seconds étaient des vieillards qui pleuraient en prévoyant, attendu l'impuissance de la nation,

DR L*rtlSfO!RE âAWrtî* 7^

combien la magnificence de ce nouvel édifice serait autlessous de celle de l'ancien.

Les Samaritains demandent à Zorobabcl et aux anciens îles Juifs, d'être admis, avecenx, à la construction du temple, alléguant pour motif que depuis qu'Asarhaddou lésa transplantés dans la terre d'Iraè'l, ils ont toujours immolé «les victimes au dieu du Ciel, mais ils n'ajoutent pas qu'ils acriiiaient en même tems à différentes idoles.

Les Juifs rejettent la demande îles Samaritains, parce qu'elle tendait à leur acquérir le droit d'offrir des sacrifices dans le temple , droit funeste qui eut uni de communion les Juifs avec un peuple qui corrompait la pureté <ie la religion.

Les Samarilains, irrités de ce refus, s'appliquent à traverser l'entreprise des Juifs; ils gagnent par argent les ministres du roi, et viennent a bout défaire suspendre les travaux pendant tout le règne de Cyrus.

Les Juifs, alors, oubliant la maison du Seigneur, ne s'occupent qu'a bâtir pour eux mimes de superbes édifices.

Dieu, pour les punir de leur indifférence, frappe la pays de stérilité»

5no. La deuxième année du règne de Darius, fils d'IIistaspe (i), le 24 du sixième mois, (elnl ) les Juifs encouragés par les prophètes Aggée et Zacharie reprennent l'ouvrage du temple; pour récompense de leur zèle, Dieu leur envoie , suivant la promesse des deux prophètes , une année des plus abondantes.

Le vingt-unième jour du septième mois, Aggée adressant la parole à Zorobabel , au grand 1 p rêtre Josué, et à tout le peuple, de la part du Seigneur, promet que la gloire du nouveau temple surpassera celle du premier, parce que le Désiré des mitions ( le Messie ) l'honorera de sa présence.

519. Assuérus, la troisième année de son règne, s'avise d'étaler sa magnificence aux yeux de ses peuples, par le plus somptueux et le .plus long festin dont on eût jamais ouï parler. Ce fut dans Suse, capitale de ses états, qu'il le

(1) C'est lui que l'Ecriture, suivant Valable et les meilleurs critiques, désigne sous le nom d' Awuerus.

74 ABW&GÉ CHRONOLOGIQUE

fit préparer; tous les grands de sa cour y furent invités *

et sa durée fut de cent quatre-vingts jours , après quoi il donna aux habitans.de Suse , dans le vestibule de ses jardins, un autre festin qui dura sept jours; la reine Vaa^ thi , son épouse, traita de même les femmes de sa cour.

Le septième et dernier jour, le roi, dans la chaleur du vin 9 commande à ses officiers d'amener la reine parée de son diadème , pour la montrer à ses sujets, parce qu'elle «tait extrêmement belle. Vaslhi, considérant cette démarche comme indigne de son honneur et de sa qualité, refus* d'obéir aux ordres du roi : irrité de ce refus, le monarque la répudie , de l'avis de son conseil , et rend à ce sujet un édit qui est inséré dans le corps des lois de la -nation ; mais, quelque tems après, sa colère étant calmée, il pense à reprendre Vaslhi ; ses officiers, pour le détourner de ce dessein , qui eût occasioné une révolte, lui conseillent de se faire amener les plus belles filles de son royaume, et de mettre à 1a place de Vaslhi, celle qui lui plaira le plus ; l'avis est adopté. Parmi les vierges que l'eunuque ou chambellan Egée rassemble dans (e palais le juif Mardochée, l'un des portiers, fait admettre fcdissa, sa ni»»ce; présentée au monarque, après un an de soins et d'épreuves, elle obtient la préférence sur ses rivales; son nom est changé eu celui d Esther. Le pouvoir de ses charmt*s allant toujours en croissant, Assuérus 1 épouse solennellement au bout «le quatre ans. Son oncle, qui ne la perdait'» point de vue, sans pouvoir s'aboucher avec elle, lui faisait cependant passer des avis utiles. Un jour, ayant découvert le complot formé contre le roi par deux eunuques , Mardochce en instruit sa nièce qui rend aussitôt la chose au roi, en nommant l'auteur de l'avis, sans dire néanmoins qu'il fut son parent ; le crime étant vérifié, les coupables sont pendus^ et le tout est consigné dans les annales de l'empire.

5io. Ma rdoehée avait cependant un ennemi dangereux dans la personne d'Aman , de la race d' A gag, de la race des Amalociies, parvenu à la plus haute favcurfupresd'Assuerus, Aman exigeait de tous ceux qui l'approchaient qu'ils fléchissent les genoux devant fui y Mardochée, regardant cet honneur comme une idolâtrie, le refuse au favori; furieux de ce refus, Aman cherche à perdre Mardochée et toute la, nation juive. Mais, tandis qu'il roule ce dessein dans sa tete, le roi a

1>E Jb' HISTOIRE SAIIfTB» 7^

dans nne insomnie , s'etant fait lire les annales de son règne, s 'arrête à l'endroit où il est parlé du service important que Mardochée lui avait rendu; ayant demandé quelle récompense ce fidèle serviteur avait reçue, il apprend qu'il n'en avait point obtenu; alors, il mande Aman, et lui ordonne de conduire par toute la ville, en pompe, Mardochée, monté sur son cheval: de retour chez lui, la rage dans te cœur, après celle humiliante cérémonie, Aman, à force de calomnies contre les Juifs, vient à bout de persuader au roi , ou ? il est de son intérêt d'exterminer cette nation: Tordre en est expédié pour être exécuté par tout l'empire , dans un ro^me 'jour. • Consterné, comme tous les Juifs, de ce croel edit , Mardochée pressa Est lier d'aller trouver le roi pour le faire révoquer. Elle allègue la loi qui défend à toute personne, sons peine de mort, d'approcher du trône sans être appelée; l'oncle insistant, elle s'arme de courage, et s 'étant présentée devant le roi , qui d'abord la reçoit avec un air terrible, elle le désarme par son effroi, et obtient de lui qu'il vienne le lendemain dîner avec elle , accompagné d'Aman. Flatté de celte distinction, le favori se croit au» comble de ses vœux ; invité à un second repas, if y accourt avec le roi ; mais il trouve la chance bien changée pour lui , la reine dévoile au roi la perfidie de ce ministre : il est condamné» é*tre pendu à la potence qu'il avait -déjà (ail dresser pour Mardochée. Triomphe des Juifs dans tout l'empire; ils obtinrent la permission de se venger oie tous eeux qui avaient conjure reur perte. En mémoire de leur délivrance, i¥s instituent, à perpétuité , une fête, le treizième jour duxrtois adar, qu'ils appellent Phorimon , Fumn, c'est-à-dire «les sorts!, parce qu'Amant avait fait tirer au sort pour savoir quel, jour il ferait massacrer les Juifs.

Leurs affaires prospéraient également en Judée ; inlerie«gé& par Tattanaï, gouverneur des provinces situées en deçà de L'Euphrate, et par ses conseillers, de quelle autorité ris rétablissaient le Temple : ils citent eu lenr faveur Fédit deCyrus; sur quoi l'on écrite à Darius , par les ordres duquel VéJkt ayant été trouvé à Ecbarane, i* mande à ses officiers de tenir la main à son exécution , avec menace de mort contre les contrevenants 5 Darius veut même, qu'on prenne sur son épargna les sommes nécessaires pour l'é- 4&t* du, teœ*le f et pour lis victimes q^i'on y immole,

afin, dit-it, que les prêtres offrent des sacrifices an Dieu du ciel , pour la vie du roi et celle de ses enfants.

5ifj. La sixième année du règne de Darius, le troisième jour du mois Adar, le temple étant achève, les Juifs en font la dédicace avec de grandes réjouissances ( i ).

C'est vers ce tems ou'uu critique moderne ( Stilting ) place, avec beaucoup de vraisemblance, la mort du prophète Zacharie, qu'il prétend être ce même Zacbarie qui fut tué par les Juifs , suivant le témoignage de notre Sauveur, entre le temple et l'autel. En effet le prophète était fils de Barachie, comme celui dont il est parlé dans l'évangile ; et comme il n'était pas permis au peuple de pénétrer dans l'espace qui est entre 1 autel des holocaustes et le temple proprement dit , il faut supposer que ce meurtre fut. commis tandis qu'on achevait le temple et avant sa dédicace. On ne peut opposer à cela que le silence de l'Ecriture sur la mort du prophète Zacharie ; mais nous a-t-elle appris celle d'Isaïc, de Jérémie et d'autres prophètes qu'on croit avoir été victimes de leur zèle ?

Le quatorzième jour du premier mois de l'année (Ju-. daïque ) suivante, ils célèbrent pendant sept jours la Pâque, de la manière la plus solennelle. J.es prêtres, qui avaient tous été purifiés, l'immolèrent, et les enfants d'israè'l y participèrent avec tous ceux qui avaient renoncé au culte idolâtre des Samaritains et des autres peuples voisins, pour embrasser la religion des Juifs.

Durant toute la suite du règne de Darius, qui fut en tout de trente-six ans, et sous celui de Xercès , qui fut de douze ans (2), les Juifs demeurèrent en paix dans leur pays, gouvernés pour la religion, par le grand-prêtre, et

(1) Le temple, dit Esdras (1. ï, c. 6, v. ï5) fut achevé le troisième jour du mois Adar ( ou douzième mois qui répond partie à notre mois de fc'vrier, partie h notre mois de mars) la sixième année du règne de Darius. Lors donc que les Juifs (Jean, ch. H, v. ao) disent à Jésus-Christ qu'on a employé quarante-six ans à rebâtir le temple , ou ils ne disent pas -vrai, ou cela doit s'entendre non précisément du temple construit par Zorobabel , mais peut-être de tout le tems que Zorobabel, le grand-prêtre Simon et le roi Hérode le Grand employèrent à construire et à perfectionner cet édifice.

(a) Suivant Calmet , et de vingt ans selon la plupart des chrouologistes. ( Note des Editeurs. )

BE L'HISTOIRE SAINTE.- 77

pour la police et les affaires communes, par les chefs de Juda , avec subordination , toutefois , au gouverneur persan des provinces situées en deçà de l'Euphrate.

4t3. Arlaxcrcès Longuemain , qui monta ensuite sur le trône de Perse, laissa jouir la Judée du repos que ses prédécesseurs lui avaient accordé.

4^7. Il y avait alors parmi les Juifs établis à Rabylone, un prêtre nommé Esdras, qui descendait d'Eleazar, fils aîné d'Aaron. Il était fort versé dans la connaissance de la loi de Moïse. L'Ecriture le qualifie de scribe; c'était chez les Juifs, ce qu'étaient les mages parmi les Perses, les philosophes parmi les Grecs , les Druides parmi les Gaulois. S'étant fait connaître au roi Artaxercès , il en obtint la commission de retourner à Jérusalem, avec tous ceux de sa nation qui voudraient l'accompagner, pour régler, comme il le jugerait à propos , les affaires de la religion et de l'état. Muni de ces pouvoirs , il part de Uabylone le premier jour du premier mois (nisan) de la septième année d'Artaxercès, avec une troupe de prêtres, de lévites, d'autres Israélites et de xSalhinécns, et arrive le premier jour du cinquième mois (ab), à Jérusalem. Après avoir remis aux prêtres les offrandes faites par le roi , par les nobles du pays et par les Juifs babyloniens, il notifie aux officiers du roi les ordres dont il est porteur , et commence l'exercice de sa commission. On lui apprend que les prêtres , les lévites et tout le peuple ont violé la loi de Moïse , en épousant des femmes idolâtres. 11 en est pénétré de douleur; les ayant assemblés, il leur reproche celte prévarication, et les engage à renvoyer ces femmes, avec les enfants qu'ils en avaient eus. La tendresse paternelle ne leur permit pas sans doute de congédier ces enfants , sans pourvoir à leur subsistance. Esdras s'appliqua particulièrement à revoir les livres saints, et à corriger les fautes qui sV étaient introduites par la négligence des copistes ; il y fit quelques légères additions pour en faciliter l'intelligence.

46a. En Judée , mort du grand-prêtre Joachim. ïl est remplacé par Eliasib , son fils.

454. La vingtième année du r^gne d* Artaxercès, au mois 4e nisan , le juif Nébémie, échânson de ce prince et de la race des prêtres, obtient de lui la permission dè faire un

voyage en Judée, avec un édit, daté de S use (i), pour rebâtir les murs de Jérusalem. C'est de cet édit , et nonde celui de f yrus , pour réédifier le temple , qu'on doit dater le commencement des soixante et dix semaines de% ï)aiiiel , ab exitu verbi ut iterum œdificelur Jérusalem. Ce» soixante et dix semaines d'années , faisant la somme de quatre cent quatre-vingt-dix ans , nous conduisent à Tan traite-sixième de l'ère vulgaire chrétienne , et comme la prophétie porte que le Christ sera mis à mort dans le milieu de la dernière de ces semaines, il suit de là que cet événement est arrivé l'an trente- trois de cette même ère. C'est effectivement lelems où nous démontrons en son lieu que Jésus-Christ est mort.

Arrivé en Judée, Néhémie déclare aux magistrats le sujet de son voyage. Tous l'approuvent. On met la main à l'œuvre sans délai. Les prêtres comme le peuple se livrent avec ardeur à ce travail. Sanahallat d'Horonaïm , au pays de Moab, Tohie, ammonite, Gosse m , arabe, et les autres chefs des peuples voisins de la Judée se moquent de l'entreprise des Juifs, ^et voyant que Néhémie ne tient compte de leurs railleries, ils se mettent en devoir de la traverser. Néhémie établit un ordre pour avancer l'ouvrage él repousser en même tems l'ennemi. Tandis qu'une partie des jeunes gens est occupée au travail, l'autre se tient en armes pour éviter la Surprise. Les travailleurs eux-mêmes font l'ouvrage d'une main, et tiennent l'épée de l'autre. Ne pouvant réussir par la force, les ennemis des Juifs ont recours à la fraude. Ils tâchent d'intimider Néhémie par de faux avis , par des calomnies, par des prédictions sinistres, lis séduisent même quelques Juifs, et les attirent dans leur parti. Malgré ces obstacles, l'ouvrage s'avance en grande hâte, et en cinquante-deux jours il est achevé, le 2.5 du mois élul.

Dédicace des murs de Jérusalem , elle se fait avec une grande solennité. Néhémie sépara les prêtres, les lévites , Jes princes du peuple en deux bandes. 1,'une marchait du côté du midi, l'autre du côté du septentrion sur les murs. Elles se rencontrèrent dans le temple, où l'on immola de grandes victimes, avec des transports de joie. Néhémie établit ensuite un ordre pour la garde et pour la sûreté de

(i) Les rois d'Assyrie passaient l'hiver et le printems à Suse» fêté et l'automne à Ecbatene.

DE L'HISTOIRE S&TOTfe ffi

Jérusalem. Cette ville n'étant pas peuplée à proportion de son étendue, Néhémie engagea (es plus distingués d'entre les Juifs, ainsi que la sixième partie du peuple , à y faire leur demeure. Le tems de la captivité avait introduit de la confusion dans. les familles. Néhémie recherche les généalogies des prêtres et des lévites. Ceux qui ne peuvent justifier leur origine , sont exclus du ministère.

Esdras, cependant, continuait de rassembler, de transcrire, de mettre eu ordre et de corriger le livre de la loi ^ qu'il divisa, pour la première fois, en cinq parties formant autant de livres, appelés collectivement le Pcntateuque , et distingués par les titres particuliers de Genèse, d'Exode, de Lévitique , de Nombres et de Deutéronome.

453. Le premier jour du septième mois ecclésiastique (thisri), le peuple s'assemble de toute la Judée à Jérusalem , pour célébrer la fête des trompettes. Esdras venait alors de mettre la dernière main a son. travail. Le peuple le prie d'apporter le livre de la loi de Moïse. Esdras, monté sur une tribune , fait publiquement la lecture de ce livre , depuis le malin jusqu à midi , ayant, à chaque côté, six prêtres qui expliquaient en chaldéen , ce qu'il lisait en hébreu; car les Juifs n entendaient plus que la première de ces deux langues depuis la captivité. Tous les auditeurs fondent en larmes, Esdras et Néhémie les consolent en les exhortant à célébrer cette fête avec joie. Esdras continue le lendemain sa lecture, et étant arrivé à l'endroit où il

que la loi prescrit.

11 ne discontinua pojnt de lire le Pentateuque. La méthode qu'il observa, de commencer par la lecture du texte hébreu, puis d'en donner la traduction en chaldéen , a toujours été suivie depuis dans les synagogues ou assemblées publiques et religieuses des Juifs; et de là vinrent par la suite des tems les paraphrases chaldaïques, nommées Targum par les Juifs. On les trouva nécessaires non-seulement pour les assemblées publiques, mais aussi pour les familles, afin d'y .avoir l'Ecriture dans une langue que le peuple entendit. On présume que ce fut à la fête dont on vient de parler qu'on retrouva le feu sacré que les prêtres , à ta prise de Jérusalem, avaient caché dans le fond d'un -puits u/ii était à sec. Ce n'était plus que de la boue , ou une eau épaissie.

8o ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

Néhémie, ayant fait préparer un sacrifice, ordonna de faire des aspersions de cette eau , tant sur le bois, que sur les victimes. Le soleil ayant alors paru , tout fut embrâsé au grand étonnement des spectateurs» (Machab. 1, v. 19 et seq ) Le roi de Perse, informé de ce miracle, donna de grands biens aux prêtres, et fit fermer -de murs l'endroit, où Ton avait trouvé le feu sacré.

Le 24 du même mois de thisri , les enfants d'Israël célèbrent un jeûne solennel, et se présentent devant le Seigneur revêtus de sacs et la tâte couverte de cendres On lit quatre fois le jour la loi divine, et Ton bénit autant de fois te Seigneur. Nouvelle alliance des Israélites avec Dieu, signée par les prêtres et les anciens, publiée par Néhémi* et confirmée par le peuple, avec un serment solennel (1).

Malgré ces belles apparences , les Juifs n'en deviennent pas meilleurs. Les riches, toujours dominés par l'avarice, continuent d'accabler le petit peuple usures , jusqu'à en exiger le centième denier par mois. Ischémie s'en étant aperçu, leur fait de vifs reproches de cette dureté envers leurs frères. Ils en témoignent du repentir * consentent de rendre aux pauvres ce qu'ils avaient à eux» c est- à- dire, leurs enfants qu'ils avaient réduits en servitude , leurs champs , leurs vignes, leurs plants d'oliviers, leurs maisons, et s'obligent même à remettre tout ce qui leur est dû par leurs frères.

44z. Retour de Nébémie , en Perse , après avoir gouverné la Judée l'espace de douze ans.

C'est vers ce tems-ci qu'on doit placer la prédication de Malachie, que l'on compte pour le dernier des prophètes. 11 ne faut que lire sa prophétie pour être convaincu du peu de

(1) Parmi les promesses que le peuple fit alors an Seigneur , celle d'observer fidèlement l'année sabbatique est exprimée en' ces ternies : Nous laisserons la terre sans la cultiver la- septième année* ( Néfrcm. , x, 3i. ) Les Juifs, pendant plusieurs siècles avant la captivité , avaient négli gé cette loi , et ce fut une des causes qui firent que leur terre demeura inculte l'espace de dix sabbats ou soixante et dix aus t afin que la parole dû Seigneur s'accomplit , qui avait été prononcée par la bouche de Jérèmie, et ijue ta terre célébrât ses jours de sabbat ; car elle fut dans un sabbat continuel durant tout te lents de sa désolation , t'usqu 'à-ce que les soixante "et dix ans furent accomplis* ( II , Para— Jipom. , c. 36, v. ai. )

Urrrcèriîéde là conversion des Juifs depuis leur retour. L*ava<* rice des prêtres, qui ne voulaient rien faire gratuitement, les mariages illicites, les divorces fréquents et sans juste cause, le refus de pa/er la dune , les parjures, les adultères h l'oppression des veuves, des orphelins, des étrangers, les murmures contre la Providence, sont les principaux vices nue AJalachie reproche à sa nation. Il déclare que Dieu rejette les sacrifices qu'on lui offre , il promet un nouveau sacerdoce plus parfait que le premier t et un nouveau sacrifice qui sera offert au Seigneur par toute la terre. Il prédit que le dominateur désiré par les Juifs, l'ange de U nouvelle alliance , le Messie en un mot , viendra lui-même dans son temple, qu'Ëlie reparaîtra dans les derniers tema pour réconcilier son peuple avec Dieu, eue toutes choses finiront par 4e jugement terrible et solennel que Dieu prononcera contre les impies*

Malachie est 4 comme on Ta dit , le dernier des prophètes dans Tordre des tems. Depuis lui jusqu'à La venue du Messie, il restait un espace de quatre cents et quelques années, xc Dieu devait, a la majesté de son fils, de faire taire les » prophètes durant tout ce tems, pour tenir son peuple en » attente de celui qui devait être 1 accomplissement de tous » ks oracles, » ( Bossue t. )

44 *• Mort du grand-prêtre Eliasib. Joïada ou Johanan , son fils, (ui succède. Il ne reçut point l'onction sacerdotale 9 ni aucun de ses successeurs, parce qu'elle avait cessé depuis la destruction du temple.

4^7. Néhémie revient en Judée,, et y trouve plusieurs nouveaux abus à réformer. Pendant son absence le grand-* prêtre Eliasib avait donné un logement dans le vestibule du temple à Tobie , gouverneur des Ammonites. Indigné d'une telle profanation , Néhémie fait jeter dehors les meubles de Tobie , et purifie le temple. Manassé, l'un des fils de Joïada* avait épousé la fille de Sanaballat d'Horunaïm , gouverneur des Cuthéens ; Néhémie le somme de réparer ce scandale en renvoyant sa femme. Sur son refus , Néhémie le chasse de Jérusalem. H se retire à Samarie, auprès de son beaunère. Plusieurs Jutfs , mécontents de la fermeté de Néhémie pour les contraindre à renvoyer les femmes idolâtres qu'ils avaient épousées , suivent ce déserteur dans sa retraite .

Sanaballat , toujours occupé à nuire aux Juifs, obtient de U. 11

82 ABRÉGÉ CHROWOM)GîQfUfc

Darius Nothus , roi de Perse , la permission de bâtir sur It mont Garisim un temple semblable à celui de Jérusalem, et . d'en donner la souveraine sacrïficature à son gendre. Samarie devient alors le refuge de tous les mécontents de la Judée. Ils y sont reçus à bras ouverts, ce qui change enfin l'état de la religion dans celte province. Jusqu'alors les Cuthéens et les autres peuples que les rois d'Assyrie y avaient transportés à la place des dix tribus, mêlaient le culte du dieu d'Israël a celui des idoles assyriennes. Mais depuis la construction du temple de t^arizim , où Ton faisait le service comme à Jérutalem , le vrai Dieu fut seul adoré dans Samarie , et les cérémonies furent observées suivant la loi de Moïse. L'établissement , néanmoins, de ce temple acheva de produire entre les Juifs et les Samaritains cette antipathie et cette haine mutuelle qui a toujours duré depuis, et a rompu tout commerce entre ces deux peuples.

11 y a tout lieu de croire que Néhémie ne vivait plos lors de la construction 'de ce temple. Puissant comme il était à la? cour de Perse , il eût sans doute employé son crédit , avec succès , pour Pempêcher. On ne sait précisément ni le tems, ni le pays où il mourut. Nous apprenons de Josephe qu'il termina sa carrière dans un âge fort avancé ; ce qui est trèsvrai , puisque vers le tems où finit le livre qui porte son nom^ il devait passer l'âge de soixante dix ans. Durant tout le cours de son administration, ce grand homme se distingua par son zèle pour la religion , par son attachement aux lois de la justice, par son désintéressement et son amour pour l'hospitalité. « Depuis le jour, dit-il, que le roi m'avait *> donné le gouvernement de la Judée, nous n'avons rien » pris , ni moi ni mes frères, des revenus qui étaient dos aux » gouverneurs. Je n'ai point acheté de terres; j'ai travaillé » moi-même avec tous mes gens aux réparations des mu— » railles. Lrs Juifs et les magistrats, au nombre de cent cin* •» quaute personnes, et ceux qui venaient des nations voi— » si nés, mangeaient toujours à ma table. On m apprêtait » chaque jour un bœuf et six excellents moutons, sans la » volaille. On servait à ma table différentes sortes de vin. » Je donnais beaucoup d'autres choses, quoique je ne h reçusse rien de ma charge. »

Nous sommes dans la même incertitude sur le tems de la mort d'Esdras oue sur celui de la mort de Néhémie. C'est lui, comme on l'a dit, qui mit en ordre les livres sacrés d« concert avec les plus $ages de la nalidn juive. On ne peut

de l'histoire sainte. 83

«lire dans quel ordre il les avait rangés, parce qu'ils le sont différemment dans les différents exemplaires manuscrits qui sont parvenus jusqu'à nous. On prétend aussi , mais sans fondement , que ce fut lui qui changea les caractères phéniciens, dans lesquels ces livres étaient écrits, pour y subslU tuer les caractères chaldeens. H est certain que long-tems après le retour de la captivité, les Juifs se servaient encore de leurs anciennes lettres. On le voit par les médailles frappées, en Judée, sous les princes asmonéens. On le voit encore par les Bibles et les Paraphrases chaldai'ques écrites en caractères samaritains ou phéniciens, au troisième siècle de l'église.

397. Mort du erand-prérre Joïada. Jonathan ou Jean», son fils, lui succède la sixième année du règne d'Artaxercès Mnemon , roi de l'erse.

Jésus, frère du grand-prêtre Jonathan, ambitionne sa* place. Pour L'obtenir il met dans ses intérêts Bagose ou Vagosc , gouverneur de Syrie et de Phénicic pour le roi de- Perse. Les deux frères s'étant rencontrés dans le temple, prennent querelle ensemble. Jonathan- tue son frère dans ce* lieu sailli. « Crime abominable, dit l histoiien Josephe , et

» dont il n'y a point d'exemple ni parmi les Grecs, ni » parmi les peuples les plus barbares. » Bagose lui-même en est saisi d'horreur, il veut entrer dans le temple pour voir l'endroit. où le meurtre a été commis. Les Juifs s'y op-«

posent t alléguant son impureté. « Me croyez-vous donc,. » leur dit-ii après avoir forcé les obstacles, plus impur que » ce cadavre que je vois ici étendu ? » Avant de s'en> retourner il impose aux Juifs ,. en punition de ce sacrilège , un tribut de cinquante deagmes par chaque agneau* qu'ils offriraient en sacrifice». ( La dragme valait imit $ous un denier; c'était par conséquent 20 livres 4 sous 2 deniers paragneau.) Cette espèce d'amende fut payée jusqu'à la fin du* règne d'Artaxercès Mnemon.

35 1. Les Juifs avant pris part à» la- révolte de la Phénicien contre Artaxercès Ochus, successeur de Mnemon , ce prince, après L'avoir étouffée, passa en Judée , où. il se rendit maître de Jéricho et d'autres places voisines. Le nombre des prisonniers qu'il y fit monta à une telle quantité, qu'outre une grande partie qu'il amena avec lui en Egypte, dont il allait faire la conquête,, il en transporta beaucoup d'autres en Hjr-

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cante, où il les établit le long de la mer Caspienne. (Sofîn* c. 35 * Orose L. 3< . c, 7 , Joseph lontae Appion L. 1 ).

35o. Mort dt* grande-prêtre Jonathan, après quarantesept ans de pontificat. Jaddus son (ils, lui succède;

332. Alexandre le Grand, faisant le siège de Tyr, envoie sommer les Juifs et les Samaritains de se soumettre à lui, et de fournira son année les provisions dont elle aura besoin. I*s Samaritains déférent à cette sommation , mais les Jujfs s'excusent sur le serment de fidélité qu'ils ont fait à Darius, roi de Perse, déclarant que tant qu'il vivra, leur conscience ne leur permettra pas de reconnaître d'autre souverain.

Alexandre, vainqueur de Tyr, marche contre Jérusalem, résolu de faire de cette ville un exemple mémorable de sa vengeance. he grahfè-pr^trc Jaddus , après avoir fait ouvrir les portes de toville, et joncher de fleurs tes mes , vient audevant de ce prince, revêtu de ses ornements pont |frcân*\ aceompagué des prêtres vétos de leurs robes sacerdotales , et suivis du peuplé en habits blancs. Frappé dospectacle d'une procession si pnmppu.se , Alexandre change tout à coup de sentiments , il s'avance , plein de respect vers le grandprêtre, le salue et adore le nom de Dieu qu'il portait écrit sur une lame d'or attachée à son front. En même tems le peuple se rangeant en couronne autour du roi y lui souhaite une longue vie avec toutes Sortes <le prospérités, Aléxandre reçoit ces vœux avec un air de satisfaction. Les personnes de sa suite , qd-i ^attendaient A uh tout autre accueil y ne peuvent en croire leurs yeu*, Parménion , favori du prince , lui demande, avec sa familiarité ordinaire , la raison de ce changement. Alexandre répond que ce même pontife lui avait apparu en Macédoine, et l'avait encouragé dans le projet des conquêtes qu'il rne*lii, u t. ^tt fait' ensuite son entrée < la us Jérusalem , monte au temple , et y offre des sacrifices au vrai Dieu. Jaddus lui montre les prophéties de Daniel, qui prédisent la destruction de Tempire des Perses parmi rdfcrfës GfecS. Alexandrese reconnaît adx traits oui désignent ce conquérant, et ne douté plus drt siiecès de son entreprise: , Il assemble les Juifs avant de sortir de Jérusalem , é* sur leur requête, il leur accorde diverses grâces, dont lîupe des plus reinarquajbles est l'exemption de tribut pour l'année sabbatique, attendu qu'ils W 1

D£ l'histoire sainte. 85

ni ne moissonnaient cette année là. (i) Tes Samaritains île ma 11 Jenl la même exemption, disant (ju ilsavaient la même origine que les Juifs et observaient la même loi. Alexandie remet à les satisfaire à son retour d'Egypte, supposé qu'ils puissent prouver ce qu'ils avançaient. Ce récit qui est de Josephe, est mis au rang des fables dans l'Encyclopédie , par la raison qu'il n'en est point parle dans l'Écriture-Sainte. On pourrait , sur le même fondement , nier l'existence du grandprêtre Jaddus dont les livres saints ne font point mention.

Sédition a Samaric contre Andromaquc , gouverneur d Egypte et île Syrie. On l'assiège dans sa maison , a laquelle on met le feu et lui-même est massacré. Alexandre ne laisse point cet attentat impuni. Après son expédition d'Egypte, il repasse en Palestine, punit de mort tout ceux qui ont eu part à celle d'Andromaque, chasse tous les autres habitants de Samarie, et met à leur place une colonie de Macédoniens. Les Samaritains se retirent à Sichem , sur le mont Garizim. Celte ville devient alors , comme elle l'est encore aujourd'hui, la métropole de leur secte.

Alexandre, après la conquête de l'Egypte, ayant fondé la ville d'Alexandrie sur une des branches du Nil, invile les Juifs à venir la peupler. Us s'y rendent en foule, et sont compris avec les Macédoniens dans la première des trois classes des habitants.

tt/tiit 'j/Tt^HO lU 'i ' l , J* - *r.1ll» lo h Ml * 3^4» Mort du grand-prêtre Jaddus, après vingt-six ans

de pontificat. Onias 1 , son fils lui succède.

• ♦».*|i.>rfiKi. aftflftnYï Tir il u< <■ i»v -»*>ï »**

3a3. Après la mort d'Alexandre, la Syrie, la Judée et la

Phénicie sont adjugées à Laomédon, dans le premier pai-*

tage de sa succession. Les Juifs se font un point de religion

de rester fidèles à ce nouveau maître.

i.. *>9**uow> Jrsvft l . miohtafiM ir i>" 3ao. Ploléméc Sotcr, fds de Lagus, ayant défait Laomé-*

don, exige l'obéissance de tous les peuples qui étaient sou-

»«;nm** » € iï) poO »o*5 '<">•> Jp! Ifl'^lrn'! (i) S'il est vrai, dit-on, que l'année sabbatique était toujours, précédée d'une triple récolte #la demande qui firent les Juifs, d'être exempts cette année- là de tribut , était sans rondement'. On lépond que Dieu n'ayant point permis de préserver de stérilité l'année qui devait suivre l'année sabbatique, le> Juifs tirent prudemment du demander polir celle-ci, au roi 4e Macédoine, la grâce dont iJ s'agit. ( Bullet, ) .>;i»>i'M'o. : Si5 4

:aJ5y Gc

6fi ABRÉGÉ CHRONOLOGIQUE

fois à ce prince. Les Juifs sont le#*seuls qui le refusent , dans la crainte de violer le serment de fidélité, qu'ils avaient fait à Laomédon.

Ptolémée, voyant qu*il ne peot réduire les Juifs que par la force , entre en Judée, et vient mettre le siège devant Jérusalem. La place, forte par Son assiétfe et par les ouvrages de l'àrt, était en état de faire une longue résistance. Mais un scrupule, dit-on, abrège la durée du siège et en facilite le succès. Les Juifs n'osant se défendre le jour du Sabbat, par un respect mal entendu pour ta loi, Ptolémée nui s'en apperçoit, choisit ce jour pour une assaut général. La chose réussit comme il l'a prévu. Les assiégés restent dans l'inaction , et demeurent spectateurs oisifs de la prise de leur ville. La conquête de Jérusalem entraîne celle de toute la Judée. Ptolémée en fait transporter cent mille captifs en Egypte. Ils sont d'abord traités avec dureté. Mais Ptolémée change bientôt de sentiments à leur égard; faisant réflexion sur la fidélité des Juifs envers -leurs gouverneurs et leurs sbuverains, il brise les liens de ces captifs , choisit les pli*' distingués d'entr'eux pour son service , et leur donne la garde des places les plus importantes de ses états. Ce traitement attire un grand nombre de Juifs en Egypte. • ' '»"• ^ • .m t ^

• Mi»*)J «;»•; >. - .' '» - i» :j<i»u|" i *n;l/ .m .r.

3oo. Mort du grand-prètre Ouias ï, après vin^un ans de pontificat. Simon, son fds , dit le Juste , lui swecède.

La Judée et les provinces voisines passent sous la domination d'Antrgdné et de son fils par la cession que Ptolémée est obligé de leur en faire. A cette tfccâsimrV Urt'gfand nombre de Juifs et de Samaritains passem en 'Egypte, aimant mieux' vfrre ^dans rnï pays élr&nget; sous legouvernement d'un prince généreux, que dans leur patrie, sous la puissance d\iV tyran. Au nombre de < ecs fugitif* é tait le prêtre Ezéchrâ^^liomme saVaht et Vé«Ue«*i 'Ayant fait connaissance avec Hécatée l'Abdérite, il l'instruisit de la reli-

tlon , dès lois et dei coutumes des Jmft , et le convainquit e manière q¥il l composa Une histoire 'de «è«e na*îa«f depuis Abrahani jusoVà son tems. Nclus ri^avons phuude cet 'cfavrage qûë fôtf 'passage qu'eh cité' Joseph* *ti favearf des Juifs. Hèéatéë/ ^iit" fait 'lin péfcorinfcge Considérable à là cour d'AlcxànoWrô'GraW; il fouissait 'du même crédit '<à celle de Ptolémée.' &à TTCoJmmaùdalion ne contribua pa^OTè** diocrertient h fàtitè'tiblëùltayix Jùifil les gtâtie& <qàe ce prince • teUr 'àjcœrdià 1 . " J * °" & u * ia&i$n%ite& «i< up ç iwjnx h-"vj j^q

DE L'HISTOIRE SAINTE, 87

292. Mort du grand-prêtre Simon, après neuf ans d'un pontificat mémorable, non -seulement par ses vertus, mais par les grands biens qu'il fit en qualité de prince temporel à sa nation. Il fortifia la ville et le temple de bautes murailles, et fit à ce dernier édifice des augmentations considérables. Jl fit creuser dans Jérusalem une citerne revelue d'airain, dont la capacité était si grande , qu'on lui donna le nom de mer (Ecc/es., L. 5o. ) Mais le plus important de ses ouvrages est d'avoir mis la dernière main au canon des livres sacrés des Juifs. Ce fut lui, suivant l'opinion la plus vraisemblable, qui inséra dans ce canon les livres d'Esdras , de Nébémie et des Chroniques, ou des Paralipomènes. On ne peut dire, en effet, qu'ils y aient été insérés par leurs auteurs , puisqu'on y trouve des corrections marginales qui doivent avoir été ajoutées par quelques-uns de leurs successeurs , el quelques généalogies" qui s'étendent jusqu'au |ems d'Alexandre le Grand. On ne voii point d'bomme public en Judée, depuis le règne de çe prince ti qui ait réuni, comme Simon, toute la sagesse et la capacité nécessaires pour clore et sceller la collection des olivivs. divins. Us Juifs, depuis ce tems , n'ont plus admis deJiwes nouveaux dans leur canon.

Onias, fils du grand prêtre Simou, était de, droit son successeur. Mais comme il était encore trop jeune, Eléasar , son oncle paternel exerça pour lui les fonctions de la grande sacrificature. „ f .

284* Séleucqs» Nicator , après la défaite a'Antigone, devient maître de la 5y rie. Il tire de la Judée trois cents talents en permettant aux Juifs de vivre suivant leurs lots, et de n'être gouvernés que par leurs so,uvçrains ppaMfcs.

279. Aprfcs la mort de Séleucus Nicator, la Palestine passe sous.Ja domination des roi*,4 1 ivgypt<?-

>i. ïii,int?nïi l, ••<.* 5 it/v'l rjJ^ .ri / • v. t

277* /Ptolémée Pl,\ifade\phe, roi, d'fcgypîe , curieux de mettre dans sa bibliothèque, les livres de Moïse, sur le témoignage avantageux qu'on lui en ava^t rendu, fait travailler à la version grecque de ces livres , appelée des Sep— tonte , parce qu'une ancienne tradition, porte que soixantedix et même fixante-douze juifs, y mirf njt^lamain. Le fait de la v^^ion oivl^un^e par ce prince^ c$t>, atteste par une fête q»>e les Juifs ni ; .e;<nt po4r i pqnjsac/jCr i la roémojrc de pet événement , qu'ils assignèrent au 6 de tnébeih, qui ré-

Digiti

88 ABRÉGÉ CHROÎTOLÔGrfQWt

pond à nos mois de décembre et de janvier ; mais les circonstances dont il est orné dans Josephe et dans Phi Ion f sont pour la plupart très-4uSpectes.

afio. Mort d'Eléazar, grand -prêtre en -fonction. Ornas, pour lequel il exerçait, devait lui succéder; mais sa dignité fut donnée (on ne sait pour quelle raison) à Manassé, (ils de Jaddus , et oncle de Simon le Juste.

233. Onias Iï entre en fonction de la grande sacrificalure après la mort de Manassé. Son caractère est exprimé par le surnom d'AvARE qui lui fut donné. Ses prédécesseurs avaient payé régulièrement aux rois d'Egypte le tribut annuel de vingt talents, comme un hommage qu'ils faisaient à cette couronne. Onias, tout occupé a grossir ses trésors, néglige de le payer.

225. La somme des arrérages de ce tribut s'étant accumulée pendant plusieurs années , le roi Ptolémée Kvergète envoie l'un de ses courtisans , nommé Athénion , en Judée y pour en demander le paiement , avec menaça de cbassef les Juifs de leur pays en cas de refus; et de mettre une colonie d'Egyptiens en leur place. Joseph, neveu d'Oniai' par sa mère, détourne l'orage par sa prudence. S'étant fait députer à la cour d'Egypte , il y gagna les bonnes grâces <kl roi et de la reine, au point d'obtenir la préférence sur plusieurs concurrents riches et putssans , pour les fermes de la Pfoénicie et de la Célésyrie. l^e profit qu'il fit dans cet emploi dont il jouit l'espace de vingt-deux ans , servit à ac-« quitter sa dation enveis le roi d Egypte. ( Josephe antifj. 1. XII , c. 3. )

219. Mort du grand-prêtre- Onias II : Simon II , «on fils f " lui succède (1).

(1) Ce fut à peu près ver* c* iems que les Juifs , n'ayant plus du prophètes pour diriger l'enseignement public, commencèrent à s* partager en différentes sectes, celle des Pharisiens, celte des Sadu— c cens, et celle des Esséens ou Esse'niens. La première, dont l'auteur est inconnu , tirait son nom d'un mot hébreu , qui signifier séparer, parce que, se piquant d'une grande régularité de conduite, •Me se tenait séparée du reste des Juifs , comme de gens profanes,

DE L'HISTOIRE SàIWTE. 89

319. Àntiochus le Grand, roi de Syrie , entreprend d'enlever 4a Palestine et la Cèlésyrie ou Syrie Creuse, à Ptolérnée Philopator, roi d'£gypte< Il soumet la deuxième après une victoire remportée sur l'armée égyptienne. De-la, il

avec lesquels elle refusait même de manger. Outre les livres sacrés, que les Pharisiens recevaient tous sans exception , ils avaient re- Ceuilli des anciens quantité de traditions, consistant la plupart en pratiqués minutieuses, dont ils faisaient autant de préceptes divins. A l'égard du dogme, ils tenaient pour la prédestination absolue , sans déroger au libre arbitre. Persuadés que l*âme est immortelle t Hs admettaient un enfer où les méchants étaient précipités au sortir de cette vie , pour y être éternellement punis , et un lieu de repos où les justes recevaient la récompense de leurs vertus, avec pouvoir néanmoins de retourner dans d'autres corps, s'ils le voulaient. Telle était en substance la doctrine des Pharisiens, au rapport de José— phe , ■ qui lui-même était de leur secte , dans le dix-huitième livre •de ses Antiquités (ch. a, n°. 3). line parle poitft de résurrection généralè desmort*, et M. Pridesu* prétend nue J<ésus-Chi ist est le

. premier qui enseigna 7 cette vérité < comme » elle n'était pas for- «nejlement énoncée au deuxième livre des Macchabées (c. 12, v«43), ouvTage^omposé t de l'aveu de tou> les critiques . long-tera* avant

. /ésus^Cbr.isJL, l^es Pharisiens certainement ne s'éloignaient pas de la

. oVctrine de ce livre, témoin cette apostrophe que fit saint Paul au 'SànheMrïn, pour diviser les Pharisiens et les Sadduréens, qui le 'composaient, et mettre les premiers de son côté : Mes /rères, je Ais "Pharisien , et fils Je Pharisien ; c'est à cause de fa résurrection des. morts , que j'espère , qu on m "a cite en jugement. ( Art. a3, v. 6. ) Avouons*-!* 4 néanmoins , l'idée que les Pharisiens avaient de la vie future était bien «grossière, en comparaison de celle que nous en 4.Qnge J*Jfyangile. Leur paradis était à peu près celui des Mahoiuélants. Dir y buvait , on y mangeait , on s'y mariait comme dans la vie présente. Bienheureux celui qui mangera du pain dans la maison du Seigneur. (Luc, Xiv , i5. ) disait ce Pharisien à Jésus-Christ, qn"ira^ait;ibvité à dîner. Et là question que faisait un SaddWen a. Jésus- Christ , sur le mari qu'aurait , à la résurrection , cetté femme qui avait survécu à sept maris sans en avoir eu d'enfants , n'est-ce pas une objection tirée de la doctrine- des Pharisiens sur l'état de l'autre vie r Les plus superbes , les plus ambitieux, les plus hypo— ,crite>> 4es. plus jaloux , les plus; vindicatifs des Juifs* étaient les

«Pharisiens. 11$ voulaient dominer partout t V introduisaient dans toutes les affaires publiques et particulière* aiîeotoidiit un extérieur

'snoctifté avtc des moeurs iouvent >corro«ipue*, fet rte souffraient pas

-qu'on les contredit, ou qu'on lesrméproèt impunément* Ce por- 4nût, dan*Ia suÂtn^u* sera que trop justifié par le» faits.

r ^Jsml'fivsemens ou £sséens nt différaient Ues Pharisien» pour la 11, 12

uigui,

9 0 ÀBHEGJÎ CH&ONOLQGïQJU*

entre dans la Galilée, dont il se rend maître sans peine ^

Easse le Jourdain « subjugue le pays de Galaad , prend Rabath , capitale des Ammonites, et oblige les Arabes du voisinage à subir ses lois.

doctrine , qu'en ce qu'il* rejetaient toute métempsycose , et niaient la résurrection des morts , reconnaissant d'ailleurs L'immortalité de l'âme , ainsi que l'éternité des peines du crime et des récompenses de la vertu. Voici en abrégé ce que Josephe ( de bello Judaico , 1. il , c. 7. ) nous apprend de leur manière de vivre : « Ce sont , » dit-il, des philosophes qoi vivent entre eux dans une parfaite » union , et ont en horreur la volupté comme un poison dan- » gereux. Ils ne se marient point , mais ils élèvent les enfants des » autres, comme s'ils étaient à eux, et leur inspirent, pendant » qu'ils sont encore jeunes , leur esprit et leurs maximes. Ce n'est y pas qu'ils condamnent le mariage en lui-même... Mais ils sont » toujours en garde contre l'intempérance et contre l'infidélité de» ? femmes, lis regardent les richesses avec la dernière iudifférence , 3» et possèdent tout en commun. Ils se font honneur de l'austérité » qui parait dans leur extérieur ; mais ils évitent la malpropreté. Ils » travaillent jusqu'à la cinquième heure , puis se rassemblent tous w ensemble, et se baignent, après quoi ils se retirent dans leurs » cellules , où il n'est permis à aucun étranger d'entrer. De là ils v passent dans leur réfertoire commun, où l'on donna à chacun un >» pa'm et un mets. Le repas est toujours précédé d'une prière que » fait le prêtre; après quoi ils retournent au travail , et y demeu- » rent jusqu'au soir, et alors ils reviennent au lieu où ils prennent » leur repas , et font manger leurs hôtes avec eux , s'il ep est surm venu quelqu'un. Quoique dans tout le reste ils soient dans une en- >. tière dépendance de leurs supérieurs, toutefois ils ont la liberté de » faire du bien et de secourir leur prochain comme ils peuvent , et » autant qu'ils peuvent. Ils sont très-religieux observateurs de leur » parole.... Mais ils évitent le jurement comme le parjure même. » Ils étudient les ouvrages des anciens , et y cherchent surtout ce » qui peut contribuer à la perfection de l'âme et à la conservation » de la santé. C'est ce qui les rend si habiles dans la connaissance » des remèdes , des simples , des pierres et des racines. » 11 y avait d'autres Esséniens qui usaient du mariage, et qui vivaient comme les premiers à la campagne. On les divisait en deux classes 9 , les actifs , qui s'occupaient de l'agriculture et d'autres métiers innocents ; et les contemplatifs qui vaquaient principalement à l'étude et à la prière. On nommait Thérapeutes ces derniers, dont Philon , dans son livre de la Vie contemplative , fait une peinture si magnifique , qu'Eusèbc de Césaré/ , et plusieurs anciens après lui , ont

S rétendu que c'étaient des Chrétiens; opinion qui a été renouvelée e nos jours , et combattue avec succès. Mous ajouterons qu'il y a

db l'histoire saints; $t

517. Bataille de Raphia, gagnée par Philopator , sur Àhtiochus le grand; Elle fait recouvrer au vainqueur tout ee que le rôi de Syrie lui avait enrtevé.

Philopator visite les provinces qu'il vient* de faire rentrer sous ses lois. Arrivé à Jérusalem , il offre des sacrifices dans le temple. Mats, notai content de le voir dnr parvis ou érait l'autel des holocaustes , il veut entrer dans l'intérieur de l'édifice et pénétrer jusqu'au Suirit dés Saints. Le grand— prêtre lut objecte la sainteté du lien et la loi formelle de de Dieu-, qtfl n'en nertnet l'entrée qu'au grand-prôlre , et seulertient une fois Vannée, au jour des expiairov>& Le- roi

grande apparence qu'on doit beaucoup rabattre des éloges pompeux les deux auteurs juifs font de» mœurs dés Essénièns. Jésus- Christ, en venant sur la «erre , n'a pas tronvé dans la Judée , moins encore ailleurs , une telle perfection. Comment le» Essénièns , droits , simples , et appliqués à la lecture des livres saints % comme On le suppose , auraient-ifs pu ne pas lé reconnaître' pour lé Messie, at la vue de ses miracles et à- l'examen de Sa doctrine ?

Les Sad<kreéens faisaient le contraste des- Pbarîsfens et Sé$ EsSéniens, soit pour la croyance, soit pour la manière dé vivre. Rejetant toute» les traditions , sans discernement de bonnes et d'mutileir ou de Superstitieuses « ils ne s'attachaient qu'à la parole de, Diieû écrité; encore ne recevaient-ils des Ecritures que les cinq livres de Moïse. Mais ils ne s'en tinrent pas là , et donnèrent j par la suite , d'ans des opinions impies. Le commerce qu'ils eurent avec les Epicuriens , et ïe goût qu'ils prirent à ïeUr doctrine*, fés portèrent à ne reconnaître, comme ces philosophes , d'autre substance éjuè îà> matière , et * nier, en ronSéqtrenèe , l'immortalité 4e l'âme et la re^m*réctién. Ils admettaient néanmoins un Dieu créateur et conservateur du monde, qiwV pour le gouverner, a établi des péine» et des récompenses bornées les unes et les autres à la vie présente- Cette secte était moins nombreuse que celle des Pharisiens; mais elle était composée

itrincipaîement des personnes riches et puissantes , c'est-à-dire , es plus intéressées à chérir la* vie présente , et à ri'avôir aucun souci pour l'avenir. Nous pensons Cependant, avec M. PVideàux, que les «Sadducééns ne tombèrent pas* tout à Coup 1 dans ces 1 impiétés , etqin» pendant long-tems ils ne différèrent des Pharisiens qu'en ce qu'ils a'en tenaient aux Ecritures, sans- égard pour les traditions; c'est-à-dire, qu'ils étaient des Juifs karaîtes, tels car* il en existe encore dans cette nation. On voit, en effet, sous le règne des Àsmonéens, parmi jes Sadducéeus, des hommes qui se piquaient de zèle pour la religion , tels que le souverain pontife ïiircan , qui lia jamais été s6upÇ6nué d'être tombé datis le* erreurs grossières qui ont e'uS depuis reprochées à cette secte.

ersiste dans sa résolution. Il s'avance au milieu des cris el es gémissements des prêtres. Mais une main invisible l'agite, le renverse tout-à-coup ; on L'emporte demi-mort. Revenu à lui-même, au lieu de s'humilier, il ne respire que la vengeance. (Macchab. , L. III, c. i.)

Ce prince, de retour en Egypte, veut faire expier aux Juifs d'Alexandrie , l'affront qu'il croit avoii 4 reçu de ceux de Jérusalem. Les premiers , comme on Ta dit plus haut , jouissaient dans r Alexandrie des mêmes privilèges que les Macédoniens , et formaient avec eux la première des trois classes dans lesquelles Alexandre avait partagé les citoyens de cette ville, (ai 6.) Philopator ordonne par un édit qu'ils seront rejetés dans la troisième, qu'ils viendront, chacun ■ en particulier , se faire enrôler , et que , pour marque de leur servitude et de leur enrôlement , on leur imprimera avec un fer chaud sur le corps une feuille de lierre, symbole du dieu Bacchus. La peine de mort est décernée contre ceux qui s'opposeront par voie de fait à l'exécution de cet édit , et la conservation de leurs privilèges est assurée à ceux qui se feront initier aux mystères des divinités du pays. (Josephe. Antùj., L. XII, c. i et cont. Appwn. * L. H ; Macch., L. 111.)

De plusieurs milliers de Juifs, établis dans Alexandrie, il ne s'en trouve que trois cents qui acceptent ces offres. Les autres , les regardant comme des apostats , ne veulent avoir aucun commerce avec eux.

Philopator, irrité de la constance des Juifs, veut faire périr tous ceux qui sont en Egypte. Dans ce dessein , les ayant rassemblés de toutes les villes de son obéissance dans l'Hippodrome, il fait lâcher sur eux ses éléphants, qu'on avait mis en fureur. Mais ces animaux tournent leur animosité contre ceux qui les conduisent, les foulent aux pieds, et en font un affreux carnage. Frappé de ce prodige, le roi fait relâcher les Juifs , rend publiquement témoignage à leur fidélité, et défend de les inquiéter en aucune manière. Les Juifs, avant de partir, demandent la permission de punir ceux de leurs frères qui avaient apostasie. L'ayant obtenu, ils les font mourir, comme la loi de Moïse l'ordonnait. (Macchab. L. III.)

ao3. Après la mort de Philopator, la Célésyrie et la Palestine tombent sous la puissance d'Antiochus le Grand) qui s'en rend maître en deux campagnes.

I)E L'HISTOIRE SAINTE. G.3

202. Scopas, envoyé par Aristomène, gouverneur dePtc- Içmée-Epiplianes , nouveau roi d'Egypte , reprend la Judée, et met une garnison dans la forteresse de Jérusalem.

doi. Antiochus, avec le secours des Juifs, chasse la garnison de Scopas, et se remet en possession de la Judée. En reconnaissance de rattachement des Juifs à son service, il ordonne qu'on ledr fournisse tout ce qui sera nécessaire pour les sacriÇces et les réparations du temple , leur permet de vivre suivant leurs lois , et exempte de tous tribus pendant trois ans tous ceux qui habitent Jérusalem ou qui viendront s'y établir. Les guerres des rois d'Egypte et de Syrie, et les courses que faisaient en Judée les Samaritains pendant ces troubles , avaient fort dépeuplé cette ville.

198. Antiochus , en mariant Cléopâtre sa fille à Ptolémée- Epiphanes, lui donne en dot la Célésyrie <W la Palestine. Ainsi la Judée rentre sous la domination de l'Egypte. Elle n'y resta pas long- tems.

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